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ULVER - Wars Of The Roses (2011)
Par FIGHTFIREWITHFIRE le 27 Août 2011          Consultée 4868 fois

"February MMX": voilà qui évoque étrangement cette fameuse période ayant vu ULVER livrer une prestation d’anthologie au cœur d’une Cigale éblouie, entre introspection et communion solennelle, sensations stellaires et froideur mystique. Une véritable leçon de puissance évocatrice, qui fait prendre conscience de la profondeur inouïe que peut atteindre un live véritablement abouti, remettant en cause les limites que l’on avait pu, jusque là, juger indépassables, à tort. Un concert qui avait d’ailleurs visiblement secoué jusqu’aux musiciens eux-mêmes. Peut-être pas une coïncidence donc que ce choix de titre.

Malheureusement, un an après, les misanthropes élitistes norvégiens n’ont pas pu combler les attentes folles d’un public que le bouche à oreille a vu doubler de volume, à travers un show à l’esthétique moins éblouissante mais surtout au parti pris certes risqué mais contestable : celui de proposer son nouvel album en intégralité avant même sa sortie. Mais cela n'empêche pas ce fameux "Wars Of The Roses" de dévoiler un retour une fois de plus fascinant de la bande après trois longues années de gestation.

Ce disque présente en effet un ULVER certes fidèle à lui-même, mais néanmoins nouveau. Cet ULVER-là a décidé de sortir (légèrement) de sa misanthropie, de faire acte d’ouverture. On l’a également dit cet ULVER-là, pour la première fois de sa longue carrière, tourne à travers l’Europe, et il y a pris goût. Est-ce pour autant que la formation lisse son propos de retour en studio ? Non, bien sûr, le contraire eut été étonnant.

Cela dit, ce "Wars Of The Roses" s’avère dans l’ensemble plus facile d’accès que ses prédécesseurs, presque « direct », avec un je ne sais quoi de plus accrocheur, un léger comble pour ULVER, mais qu’importe ?
Car chez les loups, expérimentation ne rime pas avec brouhaha et tâtonnements hésitants, la formation sait où elle veut aller et un vrai travail de fond transpire de ces morceaux, ce savoureux sens du détail, cette volonté de toujours conserver une certaine simplicité dans la complexité. Paradoxal mais vrai, tant ces ambiances minimalistes se veulent profondes et mystérieuses ! Cet album, de prime abord plus brut, ne réclamera pas moins d’analyses attentives, pour qui souhaitera cerner l’ensemble ahurissant de touches électroniques et teintes instrumentales si affinées et riches qui le parsèment, que ses prédécesseurs.

Garm, le chef de meute, a en outre choisi de conserver ce sens si subtil, à la fois retenu et expressif, du chant clair, qui avait atteint son apogée sur le précédent essai. Un travail d’orfèvre qui innove également avec la présence d’une voix féminine de velours, digne de l’univers Soul, sur des susurrements fragiles à la limite de la rupture, qui viennent renforcer de manière puissante et incroyablement évocatrice l’effort du génie nonchalant.
Si ce "Providence" s'avère un petit bijou de sensations, avec ses cordes désespérées et plaintives, l’ensemble de l’album évoque un coffret de bijoux plus fins et ciselés les uns que les autres.
Entre le jazzy "February MMX", le quasi religieux "September IV", le mystique et torturé "England" ou encore le douillet, serein et exotique "Island", truffé de sonorités de paradis tropical, qui se conclut dans un bruit de rembobinage de VHS, ULVER nous éclabousse de son talent renversant dans le façonnage de moments hors du temps, touchant la grâce extatique à maintes reprises, avec cette personnalité toujours si remarquable et appuyée.

"Norwegian Gothic" aurait quant à lui pu figurer sur "Shadows Of The Sun", même si la comparaison avec ce chef d’œuvre n’est pas souvent de mise sur cet effort (on est néanmoins plus proche de ce dernier que des atmosphères urbaines inquiétantes de "Perdition City"). A ce sujet, la batterie, presque totalement absente sur l'album de 2007, retrouve une place de choix ici et appuie cette sensation plus jazz/rock dans la coloration globale du disque. On sent également que Daniel O’Sullivan s’affirme avec davantage d’ampleur au sein du groupe, tant sa patte est imprimée sur cet album (surtout par les mélodies fragiles et mélancoliques de son piano), malheureusement ce pari de réciter un long texte du poète Keith Waldrop sur la conclusion de l’opus, "Stone Angels", s’avère assez déroutante et peu convaincante, trop longue, trop peu aventureuse, trop pompeuse dans son intimisme peut-être… Cela ne gâche heureusement en rien le propos général, mais s’avère en retrait du reste du corps de ce disque, ce dernier se voulant nettement moins épuré même s’il partage, à l’évidence, le côté contemplatif de cet épilogue.

ULVER développe donc toujours ces mélanges de sonorités électroniques, cotonneuses, classiques qui font sa réputation (de plus en plus grandissante) pour une atmosphère introspective, tortueuse, entre délicatesse et violence douce. Comme à leur habitude, les Norvégiens n'écoutent à raison que leurs envies et nous offrent ici une véritable curiosité musicale, à la saveur unique, déroutante et délectable.

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- Kristoffer 'garm' Rygg (chant, programmation)
- Daniel O'sullivan (piano,guitare, basse, claviers)
- Tore Ylwizaker ( claviers, programmation)
- Jørn H Svaeren (textes)
- Invités:
- Ole Alexander Halstengard (programmation)
- Tomas Pettersen (batterie)


1. February Mmx
2. Norwegian Gothic
3. Providence
4. September Iv
5. England
6. Island
7. Stone Angels



             



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