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RUSH - Counterparts (1993)
Par DARK BEAGLE le 11 Juillet 2017          Consultée 1014 fois

Quand on se penche sur la carrière de RUSH, on constate assez rapidement que le groupe fonctionne par périodes, assez distinctes les unes des autres. Il y a les débuts franchement Hard Rock, avec l’ombre plombée du ZEPPELIN planant au-dessus des musiciens. Puis il y a la suite, avec les premiers pas avec des atours plus progressifs avant que les synthés ne s’invitent à la fête et ne rendent l’ensemble plus accessible, arrondissant les angles alors que la voix de Geddy Lee se faisait de moins en moins criarde. Puis, depuis "Presto", le groupe revient à des racines plus Rock, les guitares sont mieux exploitées, elles font un retour sur le devant de la scène pas dégueulasse. Trois ans après un "Roll The Bones" plutôt intéressant, RUSH revient avec ce "Counterparts" à la pochette très sobre, mais qui pourrait être interdite aux moins de douze ans.

Non, parce que franchement, je ne vais pas vous faire un dessin, vous l’avez sous les yeux, mais… C’est quand même vachement explicite comme illustration, non ? Et elle n’est pas innocente vu que cette fois-ci, Neil Peart va nous parler de sexe et d’amour. Mais pas à la façon de STEEL PANTHER, non, le batteur est bien plus élégant que ça ! Il va aborder la sexualité, pour être plus précis, allant du désir à l’homosexualité avec beaucoup de pudeur. Donc, partant de ce postulat, le sens de la jaquette saute littéralement aux yeux. YouPorn avant l’heure, de quoi filer la gaule au Terminator.

Mais restons sérieux trente secondes. Le monde musical a quelque peu évolué en trois ans, surtout dans le domaine du Rock. Le Grunge et les autres mouvements alternatifs ont donné un sacré coup de pied dans la fourmilière et ce qui était tendance hier est devenu has been à une vitesse effarante. On a assisté à l’écroulement du Glam/Hair Metal avec une espèce d’indifférence bluffante. Les mecs, ils en ont perdu leurs permanentes peroxydées. RUSH, lui, c’est adapté une fois de plus à son époque. N’allez pas croire que nos Canadiens sonnent ici comme la scène de Seattle, mais on sent qu’ils n’ont pas été entièrement hermétiques au mouvement. Cela se traduit par des guitares très en avant et surtout un aspect très Rock.

C’est simple, "Counterparts" est un des albums parmi les plus Heavy de RUSH. Et l’un des moins Prog également, mais bon, on ne peut pas tout avoir non plus, hein. Mais de ce fait, certains fans dénigrent quelque peu ce disque, pas assez travaillé ou pas suffisamment bariolé à leurs goûts, ce que je peux aisément comprendre. Mais il y a un mais, justement. "Counterparts" est un disque fort, qui se retient plutôt facilement et qui n’est pas dénué d’élégance, bien au contraire. RUSH nous sert un Hard Rock sophistiqué mais jamais prétentieux.

Prenons "Animate" (oui, je sais, je prends souvent le premier titre d’un album en exemple, mais en même temps, quand ce n’est pas un simple instrumental pour mettre en train, ce premier fameux morceau à une importance capitale, c'est un peu la vitrine du disque !). L’équilibre entre les instruments est subtil, la batterie se marie avec la basse pour délivrer un groove d’enfer tandis que la guitare d’Alex Lifeson délivre une mélodie somme toute assez simple. La voix de Lee fait le reste et le reste, c’est une ouverture superbe finalement, carrée et efficace avec un refrain imparable. Et si RUSH ne semble pas en avoir fini avec les synthétiseurs, ces derniers ne prennent plus les devants comme ils pouvaient le faire dans les années 80, ils sont à présent des adjuvants plus qu’autre chose. Utilisés avec parcimonie, mais intelligence, ils embellissent et équilibrent la musique des Canadiens.

Ce disque est plutôt homogène dans son fond et sa forme, ce qui le rend très agréable à écouter. Mais il ne faut pas croire qu’on se tape un bloc d’un trait. Ce ne serait pas très digeste. Le groupe varie son propos, pas le son qu’il a décidé d’appliquer à cet effort sous la houlette de Peter Collins qui fait ici son retour aux manettes après un "Hold Your Fire" en demi-teinte. Et les musiciens vont s’amuser, ils vont proposer des morceaux qui attirent l’oreille, qui proposent tous une originalité, un trait de caractère qui leur est propre. "Double Agent" est épileptique, "Alien Shore" dégage des nuances plus Pop dans l’esprit qui sont loin d’être déplaisantes, "Sick It Out" est un bon Hard Rock énervé… RUSH joue et prend du plaisir à jouer surtout, cela est très vite perceptible.

Il ne faut malgré tout pas croire que "Counterparts" est un album léger. Il aborde également certains sujets plus difficiles, ou plutôt délicats, comme l’homosexualité, à travers "Nobody’s Hero". Ce titre, très touchant, est joué à la guitare acoustique, ce qui renforce le côté mélancolique apporté par le groupe. Geddy Lee y va avec beaucoup de subtilité, servi par un très bon texte de Neil Peart (il ne faut jamais oublier que le batteur est l’auteur de presque tous les lyrics de cette formation hors du commun, excepté ceux du premier opus, sur lequel il ne jouait pas). Bref, un titre intelligent pour un groupe qui ne l’est pas moins.

"Counterparts" est un classique un peu tardif dans la carrière de RUSH. Mais il mérite largement sa place dans le panthéon des meilleurs efforts de ce groupe qui, jusque là, menait une carrière des plus intéressantes et des plus intenses également. Bien sûr, il s’écarte de la ligne Progressive, il ne ressemble pas à ce que l’on attend forcément d’un disque de RUSH et quelque part, j’ai envie de dire « et alors ? ». Le groupe, malgré son ancienneté, continue d’aller de l’avant, de changer, d’évoluer, de proposer de l’inédit et il y arrive de bien belle façon. "Counterparts" se range sans soucis aux côtés des "2112", "Moving Pictures", "Permanent Waves" ou encore "Signals" pour ne citer qu’eux, il ne fera nullement tache.

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- Geedy Lee (chant, basse, claviers)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. Animate
2. Sick It Out
3. Cut To The Chase
4. Nobody's Hero
5. Between Sun & Moon
6. Alien Shore
7. The Speed Of Love
8. Double Agent
9. Leave That Thing Alone
10. Cold Fire
11. Everyday Glory



             



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