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KANSAS - Power (1986)
Par DARK BEAGLE le 19 Octobre 2018          Consultée 204 fois

KANSAS avait misérablement splitté en 1984, après un Best Of très incomplet et une scission au sein de la formation. Alors que tout le monde pensait que l’institution américaine ne s’en relèverait pas cette fois-ci, le destin a décidé de donner un coup de main à ce qui restait des musiciens (Kerry Livgren n’étant plus de la partie, difficile de parler d’intervention divine). En effet, après le split de STREETS et quelques dates en compagnie de CHEAP TRICK où il tenait les claviers, Steve Walsh revient au bercail. Là, ça réfute vraiment toute intervention divine. Et il n’arrive pas tout seul, dans ses bagages se trouve un jeune guitariste prometteur, ayant fait ses classes au sein des DIXIE DREGS, Steve Morse.

Bon, et dans un petit compartiment, il y avait aussi le bassiste Billy Greer, qui avait joué avec Walsh sur le projet STREETS et qui officie toujours au poste chez KANSAS aujourd’hui, en remplacement de Dave Hope, parti avec Livgren former AD. L’arbre généalogique de KANSAS commence à s’étoffer, mais une branche semble définitivement sciée : Robby Steinhardt n’est pas de retour pour tenir le violon et donner la réplique à Walsh. Au niveau du son, la page est tournée et pour ceux qui s’attendaient à retrouver les hérauts qui avaient dispensé la bonne parole sur des albums comme "Leftoverture" ou "Point Of Know Return" en sont pour leurs frais.

Hormis Walsh, les survivants du line-up d’origine sont le batteur Phil Ehart et le guitariste Rich Williams et son bandeau à l’œil (sur les premières années, les photos le présentaient avec un œil de verre, qu’il portait suite à un accident avec des feux d’artifices dans sa petite adolescence). Ils sont les deux membres à avoir traversé le temps, à être présents sur chaque opus, les meilleurs comme les pires, fidèles comme rarement au groupe, embrassant les succès ou les défaites avec le même courage, la même force. Et pour "Power", malheureusement, nous sommes plus près du gadin que de la réussite.

Comment résumer "Power" en peu de mots… Disons que c’est un album plein de bonnes intentions pétri de mauvaises idées. L’heure n’était plus au Rock Progressif, elle ne l’était plus depuis longtemps. Ce disque est donc dans la continuité de ce que faisait KANSAS avec Elefante, mais avec la personnalité de Walsh qui ressort, son style de composition, parfois proche de ce qu’il proposait avec STREETS, parfois avec d’étranges réminiscences du passé. Steve Morse n’est pas en reste et délivre quelques riffs solides ainsi que des soli explosifs. Et pour être tout à fait franc, il y a même deux morceaux terribles sur ce disque, "Silhouettes In Disguise" et l’instrumental "Musicatto". Le premier parce qu’il a l’étoffe des classiques, nerveux, entraînant, puissant pour ne pas dire brillant, le second parce qu’il nous renvoie à l’époque Prog.

Ensuite le groupe va réussir l’exploit d’alterner le bon et l’anecdotique au sein de chaque morceau. Prenons "Power" par exemple. La mélodie centrale est assez mièvre, les couplets ne parviennent pas à transcender l’ennui, mais il y a ce refrain qui provoque une superbe montée en puissance avec un Walsh impérial. "Secret Service" se veut également très inégal, avec des passages qui font vraiment plaisir à entendre, une belle dynamique, mais avec des instants de creux, de faiblesse artistique. KANSAS bat le chaud et le froid sans discontinuer, avec une bonhomie qui tranche avec le côté plus effacé des deux albums précédents. Il y a une envie retrouvée, au milieu d’une foule de petites maladresse, voire quelques plus grosses.

Au niveau des ratés, "Taking In The View" est particulièrement agaçant avec ses chœurs d’enfants qui n’apportent rien. Ils se fondent dans la chanson, ils n’apportent aucune dramatique à l’ensemble, pas comme "Another Brick In The Wall" chez PINK FLOYD où cela dégageait une certaine menace sous-jacente, un cri de révolte. Là, c’est juste désespérément plat. Et certaines des ballades présentes ici (pas loin de la moitié du disque quand même) sont d’aimables petites sucreries ("Can’t Cry Anymore" ou "All I Wanted", c’est sirupeux, mais pas rédhibitoire pour autant). La direction est clairement AOR, il n’y a pas d’évolution à ce niveau, le groupe joue la carte de la continuité sans pour autant toujours parvenir à rehausser son niveau de jeu.

Et le chant de Steve Walsh a changé. Il n’est plus aussi net, aussi puissant que par le passé. Il était déjà un brin plus faible sur "Monolith", il n’a pas fait attention à ses cordes vocales durant les lourdes tournées précédentes où KANSAS jouait dans des stades et il commence à en payer le prix. Ici, sa voix paraît éraillée, moins impériale que par le passé où il se voulait bien plus impressionnant. Il demeure toujours un bon chanteur, mais cette fois-ci, il rentre dans la norme et sa simple présence derrière le micro ne suffit plus à rehausser le niveau.

"Power" n’est pas un très bon album, mais il permet à KANSAS de survivre. Il y a de belles choses dessus, mais il y a quand même pas mal de choses fades qui y végètent sans que rien ne vienne les tirer de cette mer inconstante. Il faut bien se rendre à l’évidence : en 1986, KANSAS a déjà bien vécu et loin de son style d’origine, loin de ce Rock Progressif qui a fait sa renommée, il ne dégage plus la même aura, la même force de caractère. En voulant coller à son époque, à chercher à sonner AOR afin de décrocher un hit ou de passer sur les ondes, c’est comme s’il se parjurait. Ce n’est pas mauvais, c’est juste indigne de la légende, ce que le groupe aurait dû comprendre depuis "Vinyle Confessions".

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   DARK BEAGLE

 
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   (2 chroniques)



- Phil Ehart (batterie)
- Billy Greer (basse)
- Steve Morse (guitare)
- Steve Walsh (guitare, claviers)
- Rich Williams (guitare)


1. Silhouettes In Disguise
2. Power
3. All I Wanted
4. Secret Service
5. We’re Not Alone Anymore
6. Musicatto
7. Taking In The View
8. Three Pretenders
9. Tomb 19
10. Can’t Cry Anymore



             



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