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HARD ROCK  |  STUDIO

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1971 Rory Gallagher
  Deuce
1973 Blueprint
  Tattoo
1974 Irish Tour
1975 Against The Grain
1976 Calling Cards
1978 Photo Finish
1979 Top Priority
1980 Stage Struck
1982 Jinx
1987 Defender
1990 Fresh Evidence
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Rory GALLAGHER - Tattoo (1973)
Par DARK BEAGLE le 30 Janvier 2021          Consultée 863 fois

"Tattoo" est le quatrième album solo en studio pour Rory GALLAGHER, toujours accompagné par la fine équipe qui le secondait sur "Blueprint". Le guitariste irlandais aimait particulièrement jouer avec des musiciens fiables, aptes à le seconder et à mettre en valeur non pas un ego surdimensionné, mais les mélodies qu’il composait et qui prenaient une autre dimension sur scène. Les plus sceptiques peuvent se risquer sur n’importe quel Live du groupe, ils ne le regretteront pas. Mais pour l’heure – et avant d’enfoncer une porte ouverte avec le "Irish Tour ’74" – il est bon de se pencher un peu sur ce "Tattoo" qui nous intéresse ici car il représente un nouveau pic dans la carrière de Rory. Un de plus, serait-on tenté d’ajouter tant cette discographie, au final assez courte, est qualitative.

Sur "Blueprint", Gallagher accueillait au sein de son équipe Lou Martin, préposé aux claviers et capable de donner un coup de main à la guitare quand le besoin s’en faisait sentir. L’album était parfois un peu déséquilibré, Gallagher mettant les choses en place tout en assurant un travail de fou pour sortir le meilleur disque possible. Avec "Tattoo", la formule s’affine et offre une sélection de neuf morceaux impeccables et, surtout, variés. Le groupe ne se contente pas simplement de proposer un seul type de chanson qui sent l’hymne en puissance. Celui-ci, il est réservé pour l’ouverture avec cet étrangement sexuel "Tattoo’d Lady" au travers lequel se glissent quelques notes de piano qui viennent accompagner une guitare en feu.

Cette guitare, elle va se faire entendre de façon très électrique sur de nombreux passages. Gallagher durcit le ton de ses compositions, il leur offre également un grain de folie qu’il n’y avait pas forcément avant ; une chose est certaine, les musiciens prennent énormément de plaisir à jouer les morceaux qui forment cet album à la pochette pourtant très quelconque. Le visage de Rory en médaillon, capté sur scène pour l’énergie animale qu’il dégage, avec quelques dessins qui figurent des tatouages de marin autour, simples, loin de ce que l’on peut voir aujourd’hui. Dommage que cette jaquette soit au final si anecdotique par rapport à son contenu, un écrin un peu terne. Oui, les SCORPIONS auraient proposé plus libidineux. Mais GALLAGHER a une espèce d’élégance raffinée qui interdit toute dépravation sur les visuels.

Parce que si on fait l’erreur de s’arrêter sur cette pochette, de ne pas franchir cet obstacle insignifiant par paresse ou pour un autre prétexte, on passe à côté d’un superbe album qui tire sa force du Blues très électrique, pour ne pas dire organique, et qui ne stagne en aucun cas. Chaque morceau possède sa petite personnalité, aucun ne tend dans la direction des autres et pourtant tout se tient, tenu par ce fil rouge qui est la personnalité de Gallagher, tour à tour joyeuse ou plus mélancolique, mais qui ne laisse pas franchement indifférent. Si l’album précédent nous invitait à marcher sur des charbons ardents, celui-ci nous invite à nous y enfoncer et à nous y consumer.

La formation est en feu, bien qu’elle sorte d’une tournée et que "Blueprint" soit sorti un peu plus tôt dans l’année. La dynamique est bonne et cela s’entend. Difficile de ne pas se laisser embarquer dans cette furie Rock’N’Roll qu’est le bien nommé "Cradle Rock". Comment ne pas taper du pied face au groove contagieux de "Livin’ Like A Trucker" ? Ou ne pas partager la bonne humeur de Gallagher sur le plus léger "20:20 Vision" ? Que la guitare soit électrique ou acoustique, que Rory use de l’harmonica ou non, il se dégage un truc. "A Million Miles Away" est le morceau qui permet le mieux de mettre le doigt sur ce qui se dégage de ce "Tattoo" et qui finit par combler ceux qui s’attardent sur cette galette qui aurait pu finir en sélection si mes petits camarades ne m’avaient pas rappelé que l’objet a un peu plus de six mois.

Gallagher n’est pas vraiment un très bon chanteur. De nombreux artistes ont une voix mieux maîtrisée ou tout simplement plus agréable que la sienne. Mais il se laisse complètement porter par ses émotions et cela se retranscrit par un feeling monstrueux, qui va éclabousser toutes ses chansons, celles qu’il a déjà écrit et qui apparaîtront par la suite. Et "A Million Miles Away" est à ce titre somptueuse, une longue ballade où le clavier se fait volontiers un brin rétro et qui va conférer également une part non négligeable de charme à l’ensemble. Mais ce qui prédomine ici reste Rory et son toucher magique et juste, pas forcément le plus démonstratif, mais qui touche toujours là où ça fait le plus mal, en plein cœur.

C’est à se demander pourquoi "Tattoo" ne se termine pas dessus, la conclusion aurait juste été parfaite. Le plus triste est que "Admit It" n’est même pas une mauvaise composition, il s’agit même d’un bon Rock, bien solide, mais qui paraît tellement fade après cette décharge émotionnelle que l’on vient de se prendre et qui finira de nous achever quelques mois plus tard sur le monument qu’est le "Irish Tour ’74". Vous pensez que j’en fais un peu trop ? Peut-être. Il faut bien parfois laisser parler toute sa subjectivité la plus sotte et laisser l’objectivité de côté. Oui, c’est comme être fou amoureux.

Avec cette tournure légèrement plus Hard Rock que ses réalisations précédentes, Rory GALLAGHER livre un album à la fois frais et robuste, où encore une fois, outre une énergie communicative, transpire la passion de l’artiste pour le Blues et pour le Rock, sans oublier l’aspect Folk, toujours bien présent quoique de façon plus discrète. "Tattoo" n’est pas l’album de la maturité, cette dernière était là depuis bien longtemps, déjà à l’époque de TASTE. Ce n’est pas non plus le disque de la consécration même s’il a ouvert certaines portes du succès en Europe. Non, il s’agit simplement d’un excellent opus, exécuté avec passion par quatre musiciens pour qui tout sourit. Un classique un peu mésestimé du genre, qui mérite que l’on se penche dessus. Et pas qu’un peu.

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   DARK BEAGLE

 
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- Rory Gallagher (chant, guitare, mandoline, saxophone)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Rod De'ath (batterie)
- Lou Martin (claviers, guitare)


1. Tattoo'd Lady
2. Cradle Rock
3. 20:20 Vision
4. They Don't Make Them Like You Anymore
5. Livin' Like A Trucker
6. Sleep On A Clothes Line
7. Who's That Coming
8. A Million Miles Away
9. Admit It



             



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