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HARD FM / A.O.R   |  STUDIO

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1980 Audio-visions
1983 Drastic Measures
2016 The Prelude Implicit
 

- Style : Styx
- Membre : Streets, Deep Purple

KANSAS - Drastic Measures (1983)
Par DARK BEAGLE le 3 Août 2018          Consultée 537 fois

Il est parfois triste de ne plus se retrouver dans la musique d’un groupe que l’on adore pour plusieurs raisons. C’est comme si nous étions trahis, touchés au cœur par un changement de direction musicale qui ne nous convient pas, ou par le départ d’un membre-phare alors que le line-up paraissait solide. Parfois, c’est également nous qui changeons et les exigences évoluent vers quelque chose d’autre, ou pire, nous demandons à être rassurés en ayant des albums toujours similaires au chef d’œuvre de la formation chérie. Parfois, ce sont les musiciens qui s’enferment dans ce piège, comme DEF LEPPARD qui aura cherché à plusieurs reprises de retrouver le son surproduit du multi-platine "Hysteria". Pour KANSAS, il faut plus creuser au niveau des premières options proposées, même si le mal qui a frappé le groupe a des racines bien plus profondes que cela.

La pochette en elle-même est déjà étonnante dans son style. Celle de "Vinyl Confessions" marquait déjà une rupture en soi, et celle de ce "Drastic Measures" pourrait être rapprochée à tort de celle du formidable double-Live "Two For The Show", sauf qu’ici il n’y a pas le même genre de références, nous sommes juste face à la version graphique d’un jeu de mot que T-Ray ne ferait qu’en désespoir de cause. C’est marrant, mais nous sortons encore un peu plus de l’univers visuel que KANSAS s’était forgé au début de sa carrière, recherché et non dénué d’une certaine poésie. Forcément, cela ne met pas en confiance.

Ensuite, pouvons-nous faire porter le poids de ce désamour avoué pour le groupe aux seules épaules de ce pauvre John Elefante ? Succéder à Steve Walsh était de toute manière une chose difficile tant il apportait une véritable présence à KANSAS. Mais le nouveau chanteur n’avait pas forcément à rougir, sa prestation sur "Vinyl Confessions" était des plus correctes et en live, il assurait sur les titres plus anciens qui surgissaient dans la setlist. Mais son manque de charisme ne jouait pas en sa faveur malheureusement. Quant à Kerry Livgren, il était en grande partie responsable de l’orientation plus radio-friendly que prenait le groupe. Ainsi que de la teneur des paroles qui commençaient à provoquer quelques soucis lors des interviews, où l’on demandait plus souvent aux musiciens de parler de leurs croyances que de leurs albums.

Mais le style a évolué. Du Hard Rock Progressif classieux des débuts, il ne reste plus grand-chose, quelques miettes tout au plus. Le violon n’est plus sur "Drastic Measures", las du peu de place qu’on lui octroyait, Robby Steinhardt est parti à son tour, sans être remplacé. De ce fait, KANSAS tourne le dos à des compositions comme "Dust In The Wind", ou alors non sans la remanier pour palier à l’absence imposante de Steinhardt. Le son a évolué et sur ce disque, KANSAS pratique un Hard FM pleinement assumé, et bien plus synthétique qu’organique. Et là encore, nous serions tentés de lancer un regard courroucé dans la direction de John Elefante et de son frère, Dino.

En effet, le duo est responsable en grande partie de la direction prise par le groupe ici, vu qu’il signe six compositions sur les neuf présentes, les trois autres étant de Livgren, qui semble avoir lâché beaucoup de lest concernant l’univers de KANSAS. Mais pouvons-nous réellement reprocher à la formation d’essayer d’évoluer, de sonner moderne en s’adaptant à son époque ? Ce qui nous donne ce disque, où les synthétiseurs sont de la partie, les titres sont plus courts, plus formatés. KANSAS se rapproche plus de combos comme TOTO ou SURVIVORS dans le style, mais sans avoir cette touche plus personnelle qui permettait à ces combos de sortir du lot. Et s’il faut faire une comparaison avec STYX qui faisait également évoluer sa musique à cette époque, le parallèle s’avère plus flatteur pour le combo de Chicago, qui aura été plus en délicatesse dans les années 70 alors que la formation de Topeka y brillait. Le rapport de force s’inverse ici…

Pourtant tout n’est pas désagréable et certains morceaux s’avèrent plutôt efficaces à l’image de l’ouverture dynamique qu’est "Fight Fire With Fire" avec son refrain qui fonctionne bien malgré la voix parfois un peu haut-perchée de Elefante qui se démène pourtant comme un beau diable. Il y a cette espèce d’efficacité liée au style, avec ce côté années 80 archi prononcé, qui est un véritable témoin de son époque. Ce disque, nous pouvons le dater au carbone 14 avec une marge d’erreur vraiment infime. Les morceaux signés Livgren sont un peu différents, avec des lignes mélodiques parfois plus proches de ce à quoi nous avait habitué le groupe sans pour autant flirter avec l’époque Prog. Ainsi, "Mainstream", qui est ironique quant à l’évolution artistique de KANSAS, le Hard Rock "End Of The Age" et la plus subtile "Incident On A Bridge" sortent également du lot et proposent une facette un brin différente même si le côté synthétique de la musique subsiste.

Et finalement que pouvons-nous reprocher à cet album ? Musicalement, cela se tient, si l’on aime le Rock et l'AOR de l’époque. C’est plutôt bien joué, mais – car il y a un foutu mais – cela ne ressemble plus à du KANSAS. Il n’y a plus aucune identité à cet ensemble, plus aucune originalité, plus aucune fraîcheur. "Drastic Measures" est un disque d’une banalité affligeante dans ces années 80, un produit interchangeable avec de nombreux autres. Le groupe a semble-t-il sacrifié sa personnalité pour coller à l’air du temps, tournant le dos à ses principes au nom de la modernité. C’est cela qui ressort principalement de l’écoute de cet album : l’abdication d’un groupe face à la facilité. Et forcément, cela fait mal.

Les conséquences seront assez désastreuses pour KANSAS. "Drastic Measures" va complètement se ramasser dans les charts, provoquant des tensions au sein du groupe, avec tout ce que cela entraîne. Après un ultime concert, Kerry Livgren et Dave Hope vont quitter la formation et fonder AD, où ils vont avoir libre cours pour leur discours catholique. Ceux qui restent tenteront bien de poursuivre l’aventure, mais cela se traduira par un ultime inédit sur "The Best Of KANSAS" de 1984 avant un split inévitable. Définitif ? Non, car c’est sans compter sur Steve Walsh… Mais là encore, c’est une autre histoire (et quelque part, je regrette de ne pas avoir choisi Père Beagle comme pseudo…).

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- John Elefante (chant, claviers)
- Kerry Livgren (guitare, claviers)
- Rich Williams (guitare)
- Dave Hope (basse)
- Phil Ehart (batterie)


1. Fight Fire With Fire
2. Everybody My Friend
3. Mainstream
4. Andi
5. Going Through The Notions
6. Get Rich
7. Don't Take Your Lve Away
8. End Of The Age
9. Incident On A Bridge



             



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