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METAL GOTHIQUE  |  LIVE

Lexique metal gothique
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1990 Angst
1992 Einsamkeit
1993 Satura
1995 1 Inferno
1997 Stille
1999 Elodia
2001 Fassade
2003 Echos
2005 1 Lichtgestalt
2009 1 Sehnsucht
2012 Revolution
2015 Hoffnung
2017 Testimonium
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2005 Lichtgestalten

SINGLES

1993 Alles Lüge
1994 Schakal
1996 Stolzes Herz
1999 Alleine Zu Zweit
2001 Der Morgen Danach
2002 Durch Nacht Und Flut
2009 I Lost My Star

ALBUMS LIVE

1998 Live
2007 Lichtjahre
2014 Live In Mexico City

COMPILATIONS

2019 Zeitreise

VHS/DVD/BLURAYS

2000 The Live History
2007 Lichtjahre
 

- Style : Lovelorn Dolls, Joy Division
- Membre : Running Wild, Holy Moses
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 Myspace (991)

LACRIMOSA - Live In Mexico City (2014)
Par DARK BEAGLE le 10 Novembre 2023          Consultée 340 fois

Tilo Wolff est très certainement mégalomane. De cette mégalomanie propre aux artistes qui finissent par ne plus avoir réellement de recul sur leur œuvre s’ils n’ont pas des garde-fous pour les rappeler à la réalité de temps en temps. Une mégalomanie que nous, à notre niveau, acceptons plus facilement que celle des hommes de pouvoir que le frein du peuple n’arrête plus. Cependant, du haut de sa tour d’ivoire, Wolff sait pertinemment que son statut, il ne le doit pas qu’à son art, mais surtout – avant tout (?) – à ses fans. Aussi a-t-il décidé de leur rendre hommage sur ce "Live In Mexico City" capté lors de la tournée de support à l’album "Revolution".

Il y a quelques années, quand j’étais encore jeune et fringant, j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Tilo Wolff pour un autre webzine, qui aura depuis été englouti par les flots. Il m’avait confié que le public d’Amérique Centrale et du Sud était tout simplement dément car passionné de chez passionné. C’était là-bas qu’il y avait le plus de ferveur, de celle qui galvanise un musicien sur scène. Quand je lui ai demandé pourquoi selon lui, il a hasardé que le fait que ce sont des pays de latins, LACRIMOSA fonctionnant très bien en Italie et en Espagne par exemple (quand, ajouta-t-il déconfit, la France reste très hermétique à son œuvre).

Aussi décida-t-il de remercier ces fans passionnés en enregistrant un album live à Mexico, sur une date. Ce double CD présente donc une date complète, captée le 13 avril 2013 durant la tournée mondiale en support de "Revolution" donc. Et là, pas question pour autant de mettre les petits plats dans les grands en amenant un orchestre symphonique avec soi (trop cher !) ou en axant la setlist que sur des « classiques » qui ont fait leur preuve avec le temps. Non, il y a un opus à défendre et Wolff ne va pas le sacrifier pour autant en assurant qu’un titre ou deux. Non, il va en piocher pas moins de huit sur les dix proposés sur "Revolution".

Et oui, la jaquette est un brin mégalomane. Elle tranche complètement avec la plupart des pochettes du groupe qui présentent habituellement un Arlequin monochrome aux pulsions romanesques et meurtrières. Là on a Tilo. Juste Tilo devant son public. Mais vous noterez qu’il fait la révérence, hein ! Bon, trêve de plaisanteries, j’ai une chronique à faire moi. Aujourd’hui, les années ont passé, marbrant mon front de rides et blanchissant mes cheveux, mais j’estime avoir eu le temps d’avoir le recul nécessaire pour apprécier l’œuvre du bonhomme (car oui, LACRIMOSA est avant tout son projet plus qu’un groupe) et j’ai bien envie de vous dire que ce "Live In Mexico City" est tout bonnement superbe.

Toujours plus sérieusement (on ne parle jamais assez de la mégalomanie d’un chroniqueur patenté), il y a quelque chose de fort qui se dégage de ce Live. Nous n’allons pas mentionner d’éventuels overdubs, il y en a certainement, peu d’enregistrements en public aussi propres en sont dépourvus. Mais le son est clean et permet d’apprécier les subtilités du Metal Gothique de LACRIMOSA qui prend une réelle tournure Heavy en concert. C’est un groupe de scène, qui défend chèrement sa peau chaque soir en durcissant le ton ; il ne s’agit pas de restituer le plus fidèlement possible les versions studio, souvent trop orchestrées, les samples ne donnant pas toujours le change face à la puissance des guitares.

Mais il y a surtout cette ambiance. Chaude, très chaude. LACRIMOSA arrive en terrain conquis, devant un public qui lui est entièrement dédié. Il donne de la voix, dévoile un enthousiasme pour la musique des Allemands (et de la Finlandaise) qui rendrait jaloux plus d’un combo. Il faut entendre les « noch einmal (1) » (« encore une fois » littéralement) pour le croire et les « gracias » lancés par Wolff avec un accent à couper au couteau pour se rendre compte qu’il y a un véritable échange. Oh, Tilo ne parle pas plus que cela, il annonce certains morceaux, il remercie, et surtout, il rappelle bien à la foule que sans elle LACRIMOSA ne serait pas là.

