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RUSH - Presto (1989)
Par DARK BEAGLE le 29 Octobre 2016          Consultée 864 fois

De la féconde discographie des Canadiens de RUSH, "Presto" n’est pas l’album le plus connu. Il est sorti à une période particulière dans l’histoire du groupe, qui venait de décider de ne pas reconduire le contrat qui les liait avec Mercury pour signer chez le puissant Atlantic. De plus, l’association avec le producteur Peter Collins tournait court également, ce dernier déclinant gentiment la proposition pour se tourner vers d’autres contrées (genre, un truc qui s’appelle "Empire" d’un combo pas très connu, QUEENSRYCHE si vous voyez ce que c’est (*)). Et on allait entrer dans les années 90, "Presto" jongle de ce fait avec deux époques, ce qui le rend délicat à appréhender également.

Avec la défection de Peter Collins, le choix de RUSH se porte sur Rupert Hine, qui avait déjà été approché à l’époque de "Grace Under Pressure" sans que cela ne puisse se faire. Ce dernier va apporter une belle ampleur aux Canadiens, qui s’écartent ainsi du son des deux précédents opus, largement dominés par les claviers. La guitare redevient importante dans l’équation RUSH et si on est content d’entendre un peu plus ce guitariste de talent qu’est Alex Lifeson, il faut reconnaître que c’est Geddy Lee qui tire son épingle du jeu.

En effet, la basse est mixée très en avant, elle claque bien, elle ronfle et ce dès le premier titre (et premier single extrait de l’album) "Show Don’t Tell". RUSH nous avait habitués à des entrées en matière plus agressives, mais la mélodie du morceau se fait vite entêtante et ne vole pas son statut délicat d’ouverture. On remarque tout de suite que le groupe revient à quelque chose de plus organique, toujours travaillé, mais plus aéré. Les claviers n’ont pas disparus pour autant, mais ils sont utilisés avec plus de parcimonie et surtout, à bon escient.

Sorti en novembre 1989, Presto a déjà un pied bien ancré dans les années 90 et l’autre n’allait pas tarder à la rejoindre. Pratiquant toujours un (Hard) Rock aux allures Prog, RUSH essaye aussi de nous séduire avec des approches plus Pop, par forcément désagréables, comme en atteste la ballade "The Pass", délicate, avec sa basse bien en avant et joliment portée par la voix de Geddy Lee, toujours particulière. Rédhibitoire pour certains, un délice pour ceux qui sont parvenus à l’accepter ou la dompter.

Mais RUSH ne sacrifie pas pour autant son sens de la dynamique. "Scars" est un excellent exemple de ce que le groupe sait faire de mieux : un OVNI musical, avec une rythmique particulière, Neil Peart jouant à la fois sur une batterie acoustique et une électrique, pour obtenir un son particulier, mais qui fonctionne bien avec ce rythme quasi tribal, qui s’emballe sur un refrain bien amené. Assurément un des titres les plus forts de cette galette, ponctué par une bonne présence de Alex Lifeson et surtout, de sa guitare.

Et si tout l’album avait été de cette veine, on aurait tenu entre nos mains un chef d’œuvre. Malheureusement, le groupe se cherche un peu. Tournant le dos à la quête de sophistication aveugle des années 80, s’approchant d’un style plus épuré mais en étant incapable de dire merde totalement aux eighties qu’il aura réussi à traverser sans trop d’encombres contrairement à d’autres formations issu des ’70, le groupe se perd parfois un peu. Du coup, Presto va être quelque peu déséquilibré et pas toujours des plus inspirés.

Prenons le morceau titre par exemple. Coincé entre le monument "Scars" et l’agressif "Supercondutor", la chanson semble très fade, avec sa mélodie un brin aigrelette, pas désagréable du tout. Ses presque 6 minutes s’écoulent doucement, cela parait un peu long. "Red Tide" et ses claviers très présent (et sacrément kitsch) peut aussi s’avérer assez repoussante pour celui qui n’a pas aimé les deux albums précédent, sur lesquels ce morceau n’aurait pas dépareillé. En fait, sur ce disque, RUSH arrive à se montrer très enthousiasment avant de paraître plus quelconque, plus creux. Il lui manque une réelle ligne directrice pour espérer un plus.

D’ailleurs, une fois de plus, l’album n’aborde pas de terme très précis. Neil Peart ne s’attarde pas à un concept en particulier, il aborde plusieurs sujets, dont certains restent graves (le suicide des jeunes par exemple). Bref, pas de thèmes aussi lourds que la Shoa, pas d’histoires de science-fiction apportant une réflexion sur la musique. Quelque part c’est dommage, RUSH se montre souvent éblouissant que il s’attaque à un sujet en particulier. En revanche, difficile de passer sous silence le travail du texte sur "Anagram (For Mongo)", où Peart a du se régaler à trouver des anagrammes tout du long en faisant en sorte que cela ait un sens.

S’il fallait comparer ce disque avec un autre, sorti à la même période, ce serait sans la moindre hésitation "The Miracle" de QUEEN. Et si les britanniques ont mieux négocié leur album, on note chez les deux formations ce grand écart effectué entre deux décennies musicales. Toutes deux étaient coupables de certains travers ou d’éclairs de génie. "Presto" restera quant à lui un album un brin obscur dans la discographie des Canadiens. Peut-être est-ce parce qu’il s’agit de la treizième réalisation studio du combo, peut-être parce qu’il sera surpassé par "Roll The Bones" qui reprend certaines idées et les bonifie ? Ou, comme le dit Neil Peart, que la magie n’a pas prise ici. "Presto" reste toutefois agréable à l’écoute, malgré quelques longueurs.


(*) Second degré les mecs, second degré ! Rangez ces fourches et ne mettez pas le feu au moulin !

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- Geddy Lee (chant, basse, claviers)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. Show Don't Tell
2. Chain Lightning
3. The Pass
4. War Paint
5. Scars
6. Presto
7. Superconductor
8. Anagram (for Mongo)
9. Red Tide
10. Hand Over Fist
11. Available Light



             



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