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DOCUMENTAIRE  |  VHS/DVD/BLURAY

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1993 On The Verge Of Destruction
2016 We Are X
 

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X JAPAN - We Are X (2016)
Par JEFF KANJI le 22 Mai 2023          Consultée 1203 fois

Dans les plans de Yoshiki, il y a un élément qui revient avec énormément d'insistance dans le discours, c'est la conquête de l'Ouest. Institution au Japon, depuis la reformation effective depuis 2007 et les premiers concerts européens, X JAPAN doit devenir aussi important qu'il l'est dans son pays. "We Are X", documentaire réalisé par Stephen Kijak (qui fera "Sid & Judy" en 2019), est un rouage dans un vaste plan de communication visant à rendre X JAPAN lisible et crédible en Europe et aux USA. Yoshiki, qui réside depuis longtemps à Los Angeles (il a même racheté les célèbres One on One Studios, connus pour avoir hébergé les sessions du Black Album notamment.

Présenté au festival de Sundance où il sera récompensé, il s'agit, avec sa BO, de la première sortie des Japonais que j'ai pu voir fleurir sur les étals des disquaires. En cela, "We Are X" est fondateur dans le sens où il fut sans aucun doute la porte d'entrée pour la plus grande partie des gens. Les amateurs du groupe ne manquent cependant pas à travers le globe, et la tournée qui passa par Paris en 2011 (évoquée à travers un montage vidéo) fut un succès et une aubaine. Le tout est filmé en très haute qualité, avec en filigrane la préparation pour le concert homérique du Madison Square Garden du 11 octobre 2014.

Ce documentaire, et c'est un peu son défaut, est particulièrement axé sur Yoshiki. Si tous les membres sont interviewés (via des images d'archive en ce qui concerne hide et Taiji, Yoshiki est celui qui est filmé 75% du temps. En même temps il est le grand artisan d'X JAPAN, composant, produisant, jouant le piano et la batterie, il est omnipotent et c'est une volonté de sa part. Une plus large part est tout de même accordée à Toshi, qu'il connaît depuis ses quatre ans, et dont le parcours personnel a eu une incidence certaine sur la débandade de 1997, qui s'avéra être, on ne le savait pas à l'époque, le dernier concert du vivant de hide.

Le tragique parcourt ce documentaire, et Yoshiki semblerait en faire des caisses, si les émotions qui le touchent ne semblaient pas autant le saisir de plein fouet, quand bien même, en bon Japonais, il garde une extrême dignité dans tous les cas de figure, bien qu'on sente un malaise certain quand sont évoquées les causes du départ de Taiji. Et le doute sur le fait que l'icône japonaise présente les choses sous un jour qui l'arrange et sert sa légende est bien présent. "We Are X" est tout de même particulièrement violent et déstabilisant tant il évoque avec beaucoup de gravité et de franchise la place de la douleur, au sens propre comme figuré, comme moteur de la création et de la volonté d'X JAPAN. L'impression d'être maudit aussi, tout autant que la peur des fantômes, après les décès de hide puis de Taiji qui ravivent la douleur de la perte paternelle. Mais aussi cette omerta de la culture japonaise sur tous ces sujets, Sugizo n'ayant appris que très très tard les causes du décès du père de Yoshiki, dont la mère a consciencieusement éliminé toute trace. Dur. Yoshiki réfute d'ailleurs toujours avec véhémence la thèse du suicide concernant hide, Sugizo ayant de son côté observé les tendances autodestructrices du bonhomme.