Son très correct, public en feu… Il y a déjà une très bonne base pour que nous, simple auditeur, passions un bon moment. Tout dépend de la setlist proposée. Et là, soit vous êtes là comme ça, sans connaître plus que ça et vous pouvez passer un excellent moment (ou pas, hein, exception culturelle française et tout et tout), soit vous connaissez le groupe et… Si vous aimez l’album "Revolution", il y a de quoi bien s’éclater. Si certains délires Indus de Wolff vous sidèrent dans le mauvais sens du terme, cela peut être pénible (aussi, vous êtes autorisé à arrêter là votre lecture. Les autres, la suite, c’est plus bas).

Évidemment, en axant son show sur l’album du moment, des impasses sont faites. À l’exception d’un "Alleine Zu Zweit" incontournable, "Elodia" n’est pas représenté alors qu’il est souvent considéré par les fans comme le grand classique de LACRIMOSA. Mais si la porte a été fermée aux "Kabinett Der Sinne", "Tränen Der Sehnsucht" et autres "Seele In Not", les indispensables sont là : "Ich Bin Der Brennende Komet", indissociable d’un Live du groupe, "Alles Lüge", seul morceau rescapé de la première époque, ou encore "Copycat", qui offre un final endiablé (et qui renvoie une fois de plus son penchant studio à l’état de brouillon mal dégrossi).

Il y a également quelques surprises, comme cet "Apart" qui semble venir de loin tant il est inattendu, ou encore ce medley entre "Liebesspiel" et le troisième mouvement de "Fassade", qui s’intègre bien à l’ensemble. Les nouveaux morceaux apportent des couleurs différentes. L’aspect Pop de "Irgendein Arsch Ist Immer Unterweg" prend des couleurs plus Heavy, "Verloren" et "Revolution" apportent des touches Indus qui tranchent avec le reste sans que cela ne dénature le show, "Feuerzug" est toujours aussi attachante avec son aspect cabaret bien sympathique. La force de LACRIMOSA réside dans cette capacité à toujours aller de l’avant ; sous la couverture d’un Metal Gothique romantique, Wolff a souvent cherché à voir plus loin, tenaillé entre les genres pour lesquels il voue une passion : le Classique, la Cold Wave, l’Electro et le Metal.

Anne Nurmi est toujours bien présente dans les chœurs – nous l’entendons très bien et elle livre toujours une prestation très correcte sur les morceaux où elle est lead singer (ce qui permet de constater que "If The World Stood Still A Day" passe très bien l’épreuve du live). En revanche, elle est surtout présente en lead au début du show et ne tient plus le micro sur le deuxième CD. Dommage, cela aurait pu apporter une pause, mais cela permet d’avoir une fin de concert qui monte crescendo pour exploser durant les rappels plutôt bien fournis (cinq morceaux, dont un "Stolzes Herz" interprété dans sa totalité, excusez du peu).

"Live In Mexico City", c’est plus de deux heures de musique avec un groupe qui donne tout pour son public et celui-ci le lui rend bien. Avec un rendu très Heavy, le groupe livre une solide prestation, et ce sans les coupures que l’on pouvait avoir sur "Lichtjahre" qui présentait un échantillonnage de plusieurs dates. Un Live sincère, qui présente une formation qui maitrise parfaitement son sujet et qui se laisse doucement emporter par la liesse. Ce n’est pas froid, ni impersonnel, au contraire. Le Metal Gothique de LACRIMOSA deviendrait chaleureux, il s’enflamme face à ce public bouillant. D’autant plus inestimable que la diffusion de ce disque s’est quasiment faite sans promotion.

Note réelle : 4,5/5.

(1) Ou alors, pour être sournois, nous pouvons en conclure que tous les SS n’ont pas fui en Uruguay comme le prétendait Serge Gainsbourg.

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   DARK BEAGLE

 
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- Tilo Wolff (chant, claviers, guitare)
- Anne Nurmi (claviers, chant)
- Jp Genkel (guitare)
- Henrik Flyman (guitare)
- Yenz Leonhardt (basse)
- Julien Schmidt (batterie)


1. Lacrimosa Theme
2. Ich Bin Der Brennende Komet
3. Welcome To The Show
4. Schakal
5. Alleine Zu Zweit
6. Alles Lüge
7. Not Every Pain Hurts
8. Verloren
9. Ohne Dich Ist Alles Nichts
10. Weil Du Hilfe Brauchst
11. Apart
12. If The World Stood Still A Day

1. Feuerzug I & Ii
2. Der Morgen Danach
3. Irgendein Arsch Ist Immer Unterweg
4. Liebesspiel/fassade Iii
5. Rote Sinfonie
6. Revolution
7. Durch Nacht Und Flut
8. Stolzes Herz
9. Feuer
10. Lichtgestalt
11. Copycat



             



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