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ULVER - Perdition City (2001)
Par POSSOPO le 10 Avril 2004          Consultée 12203 fois

Le petit monde du black metal s’est depuis quelques années déjà scindé en plusieurs chapelles. A la grande foire locale d’OSLO, il y a d’abord les stands des purs et durs, riches de pentagrammes et tenus par des vrais méchants qui ne vénèrent que leurs idoles du passé CETIC FROST et BATHORY. Ces énergumènes portent ce fameux maquillage cadavérique depuis le berceau et ne semblent jamais utiliser de demak’up. La deuxième espèce consiste en ces jeunes gens fascinés par les claviers pompeux et dont les compositions dégoulinent souvent d’arrangements à la mords-moi le nœud, tu m’excites la bistouquette. Dans le grand magasin des horreurs se retrouvent également ceux qui sont tombés dans une marmite d’industriel. Ceux-ci, dont le légendaire MAYHEM est certainement le représentant le plus connu, ont versé sur leurs albums un flacon d’azote liquide étiqueté SKINNY PUPPY. Plus loin dans les rayons s’offrent à votre regard les malades, les psychotiques au look absurde qui dénichent dans les sacs jazz, heavy, pop et electro les épices les plus exotiques et les mélangent afin d’inventer une nouvelle sauce plus ou moins ragoûtante. Arrive ensuite la cahute des vikings, au présentoir fourni en haches de guerre en plastique spécial grandeur nature, en dictionnaires islandais-runique et en pendentifs aux entrelacs incohérents. Et enfin, il y a ULVER. Enfin, il y avait. Car celui qui a visité tous les étals vient de quitter le salon d’exposition pour se diriger vers…en fait, nul ne sait vraiment.

Perdition City n’a rien de metal, c’est une évidence. Disons que le disquaire averti rangerait certainement cet album aux côtés des dernières réalisations du FUTURE SOUND OF LONDON et de COIL. La formation fondée par John Balance et Peter Christopherson est d’ailleurs devenu une influence incontournable pour Kristoffer Rygg et Tore Ylwizaker. Mais Perdition City n’est pas un vulgaire hommage à ces expérimentateurs féconds, cet ancien quintette devenu duo possédant un attirail d’idées suffisamment étendu pour enfanter une œuvre unique et personnelle.

Atmosphères angoissantes, passages apaisants et mélodies envoûtantes constituent ce puzzle grandiose, arrangé par nos duellistes accompagnés par de nombreux instrumentistes invités à livrer un peu de leur suc vital afin de rendre la musique organique malgré les innombrables sons électroniques qui la peuplent. Vos oreilles sont témoins d’une orgie jazzique durant laquelle piano, basse, saxophone et batterie se mêlent à ceux-ci, les fécondent pour donner naissance à un puissant opiacé dont nul ne pourra contester l’efficacité hypnotique. Cette démonstration de luxure sait se faire exaltée ou sensuelle selon les moments jouant savamment comme la plus érotique des femmes sur vos montées et vos descentes de fluide.

L’alléchante bacchanale s’achève sur un nowhere/catastrophe magnétique, conclusion sublime et raffinée d’un ouvrage simplement accompli qui aboutit à la jouissance de tout votre être sans le moindre indice de vulgarité.

Périple à travers un monde urbain oppressant, l’avant-gardiste mais aucunement abscons Perdition City vous attire vers un orgasme indicible, sans cesse renouvelé par cette richesse sonore rare. La métamorphose d’ULVER est totale, absolue et totalement imperfectible.

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- Christophorus G. Rygg Aka Trickster G. (chant, synthé, batterie)
- Tore Ylwizaker (synthé, piano, basse)
- Håvard Jørgensen (guitare session)
- Bård Eithun (batterie session sur "the future sound of music")
- Ivar H. Johansen (batterie session sur "nowhere / catastrophe")
- Kåre J. Pedersen (batterie session sur "porn piece of the scars of cold kisses)
- Rolf Erik Nystrøm (saxophone session sur "lost in moments" and "dead city centr)
- Øystein Moe (basse session sur "lost in moments")


1. Lost In Moments
2. Porn Piece Or The Scars Of Cold Kisses
3. Hallways Of Always
4. Tomorrow Never Knows
5. The Future Sound Of Music
6. We Are The Dead
7. Dead City Centres
8. Catalept
9. Nowhere/catastrophe



             



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