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2019 No Control
 

- Style : The Amorettes, Heart, Lee Aaron, Montrose, The Runaways

Suzi QUATRO - No Control (2019)
Par DARK BEAGLE le 3 Juillet 2019          Consultée 1398 fois

Elle le prendrait certainement très mal si elle venait un jour à lire ces lignes, mais Suzi Quatro est un petit peu notre grand-mère à tous. Elle est présente depuis les années 60 dans le milieu de la musique et a commencé à sortir des disques sous son propre nom dès 1973. Elle a bien marqué les esprits, petit brin de femme rebelle en cuir, cachée derrière son immense basse, destinée à devenir fédératrice dans le petit monde du Hard Rock et à créer de nombreuses vocations chez toutes les jeunes filles en quête d’adrénaline et/ou revendicatives. À titre personnel, elle est l’un de mes premiers souvenirs musicaux avec "48 Crash", même si longtemps j’ai cru à tort qu’il s’agissait d’un morceau des RUNAWAYS. Aussi, savoir que cette grande dame du Rock sort un nouvel album est non seulement toujours un petit événement en soi, mais également une annonce qui, forcément, fait toujours très plaisir.

La pochette est très classique. Suzi, sa basse, un décor, un peu de cuir et, si ce n’étaient les rides qui marquent le visage de la musicienne, une espèce d’intemporalité qui donne directement l’impression de mettre les pieds en territoire connu. Ceux qui se sont déjà régalé avec des albums de la vétérane ou simplement sur l’un des innombrables best-of qui tentent de résumer au mieux sa carrière verront tout de suite que la jaquette est très convenue. Mais pourquoi changer de style graphique quand il correspond parfaitement à la personnalité électrique de Suzi Quatro ? Il ne reste qu’à poser le disque sur la platine et se préparer à s’en prendre plein les oreilles. Mais attention ! "No Control", ce n’est pas que du Hard Rock !

Cet album est le résultat d’un travail mère-fils. L’Angleterre, une basse et une guitare acoustique et voilà comment naissent onze morceaux, treize si l’on compte les deux bonus tracks que l’on trouve sur le pressage vinyle par exemple. La complicité avec son fils Richard (Tuckey, issu de son premier mariage) semble exploser à chaque instant tant les morceaux semblent déborder de feeling, suivant chacun leur propre voie sans empiéter sur le terrain du voisin. Il y a parfois des moments où cela peut sembler incongru, d’autres qui font littéralement baver de plaisir. Il y a de tout sur cet opus, du Hard, bien entendu, mais également du Blues, des intonations plus Jazzy et même des melting pots de différentes sonorités qui parviennent à tenir la route.

Commençons par ce qui nous intéresse le plus, les morceaux les plus rentre-dedans. Malheureusement, ils ne sont pas les plus nombreux, mais ils prouvent que Suzi n’a rien perdu de sa verve. Elle n’a peut-être plus la voix de ses vingt ans, mais elle sait encore envoyer la soudure. L’introductif "No Sound/No Control" est une excellente entrée en la matière, avec son riff tranchant et sa rythmique soutenue. C’est électrique, comme souvent avec Suzi, assez simple sans être simpliste : elle, ce qu’elle cherche, c’est l’efficacité. Il faut qu’un morceau puisse se retenir facilement et là, le pari est parfaitement réussi. "Macho Man" va, quant à lui, développer un aspect Heavy des plus appréciables, avec une Suzi bien vindicative derrière le micro. Une autre réussite.

Mais surtout, elle se montre bien plus versatile, sans que cela nuise à la qualité de l’album. Les quatre premiers morceaux, par exemple, proposent quatre facettes différentes de sa personnalité musicale. "Going Home", est plus Rock’N’Roll, plus mélodique également, "Strings" a plus d’emphase, propulsé par des cuivres que l’on n’attendait pas forcément, mais qui s’invitent à la danse sans que cela ne soit choquant le moins du monde. En revanche, "Love Isn’t Fair" peut s’avérer plus délicat à appréhender. Là, la rockeuse nous replonge dans le passé, avec une approche très ensoleillée et très festive, qui peut rappeler les BEACH BOYS dans leurs moments les plus party time, avec quelques notes donnent l’impression de flirter avec le Reggae également. Une fois que l’on s’y fait, le titre devient plutôt agréable à écouter et qui, finalement, est plutôt bien placé avec un "Macho Man" qui va remettre les pendules à l’heure.

Mais ce qui va être séduisant tout du long, c’est cette simplicité qui semble couler de source. Avec Suzi QUATRO (je parle d’elle en tant que « groupe » ici), la musique ne doit pas être prise de tête et c’est tant mieux. C’est bon d’avoir des artistes comme ça qui fonctionnent à l’instinct plus que par le calcul, qui n’ont pas besoin de proposer de morceaux à tiroirs ni de chercher à casser les rythmes et les structures systématiquement. Avec elle, c’est la formule classique, la plus éculée qui soit, mais celle qui fonctionne toujours le mieux. Et quand elle revient sur les fondamentaux comme sur "Easy Pickings" avec son piano et son harmonica qui laissent toutefois place à une tension électrique, c’est tout simplement remarquable.

Et aussi, ce qui est frappant avec ce disque, c’est qu’il n’y a pas de remplissage. Suzi nous propose onze morceaux, mais chacun possède sa personnalité et a quelque chose à nous dire ou mieux, à nous évoquer. Il n’y a pas de titres faibles, mais il n’y a pas non plus de chefs d’œuvre transcendants. Que des chansons qui vont pouvoir rivaliser sur scène avec les classiques intemporels de la rockeuse et qui seront également pour elle l’occasion de poser un peu le pied par moment, comme en atteste les deux derniers morceaux du disque, "I Can Teach You To Fly" et "Going Down Blues", eux aussi très réussis, avec des couleurs et des nuances différentes, sans qu’ils ne semblent de trop.

Pour son dix-septième album studio, Suzi ne s’est pas foutue de la gueule du monde et livre un travail soigné, agréable et pertinent. Cette grande dame du Rock ne trahit pas sa réputation et "No Control" ne sera peut-être pas l’un des albums de l’année, il sera très certainement oublié de bon nombre de référendums, mais il a le mérite d’être là et d’être solide, varié et agréable à l’écoute tout du long. Difficile de croire après se l’être passé qu’elle fêtera ses soixante-dix ans en 2020 tant ce disque déborde de vie, de feeling, d’assurance et d’une aura parfois très juvénile, comme si le temps n’avait aucun impact sur elle. Pour les amateurs de Rock, dans son sens le plus large.

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- Suzi Quatro (chant, basse)
- Tim Smith (guitare)
- Andy Dowding (batterie)
- Dick Hanson (trompette)
- Ray Beavis (saxophone)
- Toby Gucklhorn (trombonne)


1. No Sound/no Control
2. Going Home
3. Strings
4. Love Ain't Fair
5. Macho Man
6. Easy Pickings
7. Bass Line
8. Don't Do Me Wrong
9. Heavy Duty
10. I Can Teach You To Fly
11. Going Down Blues



             



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