Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD ROCK  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Style : Led Zeppelin, Montrose
- Style + Membre : Leslie West

MOUNTAIN - Nantucket Sleighride (1971)
Par DARK BEAGLE le 1er Mai 2018          Consultée 753 fois

Quelque part, on peut dire que Leslie West cherchait vraiment à qu’on lui fasse des remarques sur son surpoids (peut-être pour le plaisir de coller une mandale de la taille d’un bifteck ?). Après MOUNTAIN, non de groupe qui évoque forcément la masse, voilà que le groupe intitule son second album "Nantucket Sleighride" qui est une expression des chasseurs de baleines pour décrire ce qui arrive quand un de ces cétacés a été harponné - comme l'indique l'illustration dans le livret. Ce que la pochette, au moins aussi psychédélique que celle de "Climbing!", ne traduit pas du tout. Mais finalement, ce titre un peu étrange prend toute sa signification quand on rentre dans cet album… Énorme.

MOUNTAIN, c’est une vision Heavy du Rock, comme l’avait déjà admirablement démontré "Climbing!" sorti un an plus tôt. Les influences Blues sont très présentes, Leslie West n’est pas un guitariste qui fait les choses à moitié et les musiciens derrière lui suivent admirablement, le tout dopé par le production de Felix Pappalardi, qui tient également la basse au sein de la formation et qui, surtout, n’a rien d’un débutant vu que son nom est souvent associé à CREAM. Mais l’aspect massif du Hard Rock joué par MOUNTAIN n’exclut en rien des mélodies vivaces, qui se retiennent facilement et qui ouvrent de larges palettes de sentiments.

Il y a bien sur les titres directs, à l’image de "Don’t Look Around" ou "You Can’t Get Away!", où les guitares se font grasses, les rythmiques bien plombées comme il faut. Les riffs sont simples dans l’idée, l’interprétation sans faille et on se prend des petites claques bien comme il faut derrière la tête. Mais c’est souvent à travers les morceaux les plus ambitieux que MOUNTAIN va se montrer brillant, à l’image du title-track et on en revient donc à la chasse à la baleine, n’en déplaise à Leslie West. Et là on va revenir sérieux trente secondes.

La chanson est dédicacée à un certain Owen Coffin. Quand on fait des recherches rapides, on découvre quand même une histoire assez sordide derrière tout cela, vu qu’on part d’un naufrage d’un baleinier, l'Essex, parti à la chasse au cachalot. Les survivants ont vu leurs réserves de nourriture fondre comme neige au soleil et à moment donné, la survie étant ce qu’elle est, ils ont joué à la courte-paille. Le perdant serait mangé par les autres et c’est tombé sur le jeune Owen Coffin, âgé de 18 ans, qui a refusé que son cousin, le capitaine du navire, se sacrifie à sa place. Oui, l’histoire a fortement inspiré Melville pour Moby Dick et AHAB s’en sert pour la trame de son "The Divinity Of Oceans".

Et ici, MOUNTAIN livre un travail remarquable en moins de six minutes, avec une approche mélodique irrésistible, qui appuie la dramatique du récit. Le solo de West est une invitation à de longues improvisations en concert, comme on peut l’entendre sur "Twin Peaks" (1974), où l’interprétation devient tout simplement dantesque. Le groupe utilise les mêmes recettes développées sur le premier opus, au travers des morceaux comme "Theme From An Imaginary Western" ou "For Yasgur’s Farm", en jouant avec les riffs et le groove pour exprimer ses idées.

Et on se laisse prendre au jeu. Évidemment, la musique proposée s’avance avec une simplicité apparente, elle s’assimile vite. Mais le groupe varie suffisamment son propos pour toujours garder l’auditeur en alerte. On passe allègrement du gros Hard Rock qui tache ("Don’t Look Around") à des ballades plus nuancées, laissant souvent des ouvertures aux influences Bluesy du groupe ("Tired Angels", morceau dédié à Jimi HENDRIX qui avait cassé sa pipe quelques mois plus tôt et avec lequel West avait mis le feu à Woodstock en 1969, "My Lady"…), des titres plus WTF, comme "The Animal Trainer And The Toad" et son piano désabusé.

Et le disque s’achève avec deux morceaux d’anthologie, "Travellin’ In The Dark", qui, avec sa mélodie insistante, brille de mille feux. Les paroles, simples, sont répétées, encore et encore, jusqu’à en devenir une bien étrange litanie. "The Great Train Robbery" est quant à lui une dernière incursion dans le Blues, avec un piano qui se livre un duel avec les hurlements de la guitare de West. Il est également l’autre morceau de bravoure de cet album avec pas loin de six minutes au compteur également. Il offre un finish reposant, pour nous permettre de nous remettre des émotions diverses qui nous ont traversées à l’écoute de ce "Nantucket Sleighride".

Ce disque est néanmoins un poil moins impressionnant que son illustre prédécesseur, malgré ses purs moments de bravoure et sa justesse. On ne va pas incriminer inutilement l’anecdotique instrumental "Taunta (Sammy’s Tune)" qui sert à introduire le title-track et qui dépasse à grand peine la minute, ce serait ridicule. Disons simplement que l’effet de surprise est passé et qu’il est possible que l’on accroche un poil de cul moins à cet album, qui n’en demeure pas moins un indispensable de la formation menée par West et Pappalardi. La mort tragique de Owen Coffin n’aura décidément pas été vaine…

Note réelle : 4,5/5.

A lire aussi en HARD ROCK par DARK BEAGLE :


RUSH
Counterparts (1993)
Dis-moi comment tu m'aimes




RUSH
Signals (1982)
Savoir survivre dans les années 80


Marquez et partagez




 
   DARK BEAGLE

 
  N/A



- Leslie West (chant, guitare)
- Felix Pappalardi (basse, chant, piano, guitare)
- Corky Laing (batterie)
- Steve Knight (claviers)


1. Don't Look Around
2. Taunta (sammy's Tune)
3. Nantucket Sleighride (to Owen Coffin)
4. You Can't Get Away !
5. Tired Angels (to J.m.h.)
6. The Animal Trainer And The Toad
7. My Lady
8. Travellin' In The Dark (to E.m.p.)
9. The Great Train Robbery



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod