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2019 No Control
 

- Style : The Amorettes, Heart, Lee Aaron, Montrose, The Runaways

Suzi QUATRO - The Devil In Me (2021)
Par DARK BEAGLE le 27 Septembre 2021          Consultée 2108 fois

Franchement, Suzi QUATRO mérite d’être applaudie avec toute la sincérité dont nous sommes capables. Pour sa carrière, déjà, menée tambour battant par ce petit bout de femme qui semble disparaître derrière sa basse imposante mais qui prend une place monstrueuse sur scène. Et pour ce qu’elle représente dans l’univers du Rock et du modèle qu’elle fût pour de nombreuses autres femmes qui se revendiquent bien volontiers d’elle, à l’instar de Joan Jett et de Cherrie Currie pour ne citer qu’elles. Aujourd’hui cela semble anodin, mais dans les années 70, elles n’étaient pas nombreuses à assurer le leadership d’un groupe et à connaître le succès dans notre univers sonore bouillonnant. Et aussi, elle mérite amplement nos applaudissements pour ce nouvel album remarquable.

Suzi fait partie de ces artistes de plus de 70 ans qui n’ont plus rien à prouver et qui se font plaisir et dans son cas, font également plaisir à leurs fans, même si ces derniers se raréfient. "The Devil In Me" est le genre de disque que l’on écoute pour passer un très bon moment, très décontracté. Absolument pas prise de tête, ponctué d’une armada de morceaux assez courts (entre trois et quatre minutes dans la majorité, avec un petit gars qui fait une pointe jusqu’aux cinq, le coquinou !), il propose une large palette de couleurs entre le Hard Rock, du Glam Rock, de la Soul, du Blues, de la Pop voire même quelques envies plus Jazzy.

Et le plus beau, c’est que tout cela se tient très bien, qu’il n’y a pas d’écarts stylistiques insurmontables alors que Suzi ratisse assez large, mais toujours avec beaucoup de juste. Elle s’est taillée cet album pour elle, en compagnie d’un compositeur qui la connaît bien puisqu’il s’agit de son fils Richard Tuckey avec qui elle avait déjà fait "No Control", son précédent opus de 2019. Ce dernier sait mettre le doigt sur des mélodies qui correspondent parfaitement à sa mère, où sa voix éraillée fonctionne à merveille. Tout semble couler de source, c’est fluide, c’est varié et cela ressemble à un superbe hommage aux années 70 – de quoi conquérir votre serviteur.

Il y a un point noir sur ce disque, autant l’évoquer tout suite, cela laissera plus de place pour les compliments par la suite. Il s’agit de la ballade "My Heart And Soul" présentée ici dans sa version longue, le morceau étant sorti à l’origine pour les fêtes de fin d’année 2020 aux USA sous forme de single et c’est assez étrange d’écouter une chanson de Noël hors saison. Après, elle est plutôt bien menée, avec ses cordes qui viennent apporter une certaine mélancolie à l’ensemble, mais on dirait presque du HEART. Pas du HEART de Nöel (Dieu soit loué s’il existe), mais les sœurs Wilson ne semblent vraiment pas loin et cela représente une véritable étrangeté au milieu des autres titres qui n’explorent pas cette direction particulière et qui est quasiment un genre à part entière aux États-unis, où de nombreuses formations d’horizons différents se sont livrées à l’exercice, sur des albums entiers (dont TWISTED SISTER).

Le reste, c’est du tout bon. Il est toujours tentant de pinailler, en arguant que ça manque parfois de riffs à découper de l’acier par exemple, mais le disque n’aurait pas eu la même aura. Ce n’est pas que du Hard Rock, ça voit plus loin sans pour autant être borderline parce qu’il y a toujours des accroches pour que nous nous rattrapions aux branches, à commencer par la voix de Suzi qui fonctionne toujours très bien, éraillée juste comme il faut, lui conférant un côté sensuel sur les morceaux les plus groovy, lui donnant un impact indéniable sur les déflagrations qui émaillent les sillons. À 71 ans, elle impressionne encore derrière le micro, ce qui lui permet de s’autoriser à chanter sur des compositions qui n’auraient pas dépareillé au début de sa carrière, quand son Glam Rock se devait tonitruant.

