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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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1981 Moving Pictures
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1982 Signals
1984 Grace Under Pressure
1985 Power Windows
1987 Hold Your Fire
1989 Presto
1991 Roll The Bones
1993 Counterparts
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RUSH - Moving Pictures (1981)
Par DARK BEAGLE le 10 Juillet 2019          Consultée 832 fois

À quoi reconnaît-on un grand groupe ? Cela ne peut tenir qu’à sa popularité même si cela peut parfois être un indice solide. Combien de fois avez-vous allumé la radio ou la télé et avez-vous halluciné devant le succès rencontré par certaines chansons, chanteurs ou formations alors qu’à vos oreilles c’est du vide ? Et combien d'albums, dans le genre qui nous concerne, se retrouvent adulés par le plus grand nombre mais dont le succès vous demeure inexplicable ? Est-ce que cela tient à la capacité du groupe à se renouveler, pour toujours proposer quelque chose de nouveau ? Ou au fait que ce qu’il propose devient fédérateur, qu’il inspire d’autres groupes et fait ainsi évoluer le monde de la musique ? RUSH est-il un grand groupe ?

La réponse la plus évidente est « oui ». Franc, direct et massif. Les Canadiens auront mis du temps, mais ils sont devenus une valeur sûre de la scène Rock Prog en livrant des morceaux et des albums qui se sont fait remarquer. "Moving Pictures" est ainsi précédé par une réputation flatteuse. L’album jouit d’une renommée forte, au point où il est souvent désigné comme étant le meilleur album de RUSH. Rien que ça. Mais il faut dire, il en a les atours et les atouts pour prétendre à ce rang. Mais ce n’est pas aussi facile que cela : "Moving Pictures" se place dans une continuité qui cherche également à s’approprier les changements musicaux de ce début d’années 80.

Aussi, "Moving Pictures" s’inscrit dans la suite logique de "Permanent Waves". Il faut dire que RUSH a toujours fonctionné par cycles bien définis, avec des disques qui se suivent dans un registre en particulier, avant d’évoluer vers autre chose quelques années plus tard, quand les musiciens ont fait le tour de la question dans leur approche. Aussi, nous retrouvons beaucoup du style abordé sur "Permanent Waves" ici, avec des morceaux plus courts mais toujours techniques, un sens de la mélodie qui fait mouche et un apport du clavier bien présent sans être trop envahissant, sans oublier quelques pièces de bravoure, plus longues, orgueilleuses mais nullement ennuyeuses. Un tour de force de la part des Canadiens qui restent sur une dynamique exceptionnelle.

Bien sûr, difficile de passer à côté de "Tom Sawyer" tant ce titre est connu. La basse est mixée bien en avant, elle claque fort, la batterie de Neil Peart l’accompagne, solide, derrière tandis que Alex Lifeson produit un riff tenace, qui reste bien en tête même si la mélodie n’est pas forcément facile. Et il y a la voix de Geddy Lee qui parachève ce monument du Progressif. Ce dernier semble avoir trouvé sa vitesse de croisière derrière le micro. Il ne s’arrache plus les cordes vocales à crier ou à tenter d’atteindre des notes qui semblaient audibles que par un chat ou une chauve-souris. D’ailleurs, son chant n’évoluera plus beaucoup à travers le temps, même si le bassiste saura impressionner bien souvent où on ne l’attend pas, comme sur "Counterparts" ou "Clockwork Angels" par exemple.

Mais aussi bon Tom "Sawyer" soit-il, il est un arbre qui cache la forêt, voire un épouvantail qui dissimule les qualités des autres morceaux. Et pourtant il y en aurait à dire dessus ! RUSH est vraiment dans une période où tout lui réussit : l’inspiration est au rendez-vous, les morceaux s’enchaînent avec beaucoup de fluidité, au point où ça en devient écœurant de facilité et surtout, chaque composition possède sa personnalité propre. Les Canadiens alignent les titres de qualité comme s’il s’agissait d’un exercice aisé. Le talent entre bien entendu en compte, mais il y a également une bonne dose de feeling et surtout, nous sommes face à des musiciens qui ne se fixent aucune limite à leur façon d’écrire et ont appris de leurs premières tentatives de morceaux longs et complexes, où les enchaînements étaient parfois difficiles. L’expérience parle et le groupe agit.

