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1974 Kansas
1975 Song For America
  Masque
1976 Leftoverture
1977 Point Of Know Return
1978 Two For The Show
1979 Monolith
1980 Audio-visions
1983 Drastic Measures
2016 The Prelude Implicit
 

- Style : Styx, Odd Logic, Thank You Scientist, HÄllas, The Vicious Head Society, Mandroid Echostar
- Membre : Streets, Deep Purple

KANSAS - Somewhere To Elsewhere (2000)
Par DARK BEAGLE le 17 Avril 2020          Consultée 899 fois

L’histoire de KANSAS s’apprête à prendre un tournant à celui du XXème siècle. En effet, le groupe sort "Somewhere To Elsewhere", le premier album qui aligne le line-up originel depuis "Audio-Visions" en 1980. Pourtant, ce n’était pas forcément gagné d’avance. Le problème étant bicéphale, Steve Walsh et Kerry Livgren ayant du mal à travailler ensemble depuis 1979, les premières grosses tensions entre les deux hommes étant nées durant l’enregistrement de "Monolith" et cet antagonisme s’entendait à travers ce disque décousu. Walsh avait claqué la porte, suivi par Livgren quelques années plus tard et ce dernier avait poursuivi sa route en compagnie du bassiste Dave Hope avec qui il jouera dans le groupe AD.

Dès la fin des années 90, Livgren faisait des apparitions sur scène avec KANSAS pour un ou deux titres, de quoi rendre fou les fans qui rêvent de son retour depuis… "Power" en 1986. Après, il est vrai que le blond guitariste est versé à fond dans la religion, au point de passer pour une espèce d’illuminé, ce qui le mettait en porte-à-faux avec Walsh. Vous voyez le prédicateur dans "There Will Be Blood" ? Une fillette à côté de Livgren. Pourtant, après le moyen "Always Never The Same", Livgren va réintégrer les rangs de KANSAS, tout comme le bassiste Dave Hope. Pour deux titres seulement, Billy Greer étant conservé dans l’effectif. Ça va, vous suivez ?

On pourrait penser que la hache de guerre est enterrée entre Walsh et Livgren. Pas vraiment. Plutôt que de se prendre la tête avec le guitariste, le chanteur a préféré se concentrer sur son second album solo, l’étrange "Glossolalia", ne venant en studio que pour poser sa voix, et encore pas sur toutes les chansons. Autant les derniers albums de KANSAS ("Power", "In The Spirit Of Things", "Freaks Of Nature" ainsi que les inédits de "Always Never The Same") portaient la marque du chanteur, autant pour celui-ci, il s’en lave les mains. Pouvons-nous voir là un désaveu de la part de Walsh ?

Bon, je viens de relire ce que j’ai déjà écrit et je me rends compte que c’est super passionnant. Je vais peut-être passer à la musique, hein.

Avec "Somewhere To Elsewhere", KANSAS revient aux sources. Pour Livgren, assurer la composition seul n’est pas un souci, il l’avait déjà fait à l’époque de "Leftoverture", quand Walsh était en panne d’inspiration. Le résultat reste dans toutes les mémoires et les premières notes de "Carry On Wayward Son" suffisent à nous replonger dans de nombreux souvenirs. Mais ce n’est pas à cet album que le guitariste va faire référence, mais au précédent, le plus discret "Masque". En effet, il va donner suite au classique "Icarus – Borne On Wings Of Steel", sobrement intitulé "Icarus II" et la placer en ouverture, comme un signe fort lancé aux fans.

Le clin d’œil avec la pochette est là ("Icarus II" parle d’un pilote d’avion en patrouille pendant la guerre) et les petits clins d’œil avec l’original sont disséminés à travers des mélodies de clavier ou un violon qui intervient judicieusement. Quand le morceau s’enflamme, nous sommes pris au jeu et indéniablement, il s’agit là d’un classique pour KANSAS, le premier depuis bien longtemps. Mais si le groupe renoue avec le style qui l’a rendu populaire, il ne replonge pas totalement dans le passé, il s’inspire du son de 1975 en le faisant sonner de façon actuelle. Une espèce d’entre-deux est atteint, entre nostalgie assumée et envie d’aller de l’avant. Walsh livre une très bonne prestation, avec sa voix ravagée, donnant le souffle qu’il faut à la dramatique de ce morceau.

