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UFO - Ufo 1 (1970)
Par DARK BEAGLE le 16 Juillet 2016          Consultée 927 fois

Pour beaucoup, la carrière de UFO débute avec "Phenomenon". Tacitement, c’est plus ou moins le cas tant les deux premiers albums et l’enregistrement live au Japon seront passés inaperçus ! L’arrivée du blond guitariste Michael Schenker aura contribué à l’émergence du groupe, mais que ce fut laborieux ! Et des deux opus d’origine ? Il n’en reste aujourd’hui pas grand-chose, comme si le groupe lui-même avait décidé de les rayer de leur mémoire, sans la moindre vergogne.

Il faut dire qu’à l’origine, UFO était assez quelconque, même si les musiciens puisaient dans divers registres. Le jeune Phil Mogg fréquentait les milieux undergrounds londonien et captait les grandes tendances et les reproduisait pour son propre groupe, peut-être sans s’en rendre vraiment compte. Ce premier album se teinte donc de diverses nuances, du psychédélisme exacerbé au Hard Rock, en passant par le Blues – noir et blanc, pas de distinction de couleur.

La basse de Pete Way est omniprésente, elle ronfle, elle s’impose, parfois au détriment de la guitare de Mick Bolton qui semble s’effacer devant la prestance du bassiste (et de sa façon de distribuer des gnons également). En écoutant le jeu de Way, il n’est pas étonnant qu’il soit une référence pour Steve Harris, il est puissant, lourd, omniprésent et elle offre avec la batterie de Andy Parker l’une des sections rythmiques parmi les plus sous-estimées. Même si ici Parker ne montre pas tout ce dont il est capable, sa frappe de mule a déjà de quoi laisser rêveur (l’intro de "C’Mon Everybody" !).

Phil Mogg montre déjà de belles capacités vocales. Sa voix reste encore juvénile, mal dégrossie et si elle arrive à véhiculer une certaine émotion ("(Come Away) Melinda"), elle manque parfois un peu de puissance et le chanteur lui-même n’apporte pas le mordant dont il se montrera capable par la suite.

Le disque en lui-même est très déséquilibré. Les valeurs individuelles ne suffisent pas toujours à créer de bonnes chansons et souvent UFO ne parvient qu’à éveiller un intérêt poli de la part des auditeurs. L’ensemble manque un peu de cohérence, on saute du coq à l’âne assez facilement, l’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous, comme en témoigne "Follow You Home" dont le riff ressemble à s’y méprendre à celui du "You Really Got Me" des KINKS.

Pourtant, UFO parvient aussi à se sublimer par moments, offrant alors des titres accrocheurs, à l’instar de "Boogie", qui porte bien son nom, dans la lignée de ce que peut proposer STATUS QUO, mais en plus Heavy ici. Il y a aussi le "C’Mon Everybody" du regretté Eddie COCHRAN, endiablé au possible, qui servira souvent à ouvrir les concerts de UFO dans leurs jeunes années, ou le "(Come Away) Melinda", reprise la même année par URIAH HEEP, où Mogg livre une prestation très touchante (même si je préfère la version du Heep).

Ces trois morceaux sont les perles perdues au milieu des billes qui composent ce premier album. On sauvera aussi "Timothy", qui repose sur une rythmique simple, mais efficace, avec cette basse omniprésente. En revanche, leur version du "Who Do You Love" de Bo DIDDLEY ne restera pas dans les mémoires, trop longue, trop fastidieuse.

Le problème principal que rencontre le groupe est qu’il ne sait pas canaliser les idées. Qu’ils n’en exploitent pas assez et que l’ouvrage laisse un goût d’inachevé. L’un des meilleurs exemples reste "Treacle People", ennuyeuse jusqu’à ce que Mick Bolton ne vienne s’imposer à la guitare, brisant le côté spatial de ce titre ne conduisant à rien au final.

Pour son premier album, UFO ne brille pas vraiment et ne parviendra pas à se démarquer d’une concurrence féroce. L’effort suivant aura la particularité de faire nettement moins bien, bouffi d’orgueil et d’opportunisme mal placé. Sans être complètement mauvais, ce galop d’essai ne passera pas à la postérité. Il n’est donc pas incongru qu’il soit oublié aujourd’hui et qu’il n’intéresse que les fans purs et durs de UFO. Mais en reste-t-il ?

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- Phil Mogg (chant)
- Mick Bolton (guitare)
- Pete Way (basse)
- Andy Parker (batterie)


1. Unidentified Flying Object
2. Boogie
3. C'mon Everybody
4. Shake It About
5. (come Away) Melinda
6. Timothy
7. Follow You Home
8. Treacle People
9. Who Do You Love
10. Evil



             



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