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ROCK PSYCHéDéLIQUE  |  LIVE

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ULVER - Live At Roadburn - Eulogy For The Late Sixties (2013)
Par PERE FRANSOUA le 25 Novembre 2016          Consultée 658 fois

Depuis que les loups sont sortis du bois en 2008 en commençant à jouer leur musique en concert, leur carrière a pris un nouveau tournant. L'engouement rencontré les a amenés à composer, enregistrer et jouer en concerts en intégralité un nouvel album ("The War Of The Roses"), puis à multiplier les projets et à accepter de nombreuses sorties de disques. Tout le monde leur mange dans la main, et ils en profitent pour se faire plaisir.

L'hallucinant "Childhood´s'End", généreux disque de reprises de pépites perdues de Rock Psychédélique de la fin des années soixante s'est vu gratifié d'un concert de lancement, show unique au festival néerlandais Roadburn, le 12 avril 2012. L'album n'étant pas encore tout à fait sorti, les veinards présents ce soir-là découvrirent ces nouveaux morceaux en avant-première. L'enregistrement de cet événement fut assez bon pour mériter une sortie en disque en avril 2013 via Roadburn Records. La prestation n'est pas sans défaut, le groupe ne s'en cache pas, mais cela rend le tout vivant, vibrant et organique.
La présente chronique faisant constamment référence à l'album de reprises jouées ce soir-là, je ne peux que vous inviter à lire ou relire ma précédente chronique de "Childhood's End".
ULVER n'a plus peur du Live.
ULVER n'a plus honte du Rock.
Résultat, ce soir-là la meute versatile accompagnée de certains des musiciens de session qui ont joué sur l'album donnèrent un spectacle résolument Rock, grâce à une section guitare-basse-batterie énorme. A côté des bidouillages électroniques et des claviers divers trônent donc des guitares à la disto mordante et une basse costaude.
D'après les vidéos amateurs qu'on trouve sur le net on devine une mise en place ULVEResque, avec un orchestre touffu étalé sur tout le long de la scène, le chanteur-leader dans un coin, avec en arrière-scène le désormais traditionnel cyclo sur lequel sont projetées des vidéos psychédéliques, le tout arrosé par un light-show coloré de circonstances.
À l'exception des musiciens de sessions il est difficile de dire quels membres du groupe furent présents ce soir-là, à l'exception de Rygg au chant et de Daniel O'Sullivan à divers instruments. Crédités sur le livret je doute fort que Tore Ylwizaker et Jørn H. Sværen soient de la partie.

Les versions de ULVER à la douceur relative mais réconfortante sur l'album prirent un bon coup de fouet. De même le chant de Kristoffer Rygg, chaud et délicat sur le disque se muscla sur scène. Le chanteur donna de la voix comme il l'a rarement fait en live. C'est vrai qu'il a du coffre et qu'il sait s'en servir. On lui pardonnera les quelques moments où sa voix dérape car sa prestation fut globalement juste et qu'il travailla sans filet (ce show est une première jouée sur le fil après des répétitions succinctes.)

