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RUSH - Hold Your Fire (1987)
Par DARK BEAGLE le 1er Octobre 2016          Consultée 889 fois

En 1987, RUSH allait livrer la dernière pièce d’une trilogie, une de plus, pourrait-on dire. "Hold Your Fire" achèvera la période des claviers, avec douceur. Une trilogie qui a ses adeptes comme ses détracteurs, mais il convient de souligner que malgré l’utilisation parfois abusive des synthétiseurs, les Canadiens ont su conserver leur personnalité ainsi qu’un très bon niveau de jeu, même s’il peut paraître moins probant. "Power Windows" ouvrait la voie à une surenchère de claviers, mais "Hold Your Fire", sorti deux ans plus tard, deviendra une victime de la technologie.

Les CD, commercialisés dès 1982, commencent à prendre de plus en plus d’importance d’un point de vue strictement commercial. Les ventes augmentent et beaucoup abandonnent leur vinyles pour s’équiper d’une platine laser. Cela devenait un produit plus abordable, plus petit et donc plus léger que ces bons vieux 33 tours. Et surtout, ils permettaient pour les musiciens de proposer plus de musique et les albums commençaient à se rapprocher d’une heure pleine, voire plus, avant les abus des années 90 où il n’était pas rare de se taper des galettes de 72 minutes, souvent indigestes d’ailleurs.

Ici, pour la première fois, RUSh va sortir de ses carcans, briser ses habitudes. Nous allons avoir droit à dix titres, pour une durée de 50 minutes. Et après plusieurs écoutes attentives, cela ne semble plus aussi anodin que cela. Mais avant de revenir là-dessus, posons d’abord un regard sur la pochette. C’est très rouge, cela n’aura échappé qu’aux daltoniens. Et il y a ces trois boules qui ont une espèce de mouvement, mais cela reste très faible dans l’ensemble. La frustration naît quand on découvre la photo du livret, qui ferait une bonne pochette. Bref…

Musicalement, RUSH évolue peu sur "Hold Your Fire". Le groupe semble avoir trouvé une certaine alchimie avec le producteur Peter Collins (à qui l’on devra le "Operation Mindcrime" de QUEENSRYCHE l’année suivante). D’ailleurs, le son est énorme, il est un motif de satisfaction pour l’auditeur lambda comme pour le passionné. Il se dégage de ce disque une chaleur malgré l’utilisation des synthétiseurs qui peuvent sembler si froids durant ces fameuses années 80, aussi meurtrières pour le Rock que pour l’art capillaire (cf la photo de Geddy Lee dans le livret).

"Hold Your Fire" va s’avérer être un disque assez posé. Si "Grace Under Pressure" et "Power Windows" étaient des albums aventureux et recherchés, celui-ci va se contenter de dérouler gentiment, sans vouloir toucher des mélodies complexes. Un opus tranquille en quelque sorte, mais pas dénué d’intérêt. Déjà, il y a "Force Ten", l’ouverture lumineuse, très Arena Rock dans l’esprit, qui met le feu aux poudres tout en mettant déjà le doigt sur un des défauts majeurs de ce "Hold Your Fire" : le titre semble interminable, comme si le groupe cherchait à en rajouter, encore et encore. Ce sera, ici, quasi systématique.

Sur cet effort, nous n’avons pas de grand concept embrassant la science-fiction ou décortiquant les maux modernes avec intelligence. Le concept est relativement vague, qui parle de l’instinct alors que le thème de base imaginé par Neil Peart était le temps. Conceptuellement, par rapport à ses deux aînés, "Hold Your Fire" se tient un peu moins bien. La musique suit le même chemin, elle se veut moins grandiose, plus standardisée. Pas forcément mauvaise. RUSH n’a jamais sorti de mauvais albums. Mais il faut bien avouer que parfois, ils peuvent être moyens.

Cependant, tout n’est pas si noir, ce n’est pas une débâcle. Juste une conclusion trop fade, avec quelques moments de bravoure. "Force Ten", déjà, qui propose une dynamique intéressante, malgré la guitare de Alex Lifeson toujours en retrait. L’interprétation est toujours bonne, Neil Peart possède toujours un jeu assez évolué à une époque de minimalisme et Geddy Lee cumule encore les rôles, à la fois bassiste, claviériste et chanteur. On notera également "Time Stand Still" où Lee sera accompagné par Aimee Mann, dont le groupe ‘TIL TUESDAY avait brillé l’année précédente avec "Welcome Home", salué par la critique. Il s’agit là d’une première pour RUSH et le résultat n’est pas déplaisant.

Et l’album poursuit son court, tranquillement, sans grand heurt, sans grande folie malheureusement. Encore une fois, il n’y a rien de déplaisant à cette accumulation de morceaux, mais c’est bien de cela qu’il s’agit : de titres qui se succèdent, joliment, sans grande surprise passé la présence de Aimee Mann. Et on arrive aux deux derniers morceaux, pas fabuleux, un peu inutiles. Deux morceaux qui n’auraient pas dû figurer sur l’album tant ils sont clairement de trop. Le plus est l’ennemi du bien ici ; "Tai Shan" et "High Water" plombent la fin de l’album et c’est dommage. Parce qu’ils tirent "Hold Your Fire" vers le bas.

Les extraits de cet album que l’on trouvera sur le live "A Show Of Hands" prendront une toute autre dimension et contribuent aux regrets que l’on peut avoir quant à cet album. "Hold Your Fire" n’est pas la conclusion idéale pour une trilogie entamée dans la douleur avec "Grace Under Pressure". Sachant qui clôt une trilogie, il aurait eu plus de panache de s'achever sur "Turn The Page". Il met fin à un moment dans la carrière des Canadiens où les musiciens ont joué avec leur époque et où ils ont su ne pas se laisser distancer. Il est juste dommage qu’on ne retrouve pas ici la fougue dont RUSH avait fait montre sur les deux opus précédents. Mais une nouvelle ère allait s’ouvrir pour eux, où la guitare se retrouverait au premier plan.

Note réelle : 2,5/5.

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   DARK BEAGLE

 
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- Geddy Lee (chant, basse, claviers)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. Force Ten
2. Time Stand Still
3. Open Secrets
4. Second Nature
5. Prime Mover
6. Lock And Key
7. Mission
8. Turn The Page
9. Tai Shan
10. High Water



             



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