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RUSH - Test For Echo (1996)
Par DARK BEAGLE le 14 Septembre 2017          Consultée 468 fois

Pour une fois, RUSH laisse filer le temps entre deux albums. Trois ans séparent "Test For Echo" de l’excellent "Counterparts", trois années durant lesquelles les musiciens se seront livrés à diverses occupations, dont la plus remarquable, si l’on excepte la naissance de la fille de Geddy Lee, demeure l’album "Victor" de Alex Lifeson, qui oscillait entre Rock et Indus et qui démontrait qu’il ne fallait surtout pas sous-estimer le guitariste. Et, étrangement, à l’écoute de "Test For Echo", on peut légitimement penser que le groupe s’est réuni un peu trop tôt en studio, que toutes les conditions n’étaient pas présentes pour sortir le disque le plus optimal qui soit.

En même temps, "Test For Echo" est le seizième opus des Canadiens en vingt-deux ans. Quand on scrute un peu la discographie monstrueuse de ce groupe hors norme, on constate qu’il y a au final très peu de coups de mou et encore, certains sont sujets à débat, en fonction de ses accointances avec l’Arena Rock typique des années 80 et qui avait également caractérisé RUSH à cette époque, où les claviers rutilaient à défaut de la guitare de Lifeson. Toujours est-il que cet album marque quelque peu le pas. Succéder à un album comme "Counterparts" allait de toute façon se révéler difficile, la fougue de la jeunesse s’étant tarie comme une source dans le désert, petit à petit.

Avec sa pochette montrant une structure Inuit étrange, une espèce d’homme minéral dont le corps est un miracle d’équilibre, sur fond polaire comme pour rappeler qu’en hiver, au Canada, on se les gèle sévère, "Test For Echo" marquera également la dernière collaboration entre RUSH et le producteur Peter Collins, qui aura contribué au fait que le groupe ait su sonner de façon moderne sur les opus précédents. La fin d’une époque en somme. D’ailleurs, cet album va être la fin d’une tétralogie débutée avec l’inégal "Presto". Et, ironie du sort, elle s’achève sur une pièce qui souffre du même problème.

Enfin, le même, pas tout à fait. Ici, nous avons surtout affaire à une série de menus détails, qui, une fois compilés, font pencher quelque peu la balance. Il n’y a pas d’équilibre, contrairement à ce que laisse supposer la pochette et certains détails deviennent très vite agaçants. Déjà il y a le son, étrangement compressé, qui sonne très moderne, mais qui se veut rapidement fatigant, surtout que les instruments sont tous très bruts, ils subissent moins d’effets que sur "Counterparts". Or ces effets permettaient à la musique de respirer un peu plus et il était bien plus facile, en tant qu’auditeur, de s’en imprégner.

Ensuite, et là on n’est plus dans le domaine du détail, Neil Peart n’est pas franchement inspiré. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas proposé de textes aussi plats, sans fil conducteur réel. Les phrases sont courtes, un peu creuses par moment. Le morceau-titre en est assez symptomatique. À dire vrai, c’est l’ouverture la plus faible de RUSH depuis bien longtemps, un morceau un peu timoré, qui ne décolle jamais vraiment malgré quelques interventions à la guitare assez intéressantes, mais cela reste assez classique. RUSH tente de rester dans une optique proche de ce qui a été fait sur "Counterparts", à savoir proposer une musique très Rock, avec quelques subtilités plus grand public. Et ici, on sent que Lee et Lifeson ont articulé la musique autour des textes de Neil Peart et que les deux compères en ont bavé par moments. On ne retrouve pas la fluidité de jeu qui caractérisait "Counterparts", on n’a pas trace de ces mélodies imparables quoique parfois improbables. "Test For Echo", c’est dans la lignée de "Counterparts" en somme, mais avec l’inspiration en moins. Et quelque part, ça fait quand même mal aux fesses. Parce que nous savons tous que RUSH est un groupe plus que capable et que le moindre de leur faux pas est vécu comme une grosse déception.

Cependant, à travers toute cette grisaille, on retrouve par moments le RUSH que l’on aime, celui pour lequel on vendrait père et mère. Ou femme et enfants si les vieux ont déjà été bradés. Rien que "Virtuality" mérite que l’on s’arrête sur cet album et qu’on l’écoute au moins une fois. Un titre heavy et racé, étrangement visionnaire quant aux progrès de l’informatique au point où cela en devient effrayant par moments. Une pépite comme on aimerait en avoir plus sur ce disque. "Totem" se montre également séduisante avec son côté Folk qui rappelle que le groupe lorgnait pas mal du côté de LED ZEPPELIN à ses débuts sans pour autant s’approcher du son du fameux "III". D’ailleurs, ce titre offre un joli contraste avec le riff assassin de "Dog Years", qui elle se montre déjà plus complexe, mais pas franchement inintéressante, bien au contraire ! Étrangement schizophrénique entre ses parties calmes et les lignes de guitares assassines de Lifeson, elle figure donc dans les bonnes surprises de ce disque.

Et une des particularités de "Test For Echo" est que son ventre mou se situe au début du disque. Et ça, franchement, c’est catastrophique. Imaginez le gars lambda qui écoute les quatre premiers titres pour se faire un avis ? Ben il va rater "Time And Motion" qui commence à être intéressant avec son agressivité bien dosée et le mordant de Lifeson, décidément le seul à surnager tout du long, même si Geddy Lee fait de son mieux. Ses lignes de basse sont magistrales, comme à son habitude, son chant est dans la lignée de ce qu’il proposait sur "Counterparts", même si parfois on le sent mal à l’aise avec certaines lignes. Cela se ressent particulièrement sur la chanson-titre, où le pauvre semble bien emprunté, manquant d’une certaine conviction.

Et comme vous l’avez certainement remarqué en lisant ces lignes, "Test For Echo" souffre également de la comparaison avec son grand frère. En même temps, difficile de faire autrement. "Counterparts", c’était l’avènement d’un RUSH conquérant, retrouvé. "Test Of Echo", forcément, il allait prendre cher à ce petit jeu. Pour être équitable, cet album marque surtout un coup de mou dans l’inspiration, cela reste grosso modo de la bonne came, une fois que l’on passe les quatre premiers morceaux qui s’avèrent décevants. Et qui, de ce fait, vont laisser une sale impression tout du long, malgré les quelques pépites mentionnées plus haut. RUSH frise la correctionnelle, mais s’en tire plutôt à bon compte. Avec ce groupe, souvent, pointer les défauts ressemble à du pinaillage. Ici, ils sont bien réels, rendant les musiciens humains donc faillibles.

La carrière de RUSH en studio aurait pu s’arrêter là. En effet, en 1997, Neil Peart perd sa fille dans un accident de voiture, une perte douloureuse, encore plus pour la femme du batteur qui ne s’en remettra jamais. Elle mourra d’un cancer un an plus tard, laissant derrière elle un homme brisé, qui annonça aux autres musiciens sa retraite. Et Neil Peart prit sa moto et entreprit de faire le tour des USA, afin de retrouver un sens à sa vie… Geddy Lee et Alex Lifeson, quant à eux, auront l’élégance d’attendre le retour de leur ami derrière les fûts. Merci à eux.

Note réelle : 2,5/5 poussé à 3/5 pour la tétralogie qui va de "Time And Motion" à "Virtuality", soit le ventre dur du disque...

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   DARK BEAGLE

 
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- Geddy Lee (chant, basse)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. Test For Echo
2. Driven
3. Half The World
4. The Color Of Right
5. Time And Motion
6. Totem
7. Dog Years
8. Virtuality
9. Resist
10. Limbo
11. Carve Away The Stone



             



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