Aussi, "Red Barchetta" est un petit bijou, sur lequel Neil Peart s’est amusé à revenir à la science-fiction pour raconter une histoire vraiment loufoque qui a pour décor un monde où les véhicules motorisés sont interdits par la loi et où l’on assiste à une course poursuite d’un jeune dans une "Red Barchetta" donc et les flics. Encore une fois, Neil Peart s’inspire d’un récit, ici une nouvelle et a l’élégance de le notifier dans le livret. Mais là où le groupe se montrera le plus percutant, c’est sur l’instrumental "YYZ", qui part d’un code de morse pour déboucher sur un véritable dialogue à trois, où tous les instruments se répondent, avec une basse qui claque et une guitare acérée, tandis que les fûts sont martelés de façon frénétique, pour délivrer une rythmique riche et complexe.

Un titre faible ? N’en cherchez pas, il n’y en a pas. Chaque composition possède son ambiance, son intérêt. "Limelight" développe une ambiance plus Rock’N’Roll avec un riff basique qui sera parfaitement nourri par la suite pour devenir plus conséquent, "Vital Signs" s’approche du Reggae, pour finalement sonner comme un POLICE en plus Heavy et là encore, c’est une réussite. Vous cherchez quelque chose de plus sombre ? "Witch Hunt" fera parfaitement l’affaire, avec son ambiance pesante et son sujet pour le moins polémique. Il s’agit également de la première apparition de la tétralogie "Fear", même s’il s’agit de la troisième partie. Si l’on se réfère à SAGA, ça doit être un truc de Canadien de ne rien faire dans l’ordre.

Et il y a aussi un pur moment de Rock Progressif avec "The Camera Eye", une belle pièce de près de onze minutes et la dernière composition aussi longue pour RUSH, tout simplement. Alex Lifeson livre un beau travail à la guitare sur ce morceau qui coule doucement, sans que le temps ne semble passer. Non, il est vraiment difficile de prendre RUSH à défaut sur cet album et pourtant il y en a un. Oh, il est assez minime, il n’est même pas dérangeant plus que cela vu que tous les morceaux sont très bons. En fait, ce disque n’a pas la spontanéité de son prédécesseur, qui avait su conserver un bon grain de folie, palpable dès "The Spirit Of Radio", ce qui fait qu’à titre personnel je préférerai toujours "Permanent Waves" à "Moving Pictures". Il y a également une part plus importante sur cet album de claviers, qui annonce les changements qui auront lieu à partir de "Signals", mais là encore, c’est plus la fin d’une ère qui se dessine qu’un réel point noir. Encore aujourd’hui l’album reste agréable à écouter, en grande partie grâce à la production de Terry Brown, qui était véritablement le quatrième homme du groupe.

"Moving Pictures" est souvent l’album de RUSH que les fans préfèrent. Son côté très millimétré permet de rentrer facilement dedans, il s’écoute d’une traite, les quarante minutes défilent sans y paraître et c’est juste parfait. Il est la porte d’entrée idéale pour découvrir l’univers des Canadiens : encore assez Hard pour revenir à son essence première, délicatement Prog pour nous contenter tous et avec des claviers présents mais pas envahissants qui permettent d’aborder la suite de leur carrière sereinement. C’est presque l’album parfait, quelque part. Il lui manque juste le petit grain de folie que l’on retrouvait sur les trois-quatre opus précédents et on obtenait un véritable chef d’œuvre, certifié conforme avec pedigree et tout le bazar. Mais accessoirement, et il l’a tout de même bien prouvé ici, RUSH est un grand groupe.

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   (2 chroniques)



- Geddy Lee (chant, basse)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. Tom Sawyer
2. Red Barchetta
3. Yyz
4. Limelight
5. The Camera Eye
6. Witch Hunt
7. Vital Signs



             



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