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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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1972 Styx
1976 Crystal Ball
1977 The Grand Illusion
2005 Big Bang Theory
2017 The Mission
 

- Style : Ashbury, Rush, Queen, Journey, Camel, Kansas
- Membre : Ted Nugent, Coverdale - Page, Bad English, Spinal Tap, Damn Yankees
 

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STYX - Crash Of The Crown (2021)
Par DARK BEAGLE le 28 Novembre 2021          Consultée 988 fois

STYX ou l’éternel retour. Le groupe américain a pris pour habitude de laisser couler beaucoup de temps entre ses dernières réalisations, au point qu’on en vienne à oublier son existence, surtout que les musiciens ne foulent pas souvent les scènes européennes, encore moins maintenant qu’il y a cette saleté de virus qui pousse à revoir les organisations de concerts et à reporter des tournées. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, "Crash Of The Crown" arrive dans les bacs quatre ans quasiment jour pour jour après "The Mission", le très bon opus qui avait permis de nous rappeler que ce très bon groupe était toujours vivant.

Les schémas entre les deux disques sont presque identiques. "Crash Of The Crown" propose la bagatelle de quinze morceaux pour 43 minutes de musique, mais là où il se différencie de son aîné, c’est par son approche, beaucoup plus calme, moins exubérante. Pour être entièrement franc, l’aspect (Hard) Rock est assez léger, le groupe prenant un pied monstrueux à s’exprimer à travers des titres très courts sur lesquels ils construisent des harmonies vocales qui nous ramènent à l’époque des premiers QUEEN et de certains URIAH HEEP, l’agressivité en moins.

Aussi, "Crash Of The Crown" ressemble à un long fleuve tranquille, tout juste taquiné par quelques remous. C’est paisible et c’est tant mieux, au final. L’album ressemblerait presque à une longue pièce unique, souvent émaillée de changements de mélodies, de breaks, de petites trouvailles qui sonnent à la fois rétro et actuelles. Il n’en est rien. Il s’agit là d’un disque qui suit son chemin, ponctué de très courts interludes chantés qui viennent souvent annoncer ces petits remous signalés plus haut. Et si les guitares ne dominent pas, c’est pour laisser place à une des marques de fabrique de ce groupe, ce chant très travaillé, où plusieurs voix se mêlent.

Alors oui, les amateurs de mélodies vocales vont se régaler. Cela commence très vite, rien que sur l’introductif "The Fight Of Our Lives" qui est pour le coup réellement une mise en bouche, on est pris par ces chœurs somptueux, qui sonnent très années 70 et qui surtout, sont très accrocheurs. C’est là, plus qu’à travers sa musique, ou d’un clavier qui répond parfaitement à ce qu’est STYX, que la formation va brasser les émotions, en se montrant lumineux et positif malgré la période trouble que nous traversons et qu’ils vivent aussi.

L’enchaînement avec le plus Progressif "A Monster" se fait en douceur, la voix de Tommy Shaw est toujours aussi plaisante et se marie très bien avec celles de ses comparses. Le titre monte doucement en puissance pour un final bien plus tranchant (à défaut d’être vraiment Heavy), sur un air saccadé qui laisse entrevoir un revirement plus intense. Il n’en est rien puisque le morceau suivant "Reveries" évoque pour le coup les BEATLES, avec la voix de Lawrence Gowan qui fait vraiment songer aux quatre petits gars de Liverpool, sans réellement savoir vers lequel pencher. Un aspect plus Pop donc pour une ballade très jolie qui se laisse bien écouter.

On pourrait continuer comme ça encore longtemps, s’arrêter sur chaque titre, préciser que là nous pouvons penser à une construction à la YES, ici à un passage plus planant que ne renierait pas PINK FLOYD, mais ce serait long, fastidieux, et pas franchement très utile. "Crash Of The Crown" s’apprécie tel quel, dans sa construction soignée, avec son clavier virevoltant entre sonorités vintage et choses plus modernes, des guitares en sous-marin qui brillent quand elles remontent à la surface, une section rythmique qui semble discrète mais qui est bien en place et qui permet de consolider le tout. Comme pour "The Mission", en plus doux et moins conceptuel, mais tout aussi brillant.

Et là où la bande à Shaw se montre intelligente, c’est dans son approche du Rock Progressif. Pour eux, il est inutile d’étirer un morceau jusqu’à l’écœurement, pour taquiner le quart d’heure ou les vingt minutes et tisser un canevas tortueux de riffs et de soli qui se répondent ou, au contraire, se disent merde, pour créer une connivence parfois bancale entre le groupe et l’auditeur (les quatre cinquièmes du temps, nous obtenons au final de l’esbroufe plus qu’autre chose). Le groupe va privilégier des morceaux courts qui se suivent et qui forment une espèce de tout, avec des ambiances qui changent, qui se marient, qui évoluent de bien belle manière.

Will Evankovich signe là sa meilleure production avec STYX. Vous pouvez bien dire que c’est s’avancer un peu facilement, qu’il n’en a pas fait tant que cela pour pouvoir juger, mais il suffit de comparer "The Mission" à ce petit dernier pour se rendre compte de l’équilibre qui a été trouvé ici, peut-être au détriment d’une certaine puissance, mais ce n’est pas non plus la caractéristique première du groupe, qui a toujours plus brillé lorsqu’il mettait en place des ambiances plus travaillées où les voix faisaient leur grand œuvre. Pas mal pour un type qui est né la même année que le premier album de ses protégés !

Bien que les sorties se fassent plus rares, STYX semble vivre sa meilleure vie, avec des albums décomplexés et qui s’affranchissent du passé de la formation, qui s’est réinventé un style sans pour autant se trahir. C’est fin et délicat, cela ne sonne plus très Hard Rock, mais cela faisait longtemps que le groupe se montrait ainsi borderline, privilégiant le plus important : la mélodie plutôt que l’efficacité brute, celle qui naît des riffs assassins ou des refrains puissants et fédérateurs. Non, aujourd’hui, STYX est devenu bien plus intimiste et ce n’est pas un mal, cela lui correspond parfaitement. Un très beau disque à mettre à leur actif, encore.

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   DARK BEAGLE

 
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- Tommy Shaw (chant, guitare, mandoline, banjo)
- James Young (guitare, chant)
- Ricky Phillips (basse)
- Chuck Panozzo (basse)
- Todd Suchermann (batterie)
- Lawrence Gowan (chant, claviers)


1. The Flight Of Our Lives
2. A Monster
3. Reveries
4. Hold Back The Darkness
5. Save Us From Ourselves
6. Crash Of The Crown
7. Our Wonderful Lives
8. Common Ground
9. Sound The Alarm
10. Long Live The King
11. Lost At Sea
12. Coming Out The Other Side
13. To Those
14. Another Farewell
15. Stream



             



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