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HEART - Private Audition (1982)
Par DARK BEAGLE le 4 Mai 2017          Consultée 601 fois

"Bébé Le Strange" montrait clairement que HEART commençait à marquer le pas, surpris par les musiques nouvelles, essayant de se raccrocher aux wagons pour rester dans la course, avec plus ou moins de réussite. Les sœurs Wilson prennent leur temps pour lui donner une suite ; "Private Audition" ne sortira que deux ans plus tard, en 1982 avec sa pochette qui fleure bon les années 80. Une jaquette à l’ambiance feutrée, qui ne donne que peu d’indices quant à une éventuelle direction musicale, cela pourrait aussi bien convenir à un disque de Jazz, de Blues ou de Pop. Comme d’habitude, la réponse réside dans la vérité des sillons du disque.

Et une chose est certaine : "Private Audition" commence de façon exceptionnelle avec "City’s Burning", le morceau le plus Heavy de HEART depuis… "Barracuda" en 1977 ! Une guitare acoustique vient imprimer une mélodie nerveuse, reprise par l’électrique ; Ann Wilson s’époumone sur cette chanson au refrain étourdissant tandis que le groupe derrière s’échine à livrer la prestation la plus dantesque possible. On retrouve ici le grand HEART, celui qui était capable de faire la différence avec une musique simple mais inspirée.

Puis il y a le reste et là… Comment dire ? On peut se demander comment HEART, qui a traversé les années 70 telle une comète, devenant à chaque nouvelle offrande plus populaire, a réussi à perdre toute identité musicale en l’espace de deux albums durant les années 80. Tout ce qui faisait le charme du groupe (et je ne parle pas des sœurs Wilson) a ici disparu, totalement. Le Folk qui adoucissait souvent les contours a définitivement disparu ici et avec lui, une bonne partie de ce qui faisait l’âme de la formation. Et ce par quoi cet élément a été remplacé peut légitimement faire grincer les dents des fans de la première heure.

Excepté deux ou trois titres, HEART s’écarte en effet du Hard Rock racé qui a également fait sa réputation pour se concentrer sur des chansons qui pourraient s’apparenter à la variété américaine de ces années-là et par des ballades manquant cruellement de passion. Prenons "Bright Light Girl" par exemple. Un morceau relativement passable qui aurait pu être joué par bon nombre de groupes ou d’artistes éloignés de l’étiquette Hard Rock. De la Pop, un produit calibré pour cartonner sur les ondes mais qui n’a pas de mordant et s’avère au final bien stérile.

Les ballades sont relativement nombreuses et là encore, elles ne brillent pas forcément par leur originalité ("Hey Darlin Darlin", encore une fois interchangeable avec pas mal de combos du moment). "Perfect Stranger" apparaît comme l’un des plus beaux ratages de cet album. Les couplets sont vraiment plaisants, on retrouve le HEART mélancolique et séduisant sur ces moments-là, puis les refrains, bateaux au possible, viennent casser quelque peu l’alchimie qui s’installait. On sauvera "One Word", plus intimiste, du naufrage collectif de cet album.

Naufrage collectif, oui, parce que les morceaux se rapprochant le plus du Hard Rock sont très loin d’être des réussites, excepté "City’s Burning" évoqué plus haut. "The Situation" se perd quelque part en chemin et on attend vainement qu’il revienne tandis que "Fast Times" se veut bien trop anecdotique pour réellement titiller la curiosité et pire ! l’intérêt de l’auditeur. Le changement de line-up pour l’album suivant n’est, de ce fait, guère étonnant.

Puis il y a "America", qui termine cet album pénible… sur une excellente impression ! On retrouve juste Ann Wilson avec un piano mélancolique, avant que les synthés ne débarquent pour ajouter à la dramatique du morceau, étrangement d’actualité. Ann Wilson livre une très belle prestation, au bord de la rupture, qui n’est pas sans rappeler le "It Is The World We Created?" de QUEEN sur "The Works". Une bien belle façon de clore un disque qui ne méritait certainement pas un tel final et qui ne le sauvera pas pour autant.

HEART est passé à côté de son sujet. Ce sont des choses qui arrivent, mais quand cela semble être fait de façon si consciente, avec en point de mire le S barré du tout puissant dollar, cela laisse un goût amer en bouche. Heureusement, les sœurs Wilson sauront rebondir et s’il leur faudra un peu de temps pour s’en remettre, elles parviendront encore à sortir des albums tout à fait recommandables, à l’inverse de ce "Private Audition" qui ne mérite pas qu’on lui porte autant d’attention…

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   DARK BEAGLE

 
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- Ann Wilson (chant, piano)
- Nancy Wilson (guitare, chant)
- Howard Leese (guitare, claviers)
- Steve Fossen (basse)
- Michael Derosier (batterie)


1. City's Burning
2. Bright Light Girl
3. Perfect Strangers
4. Private Audition
5. Angels
6. This Man Is Mine
7. The Situation
8. Hey Darlin Darin
9. One Word
10. Fast Times
11. America



             



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