Et du coup, l’enchaînement avec le plus Heavy "When The World Was Young" fonctionne à merveille. Le groupe semble concerné par ce qu’il joue (Walsh agit plus comme un guest toutefois) et sur ce morceau, nous retrouvons le line-up des premiers albums, une espèce de magie s’en dégage et comme "Harry Potter" réveille notre âme d’enfant, cette magie fonctionne parfaitement sur les fans. Enfin, sur moi en tout cas ! Nous retrouvons également Dave Hope sur "Look At The Time", dont le chant est assuré par le second bassiste, Billy Greer (pour ceux qui n’ont pas suivi, relisez la fin du deuxième paragraphe).

Et les éléments qui ont fait le charme de KANSAS sont présents, ils se présentent, petit à petit. Les morceaux sont relativement longs et bien construits ("Myriad" est habile dans son déroulement), avec des relents Prog que l’on pensait disparus depuis longtemps de l’ADN du groupe. Et il y a ce violon, parfois larmoyant ("Disappearing Skin Tight Blues"), conduit par un Robbie Steinhardt qui n’a rien perdu de sa superbe et dont la voix fait toujours son petit effet (il interprète en solo ce titre ainsi que "Grand Fun Alley", plus simple et directe). Indéniablement, le retour de Livgren fait du bien à une formation qui battait salement de l’aile.

Mais sa présence seule ne suffit pas. S’il livre une très belle prestation, il ne suffit pas à conduire au chef d’œuvre comme "Leftoverture". Des passages sont plus faibles, la magie d’antan est palpable mais elle n’est pas présente tout du long. Après tout, certains "Harry Potter" sont plus faibles que d’autres. Il manque toutefois l’implication de Steve Walsh dans le projet, son grain de folie, ses idées parfois oversize, grandiloquentes, qui fonctionnent ou non mais, qui mariées à celles de Kerry Livgren, peuvent conduire à des chefs d’œuvre. Écoutez "Point Of Know Return" si vous ne me croyez pas. Bref, il manque cette dualité, cela ne va au final que dans une direction, séduisante, certes, mais le panorama aurait pu être encore plus beau.

"Somewhere To Elsewhere" est un album inespéré. Après avoir été écornée pendant des années, la légende retrouve de sa superbe. Est-ce la signature du groupe sur le label Magna Carta qui lui a donné des ailes ? Le retour de Livgren ? Quoiqu’il en soit, le groupe signe un disque remarquable compte tenu de ses années de galère. Il est dommage que la formation aille finir par se faire discrète en studio, ses cerveaux partant les uns après les autres : d’abord Livgren qui se contentera d’apparitions live sans s’impliquer plus que cela, puis Steinhardt, avant que Walsh ne s’en aille à son tour. Après ce "Somewhere To Elsewhere", la formation vivra sur un succès retrouvé, un succès qui explosera avec… La série "Supernatural" qui fera de "Carry On Wayward Son" la BO de ses fins de saison. Alors pourquoi s’embêter à retourner en studio, hein ?

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   DARK BEAGLE

 
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- Steve Walsh (chant)
- Kerry Livgren (guitare, claviers)
- Rich Williams (guitare)
- Billy Greer (basse, chant)
- Dave Hope (chant)
- Phil Ehart (batterie)
- Bobbie Steinhardt (violon, chant)


1. Icarus Ii
2. When The World Was Young
3. Grand Fun Alley
4. The Coming Dawn (thanatopsis)
5. Myriad
6. Look At The Time
7. Disappearing Skin Tight Blues
8. Distant Vision
9. Byzantium
10. Not Man Big



             



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