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UFO - The Wild, The Willing And The Innocent (1981)
Par DARK BEAGLE le 5 Décembre 2016          Consultée 881 fois

"No Place To Run" était un album particulier pour plusieurs raisons. Déjà, il était le premier avec le guitariste Paul « Tonka » Chapman, en lieu et place de Michael Schenker. Ensuite, il a été produit par George Martin, pas celui du Trône de Fer, mais celui qui a aidé les Beatles à avoir leur son. Et si les talents de ce producteur ne sont pas à mettre en doute, il n’était clairement pas adapté à UFO : "No Place To Run" sonne de façon étrange, un peu molle et les morceaux ne connaîtront une réelle éclosion que sur scène, où l’OVNI sait faire parler la poudre. Pour éviter de sortir un autre disque avec un son qui ne leur convenait pas entièrement, les musiciens ont donc décidé de s’auto-produire pour "The Wild, The Willing And The Innocent".

Avant toute chose, UFO accueille en son sein un nouveau membre en la personne de Neil Carter, capable d’assurer la guitare, les claviers et… du saxophone, ce qui n’est pas au goût de Pete Way, mais ça, c’est (encore) une autre histoire. Hé oui, UFO est une succession de petites anecdotes qui ne manquent pas de croustillant, mais dont on s’en fout au final. Sur "The Wild, The Willing And The Innocent", son apport créatif sera assez minime, la plupart des morceaux étant quasiment tous écrits à son arrivée. "Mechanix" portera nettement plus son empreinte (oui, oui, on revient sur le sujet principal !).

La pochette pique un peu les yeux, même si elle transpire le sado-masochisme bon enfant (autant que marquer quelqu’un au fer rouge puisse être bon enfant). Mais on ne va pas philosopher sur les jaquettes de UFO, cela mériterait un bouquin pour ce seul sujet. L’important, c’est la musique et là, on a quand même droit à une belle surprise. Le groupe va durcir le ton et faire une véritable cure de jouvence en cette époque où la NWOBHM battait son plein.

Bien sûr, UFO ne va pas sonner comme IRON MAIDEN ou ANGEL WITCH, mais il va retrouver du mordant et les crocs sont loin d’être ébréchés. Les Britanniques se font plus Heavy, ils musclent leur jeu et Phil Mogg s’adapte à la situation et vient livrer une prestation plus sobre, avec moins d’envolées. Ce n’est pas un mal pour ce que la formation essaye de faire. Prenons "Long Gone" par exemple. Le morceau est brut de décoffrage, un véritable brûlot qui surprendra les fans, déjà que "Chains Chains" remettait les pendules à l’heure en introduction. "Long Gone" jouit d’une bonne entente des musiciens. La section rythmique groove férocement, la guitare est incisive, le clavier s’immisce très bien dans l’ensemble pour atténuer le propos. Et Phil Mogg s’illustre avec une prestation rageuse, mais nuancée. Une nuance que l’on retrouvera souvent sur ce disque.

UFO va tout de même s’autoriser une ballade, "Profession Of Violence" (!), idéalement placée en fin d’album, sans que cela ne fasse retomber le soufflé. On se retrouve subitement avec du calme, où l’on retrouve le UFO plus sentimental, sans atteindre la force émotive d’un "Love To Love" ou d’un "Try Me", mais l’effort est louable. Sur le reste de l’album, le groupe reste sur sa ligne directrice, en proposant des titres plus couillus, mais qui ne sacrifient pas la mélodie sur l’autel de l’efficacité. "It’s Killing Me" allie très bien la force et la douceur, avec encore une fois une très bonne prestation de Mogg, qui, plus que jamais, s’impose comme un grand frontman, alors que "Lonely Heart" se verra agrémenté d’un saxo entêtant.

Les moments faibles ne sont pas très nombreux ; "The Wild, The Willing And The Innocent" est peut-être un des albums de UFO parmi les plus équilibrés, voire le plus équilibré de tous. Le groupe ne s’égare pas, il respecte son cahier des charges de bien belle façon. Le seul problème, c’est qu’une fois "Long Gone" passé, on ne retrouve plus de titres aussi forts, aussi puissants, ni aussi mémorables. Et c’est dommage parce qu’il n’y a rien de mauvais là-dedans. Encore une fois, UFO n’arrive pas au bout de son sujet, il ne lui manque toujours pas grand-chose pour pondre un véritable classique, faute de réels titres forts qui feraient la différence.

"The Wild, The Willing And The Innocent" est peut-être bien le meilleur album avec Chapman à la six-corde. Le plus brut. Le moins raffiné aussi, mais est-ce vraiment un mal ? A une époque où les jeunes loups de la NWOBHM commençaient à dicter leur loi, UFO prouvait que l’on devait toujours compter sur lui tout en assumant pleinement son statut d’influence pour certains d’entre eux (demandez à Steve Harris ce qu’il pense de "Lights Out" par exemple). Un album à ne pas négliger donc, même s’il ne figure pas parmi les plus connus du groupe.

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- Phil Mogg (chant)
- Paul Chapman (guitare)
- Neil Carter (guitare, claviers et saxophone)
- Pete Way (basse)
- Andy Parker (batterie)


1. Chains Chains
2. Long Gone
3. The Wild, The Willing And The Innocent
4. It's Killing Me
5. Makin' Moves
6. Lonely Heart
7. Couldn't Get It Right
8. Profession Of Violence



             



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