Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : Kix, Lillian Axe, New York Dolls, Van Halen
- Membre : Def Leppard, Gillan
- Style + Membre : L.a. Guns

GIRL - Sheer Greed (1980)
Par DARK BEAGLE le 28 Juillet 2020          Consultée 521 fois

1980. L’Angleterre subit de plein fouet l’assaut de ce qui sera appelé la New Wave Of British Heavy Metal, un renouveau du genre après la déferlante Punk, menée par de jeunes loups adeptes du « Do It Yourself » pour la plupart (comme DEF LEPPARD pour son premier EP par exemple). Ils proposaient un Heavy plus teigneux, plus mordant, respectueux des anciens, mais cherchant à aller plus loin dans l’excès, dans les thématiques ou dans l’imagerie (coucou Eddie !). Mais au milieu de cette vague, navigant un peu à contre-courant, il y avait GIRL. Vous cherchiez des barbares ? Passez votre chemin ! GIRL, c’était des héritiers du Glam des années 70, qui ne crachaient pas non plus sur un petit fond de Punk malgré tout et la formule était bien plus policée que ce que proposaient un IRON MAIDEN ou un SAXON.

À la base, nous avons cinq jeunes gens dont deux feront une carrière notable, discrète pour l’un, plus prolifique pour l’autre. Il s’agit du chanteur Phil Lewis que l’on retrouvera plus tard au sein de L.A. GUNS et bien entendu du guitariste Phil Collen, qui deviendra un membre éminent de DEF LEPPARD par la suite, son départ scellant plus ou moins le sort de GIRL. Mais là, on brûle des étapes. Il y a d’abord ce premier album, "Sheer Greed", avec cette pochette d’un autre temps, qui sera toujours en marge de la production britannique en cette année 1980. Nous découvrons cinq gamins dont certains ont des looks un peu efféminés (Lewis justement). Mais le look de JUDAS PRIEST ne faisait pas club SM gay ? C’est le style et on s’en cogne au final : l’important, c’est la musique.

Déjà, le disque est produit par le regretté Chris Tsangarides (TYGERS OF PAN TANG, THIN LIZZY, JUDAS PRIEST), un jeune loup qui s’était fait un nom en travaillant avec Gary MOORE sur "Back On The Streets" deux ans plus tôt. Nick Tauber, qui se fera connaître surtout grâce à son travail sur MARILLION, même s’il est loin d’être un débutant, est également crédité pour quelques chansons. Le son est plutôt correct et le groupe dégage une jolie puissance. "Hollywood Tease" est l’ouverture rêvée : un titre hargneux, qui va droit à l’essentiel. Ce sera d’ailleurs une constante sur "Sheer Greed" : presque tous les titres tournent autour des trois minutes en moyenne, à l’exception de "Passing Clouds" qui lorgne vers les cinq et qui fait figure d’ovni.

Parlons-en justement. Si le reste du disque est une espèce de mélange entre les NEW YORK DOLLS et un fond de Punk Rock pour le dynamisme, "Passing Clouds" est un Reggae blanc ; et ben, en fonction des goûts, ça passe ou ça casse. Personnellement, je n’ai rien contre ce titre, chanté de façon classique par un Lewis qui a l’intelligence de ne pas chercher un style vocal qu’il ne maîtrise pas forcément, et qui sent quand même bien l’électricité. Cela ne l’empêche pas d’étonner et de paraître bien incongru au milieu des riffs plus nerveux qui émaillent cet album.

Parce que si vous voulez du nerveux, vous allez être servi. Outre "Hollywood Tease", nous pouvons également nous attarder sur "Heartbreak America", ou bien "My Number", qui est bien agressif. Le groupe livre une prestation compacte et hargneuse, ponctuée de soli très courts, réduits à l’essentiels, mais souvent explosifs (d’ailleurs, le single de "Hollywood Tease" présentait une reprise du "You Really Got Me" des KINKS, plus raide, façon VAN HALEN, groupe dont Collen était plutôt admiratif), et porté par un chanteur qui en imposait mine de rien. Une voix chaude, agréable, qui savait se montrer plus aride quand il le fallait. Tracii Guns ne s’y trompera pas des années plus tard, quand viendra pour lui le temps de monter sa formation.

Et puisque l’on parle de reprise, GIRL se fend d’une cover du "Do You Love Me?" de KISS, un morceau alors encore assez jeune à cette époque (au moment de l’enregistrement de l’album, un peu plus de trois ans), histoire de bien voir d’où le groupe venait. Alors le résultat est moins… KISS, forcément, mais les Anglais parviennent à tirer leur épingle du jeu avec pas mal de malice, avec une version très Glam Rock et moins « larger than life », mais qui s'insère plutôt bien sur cet opus, au point où l'on se rend compte que GIRL est parvenu à se l'approprier.

La formule est simple. Donc efficace. L’album est très court, pourtant il ne lâche pas moins de douze morceaux, souvent bien énervés. Difficile de ne pas voir le potentiel de cette formation, qui offrait certes une formule classique, mais mise au goût du jour. Le terme Glam ne doit pas être effrayant. Ce n’est pas du David BOWIE, ni du T-REX (très bons au demeurant), le look des musiciens sur la pochette ne doit pas être un frein (on peut être fan de SLAYER et de POISON après tout), la musique proposée est un Hard Rock de très bonne facture, vindicatif bien comme il le faut et qui, mine de rien, vieillit plutôt bien, cet album est toujours très agréable à écouter de nos jours.

Il est dommage que le groupe n’ait pas perduré. Le potentiel était là, flagrant. On ne va pas dire en avance sur son temps, mais GIRL ne faisait pas tâche à côté de MÖTLEY CRÜE par exemple et se montrait même plus abrupt dans sa démarche. Même si le paysage musical britannique de l’époque ne lui était pas tout à fait favorable, la formation était plutôt vendeuse et avait son public. Le reste ? Les aléas de la vie d’un groupe. Il y a ceux qui partent et qui peuvent être facilement remplacés et ceux qui manquent un peu plus et la question de continuer ou non l’aventure se pose. La réponse… Avant cela, il reste encore un album, "Wasted Youth", qui tentera de proposer quelque chose de plus conséquent et ambitieux.

A lire aussi en HARD ROCK par DARK BEAGLE :


LED ZEPPELIN
Led Zep- Gloire Et Décadence Du Plus Grand Groupe Du Monde (2012)
Tragédie anglaise




MOUNTAIN
Nantucket Sleighride (1971)
L'horreur d'un naufrage


Marquez et partagez




 
   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Phil Lewis (chant)
- Phil Collen (guitare, chant)
- Gerry Laffy (guitare, chant)
- Simon Laffy (basse, chant)
- Dave Gaynor (batterie, chant)


1. Hollywood Tease
2. The Things You Say
3. Lovely Lorraine
4. Strawberries
5. Little Miss Ann
6. Doctor Doctor
7. Do You Love Me ?
8. Take Me Dancing
9. What's Up ?
10. Passing Clouds
11. My Number
12. Heartbreak America



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod