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HARD ROCK PROG  |  STUDIO

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RUSH - Grace Under Pressure (1984)
Par DARK BEAGLE le 10 Mai 2016          Consultée 1223 fois

« Et toujours notre bon vieille ami – Broon ». C’est par ces mots, dans les remerciements de l’album "Grace Under Pressure", que RUSH rend hommage à leur producteur historique Terry Brown, duquel le groupe s’est séparé avant l’enregistrement de cet opus. En effet, les musiciens, quelque peu déçus par la prod’ de "Signals", cherchaient à atteindre un certain son, son que Brown peinait à trouver. Si une collaboration fut envisagée avec Steve Lillywhite (U2), ce dernier préféra s’atteler au "Sparkie In The Rain" de SIMPLE MINDS, laissant RUSH dans une position délicate.

Aussi envisagèrent-ils une production maison. Devant l’ampleur de la tâche, ils s’attachèrent les services de Peter Henderson, connu pour ses travaux avec KING CRIMSON ou SUPERTRAMP. Mais de ce fait, "Grace Under Pressure" est un disque dur, froid, presque clinique. IL ne dégage pas la chaleur que l’on retrouve souvent sur les albums de RUSH et le titre de l’album ressemble au final plus à une constatation un brin présomptueuse, mais tout compte fait assez juste. À travailler sous pression, sans savoir où ils allaient exactement, les musiciens ont fini par trouver une espèce d’état de grâce à travers les huit morceaux composant le disque.

Les synthétiseurs sont toujours très présents, mais la guitare n’a pas disparu pour autant. Alex Lifeson n’est pas simplement en retrait, il offre une alternance intéressante avec les sons électroniques, comme sur l’excellent "Red Sector A", dont on reparlera un peu plus tard. La musique de RUSH est encore en évolution par rapport à "Signals", le groupe arrive à équilibrer sa formule et gagne en efficacité.

Nous sommes cueillis à froid par un rythme Reggae sur "Distant Early Warning", qui va rapidement se muer en quelque chose de plus dur, de plus franc. RUSH n’a pas fait ses adieux au Hard Rock, mais à l’instar de QUEEN, le groupe ne fait décidément jamais rien comme les autres. Du Reggae, on en retrouve sur "The Enemy Within", qui constitue la partie un de la tétralogie "Fear", parfaitement intégré dans un morceau qui sait se faire massif quand il le faut. La touche Prog est toujours présente, dans le sens où RUSH brise les lignes mélodiques qu’il construit pour explorer différentes voies au sein d’un même titre, avec une aisance instrumentale bluffante.

En effet, Neil Peart va encore livrer une véritable démonstration derrière les fûts. Et même s’il se laisse tenter par quelques percussions électriques, il ne va pas brider son jeu pour autant et la rythmique de "Grace Under Pressure" est monstrueuse, comme souvent (toujours ?) chez RUSH, dénotant légèrement dans ces années 80 où la batterie était souvent résumée à une série de beats assez simplistes. Lifeson sait meubler l’espace alloué à sa guitare, ses soli sont concis mais efficaces. Il reste sobre, à cette époque où les shredders de tout poil commençaient à faire leur loi. Quant à Geddy Lee, son chant est encore en progrès et devient de plus en plus agréable à l’oreille, même s’il peut être un peu agaçant sur "Red Lenses".

"Grace Under Pressure" était un reflet intéressant de son époque, avec ses claviers omniprésents et son côté Arena Rock assumé. Et pour une fois, les textes vont être très actuels. Exit la science-fiction chère à Neil Peart, bienvenue à la Guerre Froide et la peur du nucléaire, qui refaisait surface en ces temps de tension entre les USA et l’URSS. "Red Sector A" parle de l’Holocauste et des camps de concentrations, inspirée par la mère de Geddy Lee qui était rescapée du camp de Bergen-Belsen. On tient là le titre le plus fort de l’album, le meilleur également, Lee signant sa meilleure performance vocale (ce refrain, les mecs ! Ce refrain !). "Afterimage" est l’autre morceau touchant de cet album, dédié à un ami des musiciens qui venait de mourir.

Il y a beaucoup de sentiments dans "Grace Under Pressure", de la colère, de la moquerie également ("Red Lenses", qui aurait provoqué la colère de Joseph McCarthy si ce dernier avait été encore en vie à ce moment-là). Nous retrouvons aussi des passages héroïques comme seul RUSH sait en placer (le final de "Distant Early Warning", "Between The Wheels"), mais cet album n’est pas dénué de défauts. La production souffre des ravages du temps et si le disque demeure encore agréable à l’écoute aujourd’hui, il sonne indéniablement daté, avec ces synthétiseurs qui ne font pas de quartier. Et "Grace Under Pressure" a tendance à s’essouffler quelque peu sur la fin, malgré de bonnes idées, mais qui n’ont pas la force de celles que l’on retrouve sur la première moitié de l’album.

"Grace Under Pressure" n’est pas le disque le plus facile d’accès de RUSH, mais il ne doit pas, ne mérite pas d’être dénigré pour autant. Il contient ses moments de gloire, ses moments plus faibles et il est, de ce point de vue, entier. Son 4/5 est mérité, assumé. En revanche, il n’est pas conseillé d’entrer dans l’univers de RUSH par lui, il vaut mieux connaître un peu le travail des Canadiens avant de s’attarder dessus. "Signals" reste une meilleure porte d’entrée.

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   DARK BEAGLE

 
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- Geddy Lee (chant, basse, claviers)
- Alex Lifeson (guitare, claviers)
- Neil Peart (batterie)


1. Distant Early Warning
2. Afterimage
3. Red Sector A
4. The Enemy Within (part I Of Fear)
5. The Body Electric
6. Kid Gloves
7. Red Lenses
8. Between The Wheels



             



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