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RUSH - Power Windows (1985)
Par DARK BEAGLE le 10 Juillet 2016          Consultée 892 fois

Certains albums portent l’époque qui les ont vus naître comme une seconde peau. Ils sont indissociables d’une décennie et ne laissent qu’entrevoir quel fut leur aura lors de leurs sorties. "Power Windows" de RUSH est indéniablement de ceux-ci. En effet, il est tellement marqué par des synthétiseurs d’un autre temps qu’il trimbale l’année 1985 comme un boulet. Il est difficile aujourd’hui de comprendre pourquoi il fait office de référence dans la discographie des Canadiens quand on évoque cette période de leur histoire. Pourtant, en grattant un peu, nous découvrons un disque encore une fois très intéressant.

Aux manettes, nous retrouvons le Britannique Peter Collins. Si ce dernier se fera réellement un nom sur "Operation Mindcrime" et "Empire" de QUEENSRYCHE, il aura fait ses armes dans le domaine du Hard Rock sur ce "Power Windows". Sa production va contribuer au côté froid que va distiller cet album, avec ces claviers prédominants, un peu trop même. A la première écoute, ce disque peut s’avérer décevant. Pourtant, nous ne sommes pas si éloignés de cela de "Grace Under Pressure", sorti un an plus tôt.

Il y a une espèce de continuité logique entre ces deux disques. Pas dans les thèmes, mais musicalement, nous retrouvons des tics de composition identiques. La guitare de Alex Lifeson est toujours en retrait pour laisser les synthétiseurs dessiner les mélodies artificielles sur lesquelles RUSH construit ses chansons. Mais quand il a la place de s’exprimer, il se montre tranchant. Avec les années et l’évolution de la musique, le groupe aura su conserver ses atours Hard Rock et n’hésitait pas à les montrer, même si cela devait être avec parcimonie.

RUSH va se montrer capable de belles choses sans pour autant faire parler la poudre. "The Big Money", qui trouve encore place sur les setlist de nos jours, est intéressant à plus d’un titre. Si Lifeson se fait relativement discret, Neil Peart assure une rythmique efficace et exigeante, comme toujours et Geddy Lee s’impose sur un refrain dynamique à souhait. Les paroles, à première vue, ont l’air simplistes, elles sont en fait malignes. RUSH aborde sa musique de façon presque commerciale pour dénoncer le pouvoir de l’argent, de façon assez désabusée.

Et cela résume bien ce qu’est "Power Windows" : un album tout en faux-semblants. Comme "Manhattan Project" qui évoque bien entendu le programme de recherche de la première bombe atomique ; la chanson commence doucement, comme une ballade mais nous vivons une montée en puissance exaltante qui permet à Lifeson de s’exprimer. Ou Encore "Territories", aux textes cyniques, qui permettent à Peart de s’illustrer sur des rythmiques tribales avant d’adopter un jeu plus classique alors que la tension monte.

Nous retrouvons aussi quelques touches reggae, ici plus discrètes que sur l’album précédent ("Middletown Dreams"). Mais contrairement à "Grace Under Pressure", "Power Windows" demande du temps pour être assimilé. Comme beaucoup de disques de RUSH, il nécessite plusieurs écoutes pour être apprécié. Il a aussi la particularité de ne dévoiler son potentiel que tardivement. Il n’y a pas réellement de morceaux qui sortent du lot, ils semblent tous étudiés pour former un tout, ce qui n’est paradoxalement pas le cas.

Mais à force de persévérance, on parvient à se laisser happer par cet album, certes un peu trop homogène, mais finalement intéressant et plutôt correct. Il lui manque juste ce petit surcroît d’âme qui faisait le charme de "Grace Under Pressure". Le trop plein de clavier nuira finalement aux sentiments, ce petit plus qui fait qu’une bonne chanson devient une grande chanson. Mais peut-on en vouloir réellement à RUSH de coller à son époque et d’utiliser les moyens mis à sa disposition ? "Power Windows" commence en tout cas à montrer les limites que peut atteindre le groupe avec ces sonorités artificielles.

Et le temps accompli aussi son œuvre, plus rapidement ici que sur d’autres albums. Se remettre dans le contexte de l’époque est une chose, l’appréhender de nos jours, avec à l’esprit des musiques et des rythmes plus modernes, en est une autre. "Power Windows" a indéniablement vieilli. Il est l’un des disques de RUSH à avoir le plus mal vieilli, avec "Hold Your Fire". Mais cela ne l’empêche pas, dans le fond, d’être plutôt bon.

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- Geddy Lee (chant, basse, claviers)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. The Big Money
2. Grand Designs
3. Manhattan Project
4. Marathon
5. Territories
6. Middletown Dreams
7. Emotion Detector
8. Mystic Rhythms



             



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