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CLASSIC ROCK  |  STUDIO

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1980 Audio-visions
1983 Drastic Measures
2016 The Prelude Implicit
 

- Membre : Streets

KANSAS - The Prelude Implicit (2016)
Par DARK BEAGLE le 29 Janvier 2017          Consultée 694 fois

Cela faisait seize ans que KANSAS n’avait plus sorti d’album studio. Pourtant, à l’instar de BLUE ÖYSTER CULT, la formation n’était pas morte, elle se contentait de tourner, histoire d’entretenir la légende. Il aura fallu le départ de Steve Walsh en 2014 pour que les choses bougent un peu. Aujourd’hui, c’est Ronnie Platt qui assure le chant, même si le retour de John Elefante fut envisagé un temps. Ronnie Platt n’est pas tout à fait un novice, il avait officié au sein de SHOOTING STAR durant quelques années. D’ailleurs, il va livrer une prestation tout à fait honorable derrière le micro sur ce "Prelude Implicit" qui arrive à la surprise générale. Seize ans. Plus personne n’y croyait. Pire ! Presque tout le monde s’en foutait.

Ne vous fiez pas à la pochette, un peu quelconque, représentant un oiseau-tonnerre, cet être issu des mythologies amérindiennes nord-Américaines. KANSAS ne va pas s’exprimer à travers des déluges électriques ; l’album n’est pas acoustique pour autant, même s’il contient de belles plages à ce niveau. Pour être franc, "The Prelude Implicit" est un peu mou du genou et cela se devine dès le morceau d’ouverture, le très sympathique "With This Heart". Ballade posée, subtile, la chanson ne s’énerve jamais, tout le monde reste bien gentiment à sa place.

Il ne faut pas espérer retrouver le son de l’âge d’or du groupe sur ce disque. "The Prelude Implicit" ne renoue en rien avec ce qui faisait le charme de KANSAS dans les années 70. Le violon est toujours là, indissociable du son du combo originaire de l’État dont il porte le nom. Il s’immisce toujours avec pertinence dans les morceaux, il apporte toujours cette couleur particulière, toute en nuance. En revanche, les nostalgiques de la grande époque ne retrouveront pas la marque Prog qui rendait KANSAS unique sur un disque comme "Leftoverture". Ici, nous sommes face à un Classic Rock gentillet, qui sait s’énerver par moment même si ces crises sont rares.

Ainsi, "Rhythm In The Spirit", "Summer" ou "Crowded Isolation" vont faire parler la poudre, par intermittence. Rich Williams sait toujours monter la pression, mais la valve de secours n’est jamais bien loin. Et c’est dommage, parce que si "Rhythm In The Spirit" est un peu quelconque, "Summer", interprété par le bassiste Billy Greer dépote bien et "Crowded Isolation" parvient à tutoyer l’aspect épique, héroïque, que KANSAS savait insuffler à sa musique dans les années 70. Mais il le tutoie juste, il n’atteint pas ce niveau, il manque un petit quelque chose, un déclic qui ferait que ce disque ne soit pas décevant, mais bon.

Parce que oui, "The Prelude Implicit" est décevant. Pris individuellement, les morceaux ont tous des qualités, "Refugee" est même une très jolie balade, où la guitare acoustique reçoit une bien jolie réponse d’un violon sensible. Mais voilà, assemblez tous les titres, écoutez-les d’une traite et vous ne serez pas totalement comblé. "The Prelude Implicit" est un disque qui s’écoute sur l’autoroute, en fond, sans qu’on ait besoin de se concentrer dessus. De la musique que l’on prend au kilomètre, donc et qui s’oublie presque une fois arrivé à destination.

Comme dit plus haut, l’une des grandes satisfactions de ce disque réside en la personne de Ronnie Platt. Le chanteur s’est bien adapté et s’impose comme un frontman intéressant, même s’il lui manque l’originalité que pouvait avoir Steve Walsh, qui était à la fois mélodieux et hargneux. Comme KANSAS ne semble pas prêt, ni même envieux de prendre sa retraite, cela pourrait aller en s’arrangeant, à condition que les musiciens ne se complaisent pas dans la facilité, comme c’est un peu le cas ici.

On ne va pas cracher dans la soupe, KANSAS a déjà fait bien pire par le passé. Si "The Prelude Implicit" annonce le retour de ce groupe qui avait brillé dans les années 70 et qu’il parvient à retoucher sa grâce par la suite, cela peut être intéressant, même si la meilleure période pour la formation est définitivement derrière elle. Reste la déception, amère, forcément. Le disque n’est pas mauvais en soit, mais il est tellement formaté, tellement propre sur lui qu’on se demande si, quelque part, le Rock ne vit pas ses dernières heures en tant que tel avant de se liquéfier jusqu’à devenir une soupe insipide…

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   DARK BEAGLE

 
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- Ronnie Platt (chant, clavier)
- Rich Willaims (guitare)
- Zak Rizvi (guitare)
- Billy Greer (basse, chant)
- Phil Ehart (batterie)
- David Manion (claviers)
- David Ragsdale (violon, chant)


1. With This Heart
2. Visibility Zero
3. The Unsung Heroes
4. Rhythm In The Spirit
5. Refugee
6. The Voyage Of Eight Eighteen
7. Camouflage
8. Summer
9. Crowded Isolation
10. Section 60



             



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