On en apprend aussi pas mal sur les relations entre les membres d'X JAPAN, particulièrement le rôle de hide, pacificateur et organisateur des idées de Yoshiki, tout en partageant fermement ses ambitions. L'image paraît morbide, mais c'était le Cliff Burton du groupe. Et les compositions sorties depuis son décès tendent à confirmer cela, même si certaines de ses idées enregistrées ont été incorporées à "I.V." et "Jade". Taiji est présenté comme un ambitieux également, pas le dernier à pousser Yoshiki dans ses retranchements. Une forme de brutalité nous éclate au visage, le tout vu par le prisme d'un Yoshiki à la santé fragile, dont les médecins disaient qu'il ne survivrait pas, et dont la musique a constitué une échappatoire, se débattant entre son cou opéré mais endommagé par le headbanging, son asthme qui l'amène à régulièrement s'écrouler sur scène, jetant la confusion tant parmi les fans que l'entourage du groupe, leur manager même ayant cru pendant un moment qu'il jouait la comédie. X JAPAN pendant ses premières années avait systématiquement son nom X sous-titré des mots "Psychedelic Violence – Crime Of Visual Shock", ce n'était pas pour rien.

Le retour de Toshi n'écarte pas non plus de l'histoire le fait que Yoshiki et hide avaient été en discussion pour ressusciter le groupe pour l'an 2000 avec un nouveau vocaliste, hide en ayant énormément voulu au vocaliste d'avoir fait splitter X JAPAN. Toshi revient sur les dérives sectaires qui l'ont amené à quitter le groupe, et au "lavage de cerveau" (le terme est fort) subi pendant une bonne dizaine d'années. Il y a cette interview autour d'un piano où les deux amis d'enfance partagent sur cette époque, et aussi sur la libération que Toshi a ressenti la première fois qu'il a pu reparler librement avec Yoshiki. L'échec de la première tentative américaine de 1993 est aussi abordé sans détour, désenchantant les ambitions d'un groupe qui ne se rendait pas compte qu'il lui serait impossible de percer le marché américain en parlant si mal anglais, et avec un chanteur qui sonnait aussi… japonais, on va dire. La voix de Toshi reste encore à ce jour, malgré la versatilité acquise avec les années, un casus belli pour de nombreuses personnes voulant s'essayer à la musique des Japonais.

Au cours du documentaire, on est surpris de constater qu'on n'est pas le seul fan non-japonais de ce groupe, à travers un témoignage particulièrement édifiant de Gene Simmons (KISS), parlant des règles non-écrites du Rock'N'Roll et de l'ostracisme dont vous pouvez être victime si vous n'intégrez pas la façon de penser américaine, disant avec beaucoup d'aplomb que si X JAPAN avait parlé parfaitement anglais, ils seraient le plus grand groupe du monde. Et pourtant, on connaît l'ego du bonhomme et la haute considération qu'il a pour sa propre formation. Le témoignage, toujours intelligent quand il s'agit du Révérend, de Marilyn Manson quant au lien intrinsèque entre la douleur et la catharsis que constitue l'expression artistique vient souligner le sous-texte prégnant de ce documentaire, et on n'ose imaginer le trouillomètre à zéro de Wes Borland, qui eut la tâche impossible de jouer le premier concert de X JAPAN après sa reformation, à la place de hide. Et c'est sans compter les hommages appuyés des membres de DIR EN GREY, MUCC ou encore LUNA SEA (d'où vient Sugizo).

On ressort de ce documentaire avec une grille de lecture inédite qui permet de mieux comprendre cette entité hors-norme qu'est X JAPAN (qui a déjà explosé le record de "Chinese Democracy" avec son nouvel album, quand bien même on en connaît déjà quelques titres, et "We Are X" m'a redonné la furieuse envie de réécouter "Jade", éclatante réussite de 2011, notamment au travers des témoignages de ses membres, et du sous-titrage de certaines interventions live, qui viennent corroborer l'état d'esprit et la raison d'être de ce groupe.

Note réelle : 3,5/5.

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   JEFF KANJI

 
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- Toshi (chant)
- Hide (guitare, chœurs)
- Pata (guitare, chœurs)
- Heath (basse, chœurs)
- Yoshiki (batterie, piano)
- Sugizo (guitare, violon, chœurs)


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