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HARD ROCK  |  STUDIO

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UFO - Misdemeanor (1985)
Par DARK BEAGLE le 24 Juin 2017          Consultée 830 fois

UFO avait donc splité, de façon assez misérable, durant la tournée de soutien à "Making Contact". Chacun était parti dans son coin, en espérant oublier au plus vite ce désastre. Pourtant, Phil Mogg, exilé en Californie, va remettre une formation sur les rails, après avoir pris contact avec le guitariste américano-japonais Atomik Tommy M (désolé, ça ne s’invente pas un pseudo comme ça. À côté, Tempest, ça tient furieusement du génie). Le bassiste Paul Gray suivra. À partir de là, de nombreux fantasmes peuvent se réaliser, mais des membres d’origine, il n’y aura que l’éternel Phil Mogg, les Way et Parker n’ayant pas souhaité rempiler pour des galères possibles à prévoir ou pour tenir un rythme qui aurait encore une fois raison des musiciens.

Pourtant, il y en a un qui va revenir. Inutile de fantasmer, ce n’est pas le Schenk’. En revanche, Paul Raymond, qui a connu l’âge d’or de la formation (grosso modo de "Lights Out" au Live "Strangers In The Night") est de retour pour tenir les claviers ! Et rien que pour voir ce vétéran avec du maquillage dans le livret, ça vaut le détour ! Mais bon, pour redevenir sérieux un instant, il vaut mieux rire de ce "Misdemeanor" que de pleurer devant cette reconstruction bancale d’un groupe mythique. Parce que musicalement, hormis la voix, difficile de reconnaître le Hard Rock élégant des Britanniques qui pour le coup, s’internationalisent pas mal.

Bon, UFO, c’est l’archétype du groupe qui a toujours su rater le coche. Quelque part, c’est un art, d’arriver toujours à planter un ou deux titres par album pour ne pas pondre le chef d’œuvre qui les aurait propulsé au Panthéon du Metal. Tous les ingrédients étaient réunis pour connaître une carrière fantastique. La formation développait une élégance rare mêlée à un Hard Rock classieux qui glissait parfois vers des formes un peu plus Heavy. Même "Making Contact", qui se voulait plus abordable, avait quelques touches de charme so british indéniables. "Misdemeanor" va aller un peu plus loin, voire franchir quelques paliers.

Une chose que l’on ne peut pas reprocher à ce disque, c’est d’évoluer pile poil dans son époque. Écoutez-le et attendez-vous à vous prendre un coup de vieux tant l’ensemble sonne désuet. Concentrez-vous sur la batterie ne serait-ce que trente secondes et vous comprendrez : minimaliste, clinquante, parfaitement synthétique à l’oreille. On est loin de la frappe d'Andy Parker, qui pour le coup nous manque vraiment. Bref, la rythmique ne va apporter aucune puissance et le résultat n’en est que plus tragiquement mou.

UFO devient cruellement lisse. Tout aussi Atomik qu’il se prétend, notre Tommy M est plutôt du genre bombe à retardement. "Heavens Gate" et "Wreckless" vont nous péter à la gueule, là, oui, pas de problème, avec des soli furieux et des riffs plus appuyés. Le souci ? Ce sont les derniers titres de la galette. Ben merde alors… UFO est devenu méconnaissable à vouloir coller à son époque. Bien sûr, on ne peut pas leur en vouloir d’essayer de survivre en s’adaptant, mais comme de bien souvent, cela se traduit par la perte des fondamentaux, du son, de la hargne. Et dans le cas de cet ovni, de son élégance, ce qui est certainement le plus préjudiciable.

Parce qu’ici, UFO ressemble un peu à une pute sur le retour, fardé et maquillé à la truelle, avec un soutien-gorge rembourré et serré pour cacher la misère d’une poitrine qui connaît de façon effroyable les lois de l’attraction terrestre. Le genre qui veut bien vous faire une pipe vite fait dans une ruelle sordide pour dix euros. C’est très moche dit comme ça, mais hélas il y a un peu de ça ici. Il y a des paillettes partout, des mélodies faciles, des titres qui poussent doucement vers un Hard Rock qui n’a aucune chance de sortir du lot à cette époque tellement il se fond dans le paysage musical. Pire, même les ballades ont des mélodies un brin médiocres ("The Only Ones"). Ajoutez à cela un côté fleur bleue pour plaire au plus grand nombre et on obtient une rondelle kitsch au possible.

Et le pire, c’est que sur ces nappes de clavier et ces riffs pas très inspirés qui font sonner UFO comme un groupe américain essayant de singer ses idoles, il y a une voix. Celle de Phil Mogg et il en a encore sous la semelle le salaud ! Il parvient à sauver certains morceaux du marasme le plus total (sa prestation fait oublier le côté insipide de l’instrumental de "The Only Ones"). Autant il marquait le pas sur "Making Contact", autant on retrouve le Mogg capable, impérial, qui a fait la renommée de UFO durant une décennie et demie. Mais voilà, il a beau très bien chanter, cela ne suffit pas toujours pour sauver la mise, encore moins la face sur certains refrains aux chœurs téléphonés.

Cela ne sert pas à grand-chose de chercher des excuses, des circonstances atténuantes à UFO pour minimiser la débâcle que représente "Misdemeanor". L’album n’a pas grand-chose pour lui et ne restera pas dans les annales. Avec son line-up très bâtard, le groupe ne parvient pas à se dégager une personnalité, une crédibilité. D’ailleurs, on parlait de Paul Raymond au début de la chronique. Ce dernier ne fera pas long feu, il quittera la formation peu de temps après la sortie de cet album. Toujours les mêmes problèmes, toujours les mêmes fautes, les mêmes erreurs. Et ça aussi ça a participé au fait que UFO n’ait jamais explosé. Au final, "Misdemeanor" n’est qu’une caricature abjecte de la carrière d’un groupe qui en méritait une autre…

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- Phil Mogg (chant)
- Atomik Tommy M (guitare)
- Paul Gray (basse)
- Paul Raymond (claviers et guitare)
- Jim Simpson (batterie)


1. This Time
2. One Heart
3. Night Run
4. The Only Ones
5. Meanstreets
6. Name Of Love
7. Blue
8. Dream The Dream
9. Heavens Gate
10. Wreckless



             



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