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HARD ROCK PROG  |  STUDIO

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1980 Audio-visions
1983 Drastic Measures
2016 The Prelude Implicit
 

- Style : Styx
- Membre : Streets, Deep Purple

KANSAS - Point Of Know Return (1977)
Par DARK BEAGLE le 16 Janvier 2018          Consultée 1680 fois

Si on devait résumer KANSAS à une seule chanson, plus que "Carry On Wayward Son", ce serait "Dust In The Wind" qui serait citée. Le véritable hit single du groupe, la ballade acoustique par excellence, que tout le monde (ou presque) a au moins dû entendre une fois dans sa vie. Sans être une vitrine exacte de ce qu’était la formation de Topeka à cette époque, il représente la plus belle des cartes de visite pour un album non moins fabuleux, "Point Of Know Return", qui a pourtant la très lourde tâche de succéder à ce chef d’œuvre du Rock Progressif qu’était "Leftoverture". À ce moment, KANSAS était à son apogée et rien ne pouvait lui résister.

Pourtant, l’enregistrement de "Point Of Know Return" ne s’est pas fait sans douleur. En effet, Steve Walsh, le chanteur à la voix particulière mais indissociable du KANSAS de la grande époque, avait quitté le groupe en vue de caresser une carrière solo, projet qui a vite été avorté. Ce sera pour plus tard. Et surtout, il ne fallait pas se laisser griser par le succès, résister à la tentation de faire un "Leftoverture" bis, calqué sur le même schéma. Aussi les musiciens vont changer leur façon de composer, en proposant des morceaux plus courts.

Bien sûr, l’aspect Progressif n’est pas oublié. Évoluant toujours avec une élégance empruntée aux combos anglais, les membres de KANSAS vont proposer deux titres plus longs que les autres, histoire de fermer chaque face du LP avec classe. Si "Closet Chronicles" s’avère somme toute assez classique dans sa forme comme dans le fond, "Hopelessly Human" est un petit bijou du genre, avec un final à filer des frissons, avec cette cloche cristalline qui résonne de façon solennelle, marquant la fin du disque, ainsi que la fin d’une époque. Mais ça, on y reviendra plus tard.

Mais résumer "Point Of Know Return" à cela reste toutefois très réducteur. Sa pochette mérite que l’on s’attarde dessus, avec sa vision de fin de la Terre digne des folies religieuses au Moyen-Âge, avant que Galilée ne démontre qu’elle est ronde (et encore, il a eu chaud aux fesses, moins que Copernic, mais bon, autres temps, autres mœurs…). Le jeu de mots que forme le titre de l’album rejoint dans l’idée "Leftoverture", dont le titre était formé de la même façon, avec un jeu de mots intraduisible en français, mais dont le sens est facilement compréhensible (know return pour no return, l’illustration fait le reste). Puis il y a le reste…

Comment rester de marbre face au morceau-titre, ouverture géniale avec ses cavalcades gentiment maniérées qui viennent apporter un sel délicieux à l’ensemble ? Comment passer à côté de l’aridité d’un "Paradox", jouissif en puissance ? Est-il possible de rester insensible face à un "Portrait (He Knew)" qui force le respect, avec son exécution exemplaire, et ses textes centrés sur Albert Einstein (décidément, avec SAGA, le physicien à la cote chez les progueux !) ? Et bien sûr, il y a ce "Dust In The Wind", courte ballade acoustique avec ses harmonies vocales de toute beauté. Un titre somptueux qui aurait très bien pu ne jamais voir le jour, né d’un exercice que Kerry Livgren faisait à la guitare avant que sa femme ne l’entende et lui suggère d’ajouter quelques paroles. Le guitariste n’était alors pas certain que le reste du groupe accepte ce titre, alors qu’ils l’ont tous immédiatement adopté.

Le reste semble certes moins fort, moins puissant, moins mémorable instantanément. Pourtant, KANSAS ne démérite pas tout du long, faisant la synthèse de son passé en proposant quelques titres longs aux accents Prog et en regardant vers l’avant en essayant de proposer des choses en adéquation avec son époque (là, le terme de « neuf » aurait un effet comique non désiré). "Point Of Know Return" est un plaisir brut de trois quarts d’heure, que l’on apprécie pour ce qu’il est, à savoir un bon disque de Hard Rock Progressif, de l’un des rares groupes américains à en pratiquer à cette époque, alors que le genre connaissait un certain essoufflement en Europe, en grosse partie à cause du Punk.

Alors on se laisse prendre au jeu de ces rythmiques soignées, de ces riffs volontaires et classieux soigneusement tricotés par une paire de guitaristes qui n’avait déjà plus rien à prouver, de ce violon entraînant qui est une véritable marque de fabrique pour le combo de Topeka, de la voix de Steve Walsh qui se veut à la fois cajoleuse et plus dure, plus directive, pour laquelle on se damnerait presque tellement elle est unique et envoûtante. Le tout est servi par une production aux petits oignons, mettant chacun en valeur sans dénaturer l’esprit de KANSAS, ce son qui a fait leur charme et leur succès.

Ce "Point Of Know Return" est encore une belle réussite pour ce groupe pas comme les autres, qui se paye le luxe de sortir un album capable de rivaliser avec le précédent, le magnifique "Leftoverture". Malheureusement pour le groupe, le jeu de mots qui forme le titre de ce disque va s’avérer prophétique, les musiciens ne se montreront plus capables de faire aussi bien en studio par la suite, s’enlisant doucement mais sûrement, allant jusqu’à perdre une bonne partie de leur identité dans les années 80. Il restera encore le fabuleux Live "Two For The Show" pour entretenir la flamme un instant l’année suivante, lumière qui ne sera qu’illusoire. Avec "Point Of Know Return", c’est bel et bien une page de l’histoire de KANSAS qui se tourne et les chapitres à venir sont loin d’avoir le même éclat.

Note réelle : 4,5 poussé à 5. Pour la légende.

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- Steve Walsh (chant, claviers)
- Kerry Livgren (guitare, claviers)
- Rich Williams (guitare)
- Dave Hope (basse)
- Phil Ehart (batterie)
- Robby Steinhardt (violon, chant)


1. Point Of Know Return
2. Paradox
3. The Spider
4. Portrait (he Know)
5. Closet Chronicles
6. Lightning's Hand
7. Dust In The Wind
8. Sparks Of The Tempest
9. Nobody's Home
10. Hopelessly Human



             



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