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1980 Audio-visions
1983 Drastic Measures
2016 The Prelude Implicit
 

- Membre : Streets, Deep Purple

KANSAS - Audio-visions (1980)
Par DARK BEAGLE le 27 Avril 2018          Consultée 524 fois

Comme en témoigne la pochette, KANSAS entre de plain-pied dans les années 80 avec cet "Audio-Visions", qui a la lourde charge de remettre le groupe sur de bons rails après un "Monolith" un brin décevant. Les Amérindiens ont laissé place à quelque chose de plus conceptuel (on dira ça comme ça, c’est tout de suite plus poli), avec un verso qui vaut son pesant de cacahuètes, une espèce de Tom Selleck à mulet nous lance un regard possédé à faire froid dans le dos. KANSAS nous avait habitué à des illustrations plus subtiles par le passé et forcément, ça fait se lever un sourcil interrogateur quant à l’œuvre.

Seulement, est-ce que les musiciens qui forment le groupe sont-ils encore maîtres de leur destin ? "Monolith" marquait un virage en termes de composition, où tout tendait à plus de facilité, avec des titres plus courts, moins alambiqués que par le passé. Cette tendance se poursuit sur "Audio-Visions", mais cette fois-ci on retrouve des riffs plus secs, mêlés à un clavier très présent, a contrario du violon qui semble de plus en plus voué à disparaître de KANSAS, les interventions de Robby Steinhardt se font de plus en plus rares, il est plus là pour apporter un contrepoids à la voix particulière de Steve Walsh, avec son chant plus grave, presque narratif par moments.

Mais surtout, on assiste à un divorce qui avait déjà débuté sur "Monolith". Walsh et Kerry Livgren s’éloignent de plus en plus l’un l’autre et cela se traduit par une absence de cohésion entre eux. Chacun avait tenté l’aventure en solo avant l’enregistrement de ce disque et cela doit certainement jouer sur le fait qu’ils ne travaillent plus ensemble. Alors que sur les premiers albums l’alchimie entre les deux hommes créait de grandes chansons, ils se tournent le dos et ne collaborent plus entre eux, à l’exception d’un titre, le remuant "Don’t Open Your Eyes", qui est d’ailleurs plus un effort collectif qu’autre chose. Seul Steinhardt ne participera pas à l’écriture de ce morceau.

La cause de la tension entre les deux leaders affichés du groupe proviendrait de la conversion de Livgren au Christianisme et au message qu’il véhiculait à travers les paroles de certains morceaux ("Hold On", ballade magnifique, sortie en single). En revanche, Livgren est quelqu’un d’intelligent, il ne va pas prêcher la bonne parole de façon frontale, il va manier les mots pour qu’on ne l’accuse pas de prosélytisme. Cependant Steve Walsh, qui n’est pas la moitié d’un idiot également, ne va pas adhérer du tout à ces idées et à l’orientation que risquait de prendre KANSAS. Pour la petite histoire, durant la tournée de soutien à "Monolith", l’album était souvent joué en quasi-intégralité, alors que Livgren se basait sur le discours du Livre d’Urantia, qui se détachait clairement de celui transmis par la Bible. Sur la tournée de "Audio-Visions", plus aucun morceau de "Monolith" n’était joué…

Encore une fois, nous sommes les témoins des divergences entre les deux leaders. Seulement, cette fois-ci, les deux se retrouvent bien sur le plan musical, plus furieusement Hard Rock que sur l’essai précédent, qui s’avérait un peu mou du genou. Les parties progressives se font de plus en plus rares. Les riffs sont directs, plus simples, ils se marient avec un clavier bien présent, mais qui n’a plus le côté virevoltant qu’il avait encore trois ans auparavant. Les musiciens s’adaptent parfaitement à leur époque, ils modifient leur façon de jouer, sans pour autant se trahir fondamentalement. On reconnaît tout de suite KANSAS même s’il faut attendre les longs morceaux ("Curtain Of Iron" et "No One Together") pour retrouver tous les marqueurs qui faisaient le charme du groupe.

On se laisse aller à apprécier certaines des nouvelles orientations, comme ce côté très FM développé par "Relentless", placé astucieusement en ouverture et qui nous montre que Livgren est encore capable de composer des riffs très Rock (avec la grâce de Dieu). On tape du pied avec l’énergique "Loner" qui nous montre un Steve Walsh sous speed, on se laisse séduire par certains chœurs (assurés pour certains par les épouses des musiciens), par quelques idées farfelues comme cette cornemuse sur un "Back Door" idéal pour clore les hostilités. Après, difficile de vraiment trouver une idée directrice sur ce disque, les morceaux se succèdent sans qu’il y ait de heurts, mais on devine très rapidement qui compose quoi. Comme si Walsh et Livgren se disaient merde par chansons interposées.

"Audio-Visions", c’est la fin d’un rêve. Le groupe va se réveiller avec une gueule de bois terrible puisque Walsh va claquer la porte après la tournée promotionnelle, las du discours de Livgren qui allait devenir une constante sur les deux albums suivants. Le groupe ne se remettra jamais vraiment de ce départ. KANSAS, à qui beaucoup de choses souriaient, venait de mettre un genou à terre, ce qui semblait complètement inconcevable seulement deux ans plus tôt, quand le groupe sortait ce Live d’anthologie qu’est "Two For The Show". Reste ce disque, plutôt bon, qui apparaît avec le temps comme le testament d’une période faste pour les natifs de Topeka.

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- Steve Walsh (chant, claviers)
- Robby Steinhardt (chant, violon)
- Kerry Livgren (guitare)
- Rich Williams (guitare)
- Dave Hope (basse)
- Phil Ehart (batterie)


1. Relentless
2. Anything For You
3. Hold On
4. Loner
5. Curtain Of Iron
6. Got To Rock On
7. Don't Open Your Eyes
8. No One Together
9. No Room For A Stranger
10. Back Door



             



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