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KANSAS - Two For The Show (1978)
Par DARK BEAGLE le 30 Janvier 2018          Consultée 864 fois

L’espace de cinq albums, KANSAS aura forgé sa légende. Excepté le premier qui était une (belle) mise en route, non exempt de petites faiblesses, difficile de réellement prendre à défaut le groupe de Topeka, tout juste si l’on peut se permettre d’être plus exigeant avec certains opus. Si "Leftoverture" et "Point Of Know Return" s’avèrent intouchables, "Song For America" et surtout "Masque" annonçaient l’avènement de ces deux chefs d’œuvre intemporels et tout simplement cultes. Autant vous dire que KANSAS, en 1977, ce n’était pas le groupe à prendre à la légère et tout semblait leur sourire. Et il était donc plus que temps pour sortir un album live. Double, s’il vous plaît !

La pochette est un détournement astucieux. L’œuvre originale est de Norman Rockwell, "The Charwomen", qui montrait deux femmes de ménage qui s’octroyaient une pause au théâtre qu’elles nettoyaient. Forcément, ça attire tout de suite l’œil et ça provoque le sourire. D’autant plus que les modèles ont été très bien choisis, la ressemblance avec la peinture étant assez saisissante. Alors qu’au début de leur carrière, les mecs de KANSAS jouaient dans différents bars, dont certains de bikers. Cinq ans plus tard, ils remplissaient le Madison Square Garden, preuve de l’engouement qu’ils déclenchaient. Il faut dire que "Carry On Wayward Son" et "Dust In The Wind" ont été de gros succès en leur temps. D’ailleurs, encore aujourd’hui, ils sont les morceaux les plus connus du groupe.

Ce qui est dommage avec ce double Live, c’est qu’il ne capture pas l’ambiance et l’énergie d’une date en particulier, il est composé de plusieurs prises, que le guitariste Kerry Livgren choisissait après les shows, lors de nombreuses écoutes. Le but était de trouver la meilleure prise possible d’un titre pour garantir un Live sans overdubs. À l’oreille, le résultat est assez bluffant, tant il semble propre, quasi parfait dans le son comme dans l’interprétation. Livgren est intransigeant sur ce point : "Two For The Show" n’est en aucun cas retouché en studio. Le public s’avère bien présent, on l’entend parfaitement mais la star, évidemment, c’est le groupe. Voire peut-être mène Steve Walsh tant ce dernier mène les troupes.

Walsh, c’est le mec impressionnant par excellence. On passera rapidement sur le short jaune flashy dont on le voit affublé dans les photos du livret. Mais il a une présence indéniable, presque captivante. À l’instar d’un Freddie Mercury, il accapare l’attention de la foule, il fait le show. Aujourd’hui, sa voix n’est plus la même, on la sentait déjà plus faible sur le "Live At The Whisky" de 1992. C’est vers cette époque justement, avec l’accumulation des concerts, qu’il se l’est abîmée. Mais que dire de sa prestation sinon qu’elle est vraiment très bonne ? Aussi à l’aise sur les morceaux les plus Heavy ("Icarus – Borne On Wings Of Steel", "Paradox") que sur ceux qui demandent plus d’emphase ("Dust In The Wind", "Carry On Wayward Son"…), il tire l’ensemble vers le haut, même si le reste des musiciens n’a pas forcément besoin que le chanteur soit au firmament pour briller à son tour.

Axé sur de nombreux morceaux longs, le set est tout simplement jouissif. Puisant dans leurs cinq albums sans exception, KANSAS fait une démonstration de force et de maîtrise à la fois. Proposant un rendu souvent plus nerveux que sur album, les morceaux de bravoure que sont "Journey From Mariabronn", "Song For America" ou "Magnum Opus" dégagent un vent épique, ils libèrent toute leur puissance, celle que l’on soupçonnait quand même sur leurs pendants studio. "Magnum Opus" est d’ailleurs une véritable claque, une pièce maîtresse interprétée avec brio, où le groupe se surpasse littéralement. Difficile de passer à côté, de ne pas ressentir un frisson de plaisir en l’écoutant tellement c’est jouissif ! Un final quasiment apocalyptique.

Les titres les plus courts, à l’image de "Lonely Wind" ou "Mysteries And Mayhem", s’intercalent parfaitement au milieu des pièces plus complexes. Ils apportent une dynamique différente, qui permet à la prestation de s’écarter de tout risque de linéarité. Là encore, le groupe fait montre de tout son savoir faire dans un déluge d’électricité d’où s’échappe le violon virevoltant de Robby Steinhardt, qui a parfaitement sa place au sein de la formation. On sent l’osmose que dégage le groupe, elle est quasiment perceptible. Elle ne fait pas que dégouliner des enceintes, elle se sent à travers les interprétations souvent classieuses de morceaux destinés à traverser le temps. On ne remerciera pas assez Livgren pour son travail de titan.

Il est également bon de noter que la réédition de 2008, pour les trente ans de ce double Live, contient pas loin d’une dizaine de titres bonus et remet "Closet Chronicles" qui avait été supprimée du premier pressage CD, faute de place. Cela nous permet d’en profiter encore plus, avec les "Cheyenne Anthem", "Child Of Innocence" ou encore "Lonely Streets", pour ne citer qu’elles, parmi les plus importantes. Une façon pour nous de prolonger l’aventure et avec elle, le plaisir que l’on prend à l’écoute de ce "Two For The Show".

Parmi tous les Lives du genre légendaire, "Two For The Show" de KANSAS a entièrement sa place, il n’a pas à rougir de certains enregistrements en public de BLUE ÖYSTER CULT ou de RUSH, vers la même époque. Il entretient la légende du groupe en ponctuant une période faste, où le combo de Topeka avait aligné deux disques incontournables de suite. Il en est le couronnement, le point culminant d’une carrière jusque là irréprochable. Et, malheureusement, il va également marquer la fin d’une époque, comme s’il avait vampirisé tout le talent et toute l’inspiration des musiciens qui jamais plus ne parviendront à retrouver toute leur superbe, avant de s’enfoncer petit à petit dans une espèce d’anonymat qui sera fatidique. Mieux qu’un simple best-of live, "Two For The Show" est la vitrine d’une époque à jamais révolue.

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- Steve Walsh (chant, claviers)
- Kerry Livgren (guitare)
- Rich Williams (guitare)
- Dave Hope (basse)
- Robby Steinhardt (violon, chant)
- Phil Ehart (batterie)


- disque 1
1. Song For America
2. Point Of Knew Return
3. Paradox
4. Icarus - Borne On The Wings Of Steel
5. Portrait (he Knew)
6. Carry On Wayward Son
7. Journey From Mariabronn
- disque 2
8. Dust In The Wind
9. Lonely Wind
10. Mysteries And Mayhem
11. Excerpt From Lamplight Symphony
12. The Wall
13. Closet Chronicles
14. Magnum Opus



             



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