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1969 On Time
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  Grand Funk
1970 Closer To Home
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1971 Survival
1975 Caught In The Act
 

- Style : Cream, Greta Van Fleet, Led Zeppelin, Mountain

GRAND FUNK RAILROAD - Grand Funk (1969)
Par DARK BEAGLE le 15 Août 2019          Consultée 639 fois

De nos jours, un groupe met en moyenne deux ans pour sortir un nouvel album et encore, il s’agit là d’une estimation basse. Il faut plutôt compter trois ans et, à ce rythme, avoir le bonheur d’écouter un nouveau disque de ses groupes fétiches reviendrait à passer une olympiade à l’attendre, sans être certain de la qualité à l’arrivée. Entre janvier 1969 et décembre 1971, GRAND FUNK RAILROAD aura pondu cinq opus studio et un Live. Autre temps, autre mœurs, mais il n’y a pas que cela. Même dans sa période la plus faste BLACK SABBATH n’aura pas été aussi productif. Après, tout n’est pas irréprochable et certains essais sont mêmes bien discutables. Mais cette surproductivité est surtout due à leur producteur-manager, Terry Knight.

Terry Knight s’était essayé à la musique dans les années 60 sans gros succès et il a appris le métier de producteur en Angleterre, à l’époque où les BEATLES enregistraient le "Double Blanc". C’est lui qui va motiver le power trio (rarement terme n’aura été si peu galvaudé concernant un groupe !) à enchaîner les albums et les tournées, à un rythme inhumain et clairement usant pour les organismes. Cela a porté ses fruits, puisque GRAND FUNK RAILROAD aura vendu des millions de disques aux États-Unis, avec comme revers de la médaille d’être finalement assez peu connu ailleurs, du moins pas à cette époque. Pour en revenir à cet album, "Grand Funk", plus souvent mentionné comme étant le "Red Album", il sort quatre mois après "On Time", le premier essai du combo américain.

Le groupe va reprendre là où il s’était arrêté. D’ailleurs, il sera toujours connu pour ne pas avoir une grande marge d’évolution. Il faut dire que le GRAND FUNK, c’était avant tout de la puissance. Sur scène, c’était indéniable, le trio jouait vite et fort. En studio, c’est moins facile à juger de nos jours, après des années à écouter plein de choses différentes, aussi il faut remettre l’époque en perspective. Nous sommes en 1969 et le monde de la musique Rock connaissait de grandes évolutions, le son se durcissait et GRAND FUNK RAILROAD apparaissait comme une réponse crédible à LED ZEPPELIN. Crédible, mais également plus directe, moins construite et peut-être plus bancale par moments.

Mais il ne faut pas croire que GRAND FUNK se contente de brancher les amplis et de balancer la sauce comme si demain ne devait pas exister.
… Enfin, si, quelque part il y a de ça, mais pas que.
En fait, la formation est souvent résumée à sa puissance, sa force de frappe et le reste est quelque peu occulté. Bien sûr, GRAND FUNK RAILROAD est bourré de défauts, à commencer par un guitariste qui a souvent tendance à en faire un peu trop, ce qui donne parfois aux morceaux des airs de jams improvisées tant ils s’étirent, parfois jusqu’à la nausée. Mais il ne faut pas nier ses qualités pour autant, parce que le trio en a.

Les riffs sont souvent agressifs, mais ils proposent également des mélodies simples, qui se retiennent facilement. La musique est rarement complexe, il y a quelques cassures dans le rythme qui permettent aux morceaux d’avoir du répondant, d’éviter d’être trop linéaires. Mais surtout, on distingue parfaitement quelles sont les racines du groupe et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont très roots. Nous distinguons les influences bluesy dès les premiers morceaux ("Please Don’t Worry" est à ce titre très représentatif de l’approche du GRAND FUNK), mais la basse dégage un groove très Soul, qui se marie très bien à l’ensemble. Cela produit un Rock’N’Roll très dynamique, ponctué par la frappe de bœuf de Don Brewer.

La première face de l’album va ainsi jouer sur l’efficacité : les morceaux sont courts, volontiers abrasifs ("Got This Thing On The Move", "Mr Limousine Driver"), mais toujours dotés de plans mélodiques qui font que le groupe ne se montre pas trop bourrin. Il développe une subtilité qui lui est propre : ça joue fort, ce n’est pas très technique ni toujours très inspiré, mais ce n’est en aucun cas bruitiste. Mark Farner est loin par exemple d’aller aussi loin que ce que fera Ritchie Blackmore quelques mois plus tard sur "In Rock". Et pourtant, il ne rate aucune occasion de se faire entendre, comme va le prouver la face B.

"In Need", qui terminait la première moitié de l’album, montrait déjà dans quoi allait nous entraîner GRAND FUNK RAILROAD. Imaginez un groupe, qui ne pratique pas le Doom (je précise à toute fin utile) qui arrive à étirer une chanson format single en une longue piste de près de huit minutes et vous obtiendrez la bande à Mark Farner. Ce dernier à la manie d’étirer ses riffs au maximum, mais sans les laisser mourir, disons plutôt qu’il va trouver le moyen d’enchaîner, au point où l’ensemble sonne un brin anarchique par moments. Et la seconde partie de l’album, c’est tout à fait ça. Le GRAND FUNK va balancer trois gros morceaux qui échappent à toute logique.

Et là, l’expression de « bordel sonore » prend tout son sens. Parce que le groupe continue à tabasser à l’image de Brewer qui martyrise ses fûts comme un sourd. À ce petit jeu, "Paranoid" est un titre qui part un peu dans tous les sens, dont la logique peut paraître confuse aux premières écoutes, sans que ça n’évolue de façon clairement plus positive par la suite. Si la démarche du groupe s’entrevoie à travers cet essai, le résultat n’est pas encore concluant. En revanche, "Inside Looking Out", originellement interprété par The ANIMALS, devient franchement irrésistible, malgré son côté gentiment bruitiste. Inutile d’être cinq pour faire un boucan d’enfer, GRAND FUNK y arrive très bien sous sa forme de trio, avec cette reprise qui va devenir un moment essentiel de leurs concerts.

Au final, nous tenons là un disque qui se veut très explosif pour son époque, où les musiciens usent et abusent de leur énergie pour contrecarrer certaines carences d’écriture. Et c’est aussi bien ce qui plaît que ce qui déplaît avec cette formation frontale, très « in your face ». Les gars du GRAND FUNK n’étaient peut-être pas les types les plus techniques et les plus justes qui soient mais écouter un de leurs disques, ce "Red Album" en particulier, c’est la certitude de s’en prendre plein la tête, sans la moindre concession de leur part. Complètement primal et primaire, "Grand Funk" est un opus en définitive très recommandable de ce combo qui mérite tout de même mieux que son espèce de statut bâtard, entre groupe culte, décrié ou adulé.

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   DARK BEAGLE

 
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- Mark Farner (chant, guitare, harmonica, piano)
- Mel Schacher (basse)
- Don Brewer (batterie, chant)


1. Got This Thing On The Move
2. Please Don't Worry
3. High Falootin' Woman
4. Mr. Limousine Driver
5. In Need
6. Winter And My Soul
7. Paranoid
8. Inside Looking Out



             



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