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ULVER - Shadows Of The Sun (2007)
Par POSSOPO le 29 Octobre 2007          Consultée 11883 fois

"Que s'est-il passé ?" dit le morceau qui clôture l'album. Rien de plus que d'habitude. ULVER a une nouvelle fois pris son auditoire à rebrousse-poil. Revenons simplement sur la dernière période du trio. Après le pontet Trip-Hop et l'épisode William Blake, un disque nocturne ("Perdition City"), une berceuse oppressante urbaine. Puis quelque chose de massif et violent, une lumière agressive, "Blood Inside". Et voilà l'Afrique apaisante, un soir d'été que l'on imagine tiède.

Si l'on fait fi des ballades acoustiques de "Kveldssanger" et d'un passé bien lointain, "Shadows Of The Sun" constitue le plus apaisant des albums gravés par Garm et sa bande. Les spécialistes diront que quelque part, parmi les nombreuses sorties (bandes originales, EP variés, remixes) sortis entre 1999 et 2003, on trouvera bien quelques plages incroyablement reposantes… Et même du silence. Peut-être mais restons simple, ce nouvel opus tant attendu est un disque de paix et de sérénité. Un disque qui décevra.

???

Oui, qui en décevra en tout cas beaucoup. Car Garm a perdu sa voix de stentor, il susurre. Car l'électronique pousse les boutons avec délicatesse et lenteur, il nous cocoone. Car les percussions se raréfient, elles tournent au tribal. La chaleur bienveillante d'un soleil se couche en nous demandant de faire de même. Pour une sieste salvatrice, heureuse, une sieste pour s'abandonner au réconfort. En fait, les maudits, les noirs et les rebelles trouveront qu'il ne se passe rien ici. Ils auront mal écouté. Les quelques cordes en milieu de troisième plage créent un léger frisson, le sommeil devient plus lourd, quelques secondes de la plage quatre évoquent des songes industriels et acouphéniques… Les exemples sont en fait aussi nombreux que timides. Plusieurs points sombres pour nous signifier que ce gros dodo ne se remplit pas de vide. On y entendrait même d'infimes touches du génial "Perdition City" à de savants endroits.

Une preuve ?
"Solitude", une reprise parmi les mieux intégrées à un album. Et quelle reprise. BLACK SABBATH quand même, un titre mille fois entendu tiré de "Master Of Reality". On ne connaîtrait pas la chanson, on n'aurait pas lu ce paragraphe qui parle de cette présence ravissante, on ne se rendrait compte de rien, l'amalgamme est parfait.

Alors, quelque part entre Hildegarde De Bingen (religieuse du XIIème siècle et star mondiale du chant grégorien), Nils Petter Molvaer (comment ne pas évoquer le compatriote de la troupe lorsqu'on entend un fond de cuivre soyeux), peut-être le narcotique SIGUR RÓS et COIL, la source première de la vie actuelle d'ULVER, un artiste au parcours encore cent fois plus labyrinthique que son élève. Oui, son élève. ULVER, c'est le nouveau COIL, un peu de tout, des albums chaque fois différents et aujourd'hui une étiquette bien collée, si parfaitement floue, de l'Ambient électronique.
Vous ne connaissez pas COIL ? Wikipedia, Google et tous les autres vous renseigneront sur le duo britannique expérimental.

Il est drôle de voir comme de plus en plus de méchants sont aujourd'hui devenus gentils. GODFLESH s'est acheté une pureté et de la tranquillité en se rebaptisant JESU, toute une frange du Black Metal français (CELESTIA, MORTIFERA, AMESŒURS et ALCEST) appelle à la mélancolie, à l'amour, voire à l'enfance cotonneuse. Celui qui cracha la pire des haines sur "Nattens Madrigal" vient d'accoucher de son dernier enfant sans aucun tourment, dans un bain de bonheur. Un bonheur sans euphorie et un bébé très calme qui somnole avec un sourire radieux.
:)

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- Tore Ylwizaker (programmation, claviers)
- Jørn H. Sværen (batterie)


1. Eos
2. All The Love
3. Like Music
4. Vigil
5. Shadows Of The Sun
6. Let The Children Go
7. Solitude
8. Funebre
9. What Happened?



             



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