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KANSAS - Masque (1975)
Par DARK BEAGLE le 2 Juin 2017          Consultée 506 fois

"Masque" n’est pas l’album le plus connu de KANSAS, mais c’est un album qui mérite tout de même le détour, comme disent les inspecteurs du Guide Rouge. Le groupe commençait à se faire un nom après deux albums étonnants, plus européens qu’américains dans l’esprit. Le Hard Progressif de KANSAS rappelait plus le Vieux Continent, avec leur musique élégante et ambitieuse dans ses constructions. Là, le groupe s’apprête à franchir un nouveau palier. "Leftoverture", le chef d’œuvre, n’est pas loin et ce "Masque" en est finalement le brouillon. Et c’est peut-être comme ça que l’Histoire se souviendra de lui. Une triste place, comme pour celui qui échoue au pied du podium. Pourtant, "Masque" mérite que l’on s’attarde dessus. Pourquoi ? Parce qu’il y a d’excellents morceaux dessus, pardi !

Puis franchement, un groupe qui brandit bien haut ses origines américaines en prenant le nom de l’Etat où les musiciens ont grandi et utiliser un mot français pour le titre de leur troisième album, ben ça fait résonner des cocoricos quelque part (je me suis retenu de dire au fond du slip, mais si ça vous convient, je vous offre l’expression). Puis le choix de la pochette est intéressant. Il aurait été tellement facile de coller le casque de Batman ou un masque vénitien que cela aurait été cliché. Mais utiliser une peinture de Giuseppe Arcimboldo est la vraie bonne idée. Ce buste constitué de divers poissons vient donner une forte personnalité à l’ensemble, la jaquette sort du lot et forcément, on s’arrête dessus ne serait-ce que pour marquer sa surprise.

D’un point de vue strictement musical, on assiste à quelques changements notables par rapport aux deux premiers opus qui étaient relativement proches au niveau du style. Les musiciens affinent le propos, les mélodies restent cependant sauvages et la guitare se taille toujours une belle part, en opposition à un violon qui sait être virevoltant. Sur le fond, on reconnaît bien KANSAS. La voix de Steve Walsh fait toujours son petit effet, le son du clavier, un brin suranné, prend bien l’espace, il conduit souvent les mélodies avant que le violon et les guitares les tirent dans d’autres directions, vers de nouveaux rivages.

Pourtant, cela ne commence pas de la façon la plus optimale qui soit. Pour le coup, "Masque" rappelle un peu le premier album éponyme où l’ouverture laissait également un peu à désirer avec les deux titres les plus faibles du disque. Ici, c’est pareil. Pourtant, "It Takes A Woman’s Love (To Make A Man)" tire bien son épingle du jeu avec son saxophone bien utilisé et son côté Soul très séduisant. Mais le défaut, c’est la durée ! Sur "Song For America", KANSAS jouait des morceaux plutôt longs, là on a l’impression d’avoir des morceaux inachevés pour les deux premières pistes et quelque part, ça ne passe pas très bien.
Parce que le groupe va largement prouver qu’il est capable de mieux. Il suffit de s’envoyer "Icarus – Borne On Wings Of Steel" (oui, la faute est volontaire) pour comprendre à quel point KANSAS, à cette époque, est irrésistible. Épique, savamment dosé entre virulence et mélodie, "Icarus" est un petit bijou qui en annonce d’autres à la suite. "All The World" est un autre bijou, constitué de différentes parties, qui nous font vivre une véritable montée en puissance, où l’on sent également une inspiration SUPERTRAMP au niveau des claviers.

KANSAS sait aussi faire parler la poudre. Ce disque contient quelques-unes des parties de guitares les plus rêches du groupe. "Child Of Innocence" voit Robbie Steinhardt et Steve Walsh se livrer un duel vocal flamboyant, "Mysteries And Mayhem" envoie du lourd, le titre est dense, fort. KANSAS a réduit les durées de ces chansons. Certains morceaux restent longs mais seuls trois dépassent les six minutes. Le groupe conserve ses structures progressives, il continue à amener une technique riche au service des morceaux. Cela ne se fait jamais au détriment des mélodies qui restent un des fers de lance de la formation. Et celles-ci font bien souvent mouche. Il suffit de jeter une oreille sur le superbe "The Pinnacle" pour s’en rendre compte. Pas loin de dix minutes, mais jamais on ne s’ennuie. Il n’y a pas de remplissage inutile pour balancer des titres interminables qui finissent par se perdre à moment donné. Les musiciens semblent avoir appris de leurs erreurs passées ("Incomudro", sur l’opus précédent, avaient de sacrés passages de souffrance…).

Et l’ensemble fonctionne bien. Il y a une certaine homogénéité entre les morceaux. Même si le discours est différent, on retrouve à chaque fois la patte du groupe, avec ces interventions de violon subtiles qui mettent en valeur les mélodies ou qui se lancent dans des lices sauvages avec le clavier et la guitare. KANSAS grandit, et il grandit bien. "Masque" est une réussite dans son ensemble, même si les deux premiers morceaux sont un brin en-deçà du reste. Il balise à merveille le chemin pour le splendide "Leftoverture" et mérite que l’on s’intéresse à lui donc. Enfin, chaque fan de KANSAS se doit de l’avoir !

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   DARK BEAGLE

 
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- Steve Walsh (chant, claviers)
- Robbie Steinhardt (violon, chant)
- Kerry Livgren (guitare)
- Rich Williams (guitare)
- Dave Hope (basse)
- Phil Ehart (batterie)


1. It Takes A Woman's Love (to Make A Man)
2. Two Cents Worth
3. Icarus - Borne On Wings Of Steel
4. All The World
5. Child Of Innocence
6. It's You
7. Mysteries And Mayhem
8. The Pinnacle



             



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