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1971 Survival
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- Style : Cream, Greta Van Fleet, Led Zeppelin, Mountain

GRAND FUNK RAILROAD - E Pluribus Funk (1971)
Par DARK BEAGLE le 7 Octobre 2021          Consultée 569 fois

Le cadavre de "Survival" n’était pas encore froid que déjà GRAND FUNK RAILROAD remettait le couvert avec "E Pluribus Funk", son cinquième album studio. Aujourd’hui, la pochette fait penser que la bande à Mark Farner est revenue à quelque chose de moins barré que pour la précédente, qui présentait le groupe vêtu de peaux de bêtes, une espèce de pré-MANOWAR néanderthalien dont la sauvagerie affichée ne correspondait pas à la musique proposée. Mais il convient de rappeler qu’à l’origine, ce disque se présentait dans un boîtier de la forme d’une pièce de monnaie, aujourd’hui simplement prise en photo pour les besoins de la jaquette. Le titre détourne une devise des USA, E Pluribus Unum et si l’année indiquée sur la pièce est 1972, l’album lui date bien de 1971.

"E Pluribus Funk" semble faire abstraction de ce qui a été pensé et fait sur "Survival", nous nous retrouvons donc face à un opus plus rentre-dedans, plus dans la lignée de ce que le groupe proposait à ses débuts, à savoir un Hard Rock très primaire, parfois gentiment bourrin, mâtiné de gros sons américains. GRAND FUNK RAILROAD vient de Détroit (ok, Flint, mais à l’échelle des USA, c’est à côté !) et les productions de la Motown ont leur influence sur le jeu de basse de Mel Schacher, bien présent et parfois funky, comme l’indique le nom de la formation et qui ne l'a jamais aussi bien porté. GRAND FUNK RAILROAD possède un groove bien à lui, différent de ce que proposera un groupe britannique par exemple.

L’opus démarre sur un "Footstompin’ Music", un des classiques du groupe, qui part au quart de tour et qui résume très bien l’envie retrouvée des musiciens (et accessoirement, d’un producteur qui a décidé de faire machine arrière après le son qu’il avait concocté sur "Survival"). La basse est très présente, la guitare de Farner est grasse, lourde, la batterie imposante. C’est une vision très claire et très simple de ce qu’est GRAND FUNK RAILROAD, légèrement bas du front, qui balance le gros son comme si sa vie en dépendait et qui parvient malgré tout à donner envie de taper du pied en rythme et s’éclater avec Don Brewer & co. Et pourtant, dans sa version studio, ce morceau ne vieillit pas forcément très bien !

Tout ne ressemble pas à cela et heureusement d’ailleurs. Le GRAND FUNK se montre bien plus versatile, sans pour autant omettre son efficacité. Deux des meilleurs exemples, bien que diamétralement opposés, sont l’engagé "People, Let’s Stop The War" et le plus délicat "Loneliness". La première citée se teinte des couleurs de la Motown, avec des accents très funky et des chœurs simples mais bien présents. Le discours est certes simpliste, mais c’était ce qu’il fallait alors à cette époque où l’Amérique était embourbée au Vietnam. La seconde voit l’intervention d’un orchestre à cordes dans l’univers Rock du FUNK et le résultat se veut plutôt convaincant, cela ne fait pas trop artificiel, les deux univers se marient relativement bien.

Le souci majeur de cet album est une volonté affichée de coller absolument à tout ce qui se faisait à cette époque. Peut-être est-ce encore une manigance de Terry Knight, producteur/manager parfois peu scrupuleux, ou alors c’est une envie du groupe, il n’empêche que "E Pluribus Funk" est incroyablement daté. Un véritable témoin du début des années 70. Il y a des albums de l’époque qui vivent mieux les outrages du temps, celui-ci pourrait servir d’élément d’évaluation et de datation d’une ère musicale tellement il regorge de gimmicks et autres aspects des productions américaines qui lui était contemporaines.

Aussi, entendons-nous souvent un orgue qui sonne de façon trop classique (paradoxalement, "Footstompin’ Music" est construit dessus et éclot comme une fleur quand Farner reprend la mélodie à la guitare, où elle devient bien plus pertinente), des sons que l’on associe forcément aux années 70, à la scène Soul/Funk principalement, comme ces interventions de basse typiques. Et étrangement, ce qui fait que l’on va apprécier l’album dans sa globalité va également nous inciter à ne pas trop le ressortir et qu’il devait déjà sonner daté quelques années après sa sortie tellement il semble représenter un moment M, un instantané d’une époque où la musique évoluait rapidement, quand les héros du début de la décennie étaient déjà considérés comme des dinosaures quelques années plus tard.

Mais GRAND FUNK RAILROAD est avant tout un groupe de scène et c’est en concert que l’album va dévoiler toute son épaisseur, sans artifices, juste avec la sincérité de musiciens qui pouvaient complètement se lâcher. cependant la formation de Flint avait besoin de pouvoir évoluer comme bon lui semblait et Knight était un frein dans son management qui virait parfois au control freak. Et la bande à Farner va finir par se défaire de son producteur, jugeant avoir été lésée au niveau des royalties. Une séparation qui ne se fera pas sans heurts puisque l’histoire se terminera devant les tribunaux et que les musiciens y laisseront quelques plumes. Mais pour eux, musicalement, les choses allaient changer.

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   DARK BEAGLE

 
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- Mark Farner (chant, guitare, claviers, harmonica)
- Mel Schacher (basse)
- Don Brewer (batterie, chant)


1. Footstompin' Music
2. People, Let's Stop The War
3. Upsetter
4. I Come Tumblin'
5. Save The Land
6. No Lies
7. Loneliness



             



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