Que ce soit le morceau titre en ouverture (quelle entrée en matière !) ou par exemple "I Sold My Soul" qui semble lui répondre directement, Suzi n’a rien perdu de son agressivité, elle impressionne encore. Et même si nous ne sommes plus en 1973, qu’elle n’a plus rien à prouver, elle continue à dégager la même aura fédératrice au travers de son Rock simple mais incisif. Elle mène parfaitement sa barque, qu’elle ne retienne pas les chevaux, qu’elle reste foncièrement la même personne, malgré le poids des âges. Et c’est là qu’elle se fait plaisir, cela transpire le long des compositions qui sont tout simplement taillées pour elle.

On s’attarde volontiers sur le plus Soul "Hey Queenie" et son refrain à se damner, on prend un pied monstrueux sur le Glam "Betty Who?" où Suzi fait un duo avec Cherrie Currie, citée un peu plus haut et agréablement mené par un piano qui n’est pas sans rappeler les ROLLING STONES. La basse est bien sûre très présente, elle ne claque peut-être pas comme celle de Steve Harris, mais elle remplit bien l’espace sonore, c’est un véritable plaisir, qui s’accentue encore quand elle se dirige vers le Blues. Un Blues dur, très Chicago dans l’idée, avec une ambiance piano bar un brin sordide, qui lui confère une étrange authenticité quand souvent ce genre d’artifice paraît surfait.

Et nous pourrions continuer comme ça encore longtemps. La chaleur des cuivres vient arrondir le son sans le dénaturer et ces derniers s’avèrent même essentiels à certains moments, comme cet harmonica vicelard qui surgit de temps à autres pour notre plus grand plaisir, sans pour autant évoquer AEROSMITH ou ces vieux groupes qui l’utilisaient fréquemment. Et Suzi nous entraîne avec elle, trépidante ("You Can’t Dream It", avec son orgue bien présent), intelligente (le superbe "Get Outta Jail" qui sent les États du Sud avant de reprendre des connotations qui ressemblent bien plus au Detroit natal de l’artiste – et là vous l’avez l’harmonica !) et sans se parjurer malgré des titres plus colorés ("Do Ya Dance").

Elle touche à tout, elle s’éclate, elle ne cherche même pas forcément à nous surprendre puisqu’elle se fait avant tout plaisir. Et c’est là une notion assez importante à prendre en compte et qui fait toute la différence. Ce disque, s’il avait été fait de façon mécanique, froide, ne fonctionnerait absolument pas. Il sonne très roots, il correspond parfaitement à ce qu’est Suzi QUATRO aujourd’hui, ce que l’on avait déjà pu apprécier sur le très bon "No Control" qui n’avait malheureusement pas fait plus de bruit que cela en 2019. Suzi semble comblée et heureuse dans ce qu’elle fait, ce qui semble être le fil rouge de sa carrière si l’on regarde un peu en arrière.

La native de Détroit le disait dernièrement en interview, elle trouve que "The Devil In Me" est son meilleur album, le genre de phrase que balancent tous les artistes concernant leur nouvelle progéniture. Mais pourtant, je suis prêt à lui donner raison tant ce disque est un témoignage de ce qu’elle sait faire de mieux, un peu comme si elle dressait un bilan de sa carrière. Il y a beaucoup de justesse, de feeling et de passion sur cet opus, quasiment inespéré après plus de cinquante ans de carrière, des PLEASURE SEEKERS à CRADLE avec lesquelles elle s’est définie jusqu’à sa carrière solo explosive, comme sa présence sur scène. Et on applaudit. Avec conviction. On applaudit une artiste qui reste fidèle à elle-même et qui est capable encore aujourd’hui de livrer un album aussi solide.

Note réelle : 4,5/5, à une pincée du chef d'oeuvre !

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- Suzi Quatro (chant, basse)
- Richard Tuckey (guitare)
- Tim Reyland (batterie)
- Jez Davies (claviers)


1. The Devil In Me
2. Hey Queenie
3. Betty Who ?
4. You Can't Dream It
5. My Heart And Soul
6. Get Outta Jail
7. Do Ya Dance
8. Isolation Blues
9. I Sold My Soul
10. Love's Gone Bad
11. In The Dark
12. Motor City Riders



             



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