Le concert commence fort en enchaînant trois morceaux parmi les plus réussis et les plus jouissifs de l'album, l’introductif "Bracelets Of Fingers", le dynamique "In The Past" et "Can You Travel In The Dark Alone?" et ses changements de rythmes étranges.
On se calme un peu par la suite avec "Soon There'll Be Thunder", une ballade légère de THE COMMON PEOPLE, tiré de leur album au titre en forme de manifeste "Of The People By The People For The People From The Common People" paru en 1969. La reprise un peu palote sur disque abandonnait les cordes pleurantes du titre originel mais conservait le motif à la guitare comme leitmotiv. En live, le morceau prend enfin des couleurs grâce au chant puissant et poignant de Rygg.
Le paisible "Today" des mythiques JEFFERSON AIRPLANE et le bluesy "Velvet Sunsets" suivent et concluent l'accalmie avant de repartir de plus belle avec de deux pièces impressionnantes en concert, "Street Song", morceau endiablé plein de rebondissement où les deux guitares s'ébattent joyeusement dans la reverb', puis le sexuellement suggestif "66-5-4-3-2-1", titre sur lequel je vous propose de nous attarder quelques instants si vous le voulez bien.
La version originellement dépouillée des TROGGS, est conduite par la basse avec un refrain instrumental à la guitare qui sent bon le "Pain It Black" des ROLLING STONES. Repris par ULVER le morceau devient sensuel sur "Childhood´s'End", la voix originelle nasillarde de jeunes freluquets pas déniaisée remplacée par celle plus chaude et profonde de Rygg amplifie les paroles de drague culottée: "If ever you need me, baby/There's a number that you can phone/It's double six, five, four, three, two, one... […] So comeon over to my place/There's so much that we can do/'Cause I know what you want..." lui donnant ainsi des allures de proposition indécente. La version live donnée ce soir-là fût encore plus pêchue (la guitare mordante disputant la vedette à un orgue Hammond déchaîné,) s'éloignant encore un peu plus de la mise en place minimaliste du titre originel. Pour la petite histoire, les TROGGS, groupe britannique ayant connu un certain succès avec un single comme "Wild Thing" sont reconnus comme étant les précurseurs du Punk.

Le meilleur étant gardé pour la fin, ULVER dégaina "I Had Too Much To Dream", l'excellent single des ELECTRIC PRUNES aux relents de Western sous acides que nos Norvégiens avaient offert en apéritif longtemps avant la sortie de l'album, suivit du délicat "Magic Hollow", ballade douce amère des BEAU BRUMMELS, single désigné ayant bénéficié d'un clip dérangeant.
Le concert se termine sur une longue pièce instrumentale improvisée, très justement intitulée "Impromptu Performance", en hommage déclaré à CAN, groupe Allemand pionnier du Krautrock, évolution naturelle du Rock Psyché vers l'expérimentation électronique. La boucle est bouclée. On peut commencer à entr'apercevoir la démarche artistique à venir et la série de concerts en impro dont la matière brute sera sculptée en studio pour donner naissance à "ATGCLVLSSCAP" le dernier disque déroutant de nos insaisissables loups.

"Live At Roadburn" est le témoignage d'un concert unique célébrant la sortie d'une des dernières grandes réussites d'ULVER. En cela il constitue un bon complément, une occasion honnête de prolonger le plaisir. Il plaira donc à tous ceux qui ont aimé "Childhood´s'End", aux fans de la voix de Kristoffer Rygg qui assura ce soir-là une prestation investie, et bien entendu aux amateurs de Rock Psyché en général.
On regrettera que certains morceaux n'aient pas été sélectionné pour le concert, comme le génial "The Trap" ou le remarquable "Where Is Yesterday" qui concluait religieusement "Childhood´s'End". On pourra aussi trouver dommageable de ne pas retrouver le travail d'orfèvre sur les textures sonores qui rendait les reprises intemporelles. Les versions live, si elles sont très proches de celles de l'album, perdent en douceur ce qu'elles gagent en pure puissance Rock, de même que la sonorisation moins feutrée et plus distordue rappelle les meilleurs heures du psychédélisme électrifié. Il faut savoir varier les plaisirs.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Lars Pettersen (batterie)
- Mats Engen (basse)
- Alexander Kloster-jensen (guitare)
- Trond Mjøen (guitare)
- Anders Møller (percussions)
- Daniel O'sullivan (guitare, orgue, claviers)
- Kristoffer Rygg (voix, effets)


1. Bracelets Of Fingers
2. In The Past
3. Can You Travel In The Dark Alone?
4. Soon There'll Be Thunder
5. Today
6. Velvet Sunsets
7. Street Song
8. 66-5-4-3-2-1
9. I Had Too Much To Dream (last Night)
10. Magic Hollow
11. Impromptu Performance (dedicated To Can)



             



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