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METAL GOTHIQUE  |  STUDIO

Lexique metal gothique
L' auteur
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1990 Angst
1992 Einsamkeit
1993 Satura
1995 1 Inferno
1997 Stille
1999 Elodia
2005 Lichtgestalt
2009 Sehnsucht
2015 Hoffnung
2017 Testimonium
 

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LACRIMOSA - Stille (1997)
Par DARK BEAGLE le 21 Mars 2017          Consultée 730 fois

La carrière de LACRIMOSA a pris un tour nouveau avec l’arrivée d'Anne Nurmi. Si cette dernière est finalement très discrète (un ou deux titres où elle chante en solo par album, des chœurs, des claviers), elle est une espèce de garde-fou pour Tilo Wolff, qui pouvait perdre l’auditeur avec sa musique. Anne est là pour dresser des barrières, pour lui dire quand il devient abscons, quand il a besoin de raccourcir telle partie pour ne pas perdre de puissance mélodique. "Inferno", le précédent opus, profitait de sa présence pour se détacher des productions précédentes et LACRIMOSA prenait un nouveau départ, se montrant plus agressif et plus conquérant. "Stille" (Silence) en est sa suite, logique et conceptuelle.

Nous quittons la ville présentée sur la jaquette du précédent album pour nous retrouver dans une salle de spectacle où notre Arlequin est en train de vivre le pire cauchemar de tout artiste : se produire face à une salle vide. La présence d’Elodia (au verso) joue-t-elle un rôle quant à cet état de fait ? Peut-être (et ça serait bien pour trouver un fil conducteur avec le disque suivant !). Mais il se dégage une impression navrante et mélancolique de cette pochette que l’on retrouve parfaitement dans la musique de LACRIMOSA.

Pour résumer, LACRIMOSA fait un Metal Gothique grandiloquent, qui ne se contente pas d’accumuler les clichés pour exacerber les sentiments. Tilo Wolff joue avec les tempos pour consolider ses idées, apporter diverses nuances allant du noir à des choses plus claires. L’album en lui-même ne respire pas la joie, mais il n’œuvre pas dans le défaitisme larmoyant non plus. Au contraire, il va toujours essayer de faire cohabiter différents éléments pour ne pas se retrouver face à des titres obscurs et trop lourds dans la négativité.

De ce point de vue, "Stille" est bien plus léger que "Inferno", il est moins ramassé sur lui-même, il respire plus. Pourtant, musicalement, cet album est bien plus difficile à appréhender que son grand frère. "Stille" est long. Très long. Il en deviendrait presque indigeste. D’ailleurs, "Die Strasse Der Zeit", pourtant magnifique avec ses mélodies subtiles ponctuées de chœurs du bel effet en fait les frais. Du haut de ses 14 minutes, elle est la pièce qu’il ne fallait pas mettre en clôture de ce disque.
Avant qu’arrive ce plat de trop, LACRIMOSA avait effectué un excellent travail, trouvant le moyen d’écarter du tracklisting un morceau exceptionnel, "Der Brennende Komet" pour l’inclure sur le maxi single de "Stolzes Herz". Certes, il ne convenait pas tout à fait aux couleurs de ce "Stille", mais quand même ! "Der Erste Tag" est une entrée en matière somptueuse. Un titre de dix minutes, grandiose de par ses arrangements et son interprétation, avec un Tilo Wolff qui semble souvent au bord de la rupture. On plonge dans ce disque directement par le grand bain, sans bouée, sans sauveteur ; l’immersion est totale.

Ensuite, l’album évolue à sa manière, chaque morceau ayant sa particularité, sa couleur, aucun ne ressemble à un autre. Si parfois il n’est pas toujours facile de suivre Tilo Wolff dans son délire ("Deine Nähe", moins réussie que "Der Erste Tag"), sa complexité sait aussi se montrer séduisante, comme pour "Stolzes Herz" qui joue littéralement avec l’auditeur, passant des chœurs héroïques à une rythmique Thrash sans que cela ne semble incongru ! Un tour de force pour ce qui est au final le morceau le plus enjoué de cet opus.

On retrouve Anne Nurmi au chant sur "Not Every Pain Hurts", îlot de lumière au milieu de ces mélodies désolées et douces-amères, ainsi que sur le plus explosif "Make It End" et son final fiévreux. Anne n’est pas une chanteuse qui pousse sa voix, elle ne cherche pas à sonner comme une chanteuse de Metal Symphonique lambda, même si LACRIMOSA tend assez logiquement vers ce style. Elle est plutôt fluette et son timbre léger correspond assez bien au spleen que la formation dégage. Aussi ses interventions ne sont pas sans intérêt. Ils ne sont pas une simple pause, une façon de boucher les trous. Ils participent pleinement à la construction de l’album, ils en sont une part non négligeable.

Avec "Stille", Tilo Wolff prouve que "Inferno" n’était pas qu’un coup de chance et qu’il fallait compter sur lui et LACRIMOSA dans le domaine du Metal Gothique. Son projet, qui devient de plus en plus un groupe, aux membres changeants certes, a gagné en maturité et en crédibilité. Avec le vent en poupe, il lui suffisait de garder le cap pour récolter les fruits mérités de son succès. Cela se traduira d’abord par un premier double album "Live" avant d’enfoncer définitivement le clou avec "Elodia", un opus qui aurait pourtant très bien pu sceller le destin de LACRIMOSA. Mais ça, c’est une autre histoire…

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- Tilo Wolff (chant, claviers, programmations)
- Anne Nurmi (claviers, chant)
- Sascha Gerbig (guitare)
- Gottfried Koch (guitare acoustique)
- Jay P. (basse)
- Ac (batterie)


1. Der Erste Tag
2. Not Every Pain Hurts
3. Siehst Du Mich In Licht ?
4. Deine Nähe
5. Stolzes Herz
6. Mein Zweites Herz
7. Make It End
8. Die Strasse Der Zeit



             



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