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GRETA VAN FLEET - The Battle At Garden's Gate (2021)
Par DARK BEAGLE le 6 Septembre 2021          Consultée 1176 fois

En vérité, l’idée de chroniquer ce nouvel effort de GRETA VAN FLEET ne m’enthousiasmait guère, j’avais même laissé toute latitude pour qu’un collègue récupère la chose, en vain. Il faut dire que je n’ai pas été tendre avec ces jeunots sur leurs précédents efforts et que certains lecteurs me l’ont bien rendu (1). Je m’étais dressé peu ou prou ce discours dans ma caboche « bon, si c’est encore pour tirer à boulets rouges sur des p’tits gars qui ont un don mais qui ne s’en servent pas de la meilleure des façons selon moi, est-ce que cela vaut vraiment le coup de faire un papier sur eux ? Ne vaut-il pas mieux que l’album fasse l’objet d’une boîte à demandes et je ferai alors profil bas jusqu'à ce que quelqu’un récupère le bébé ? ». Puis j’ai écouté le disque en question.

"The Battle At Garden’s Gate" m’a surpris. Et plutôt dans le bon sens. Si les influences du Dirigeable Plombé sont toujours présentes ("Stardust Chords" aurait pu être une composition de la seconde partie de carrière de Page et Co), elles sont ici bien plus diluées et le groupe commence à s’émanciper musicalement, tout en restant très inspiré par les musiques des années 60 et 70. Et il ne se veut absolument pas frontal, il prend son temps pour amener les choses, capables de belles montées en puissance durant des morceaux à géométrie variable. Alors autant commencer par parler des défauts.

Ils ne sont pas particulièrement nombreux. Pour faire simple, la formation se montre à la fois trop gourmande et généreuse. Le LP est long. Un peu plus d’une heure et les derniers morceaux ont tendance à ne pas exploser comme ils le devraient ou le mériteraient. C'est d'autant plus dommage qu'ils m'ont apparu bien meilleurs quand je reprenais l'écoute après une pause vers les deux tiers du disque. Il faut dire (et là nous touchons le deuxième point faible de l’opus) que la voix de Joshua Kiszka, très proche de celle de Plant, peut agacer quand il crie plus qu’il ne chante et c’est dommage parce que s’il modulait un peu plus, l’ensemble aurait certainement été moins éreintant. Parce que l’on sort de l’écoute de ce disque un brin lessivé.

Pourtant, la musique est franchement cool. Ok, je sais, ce n’est pas un argument, ni même une description, mais c’est le meilleur terme que j’ai trouvé pour la décrire. "Trip The Light Fantastic" est un petit plaisir loin d’être coupable tant cette chanson est solaire. Elle dégage un je ne sais quoi de feelgood qui donne envie de se déchirer les cordes vocales en chœur. Mais c’est un exemple – certes lumineux – mais plusieurs titres tirent leur épingle du jeu, dans des ambiances parfois plus sombres, ou simplement plus mélancoliques. Les progrès réalisés depuis "Anthem Of The Peaceful Army" sont flagrants. GVF a mûri son propos et s’il n’est plus aussi direct, il se veut plus séduisant en étant plus réfléchi.

Les petits passages à la guitare acoustique qui laissent place à l’électricité fonctionnent à merveille, la section rythmique est bien en place, ça joue bien et surtout, "The Battle At Garden’s Gate" n’est en rien linéaire. On ne va pas avancer qu’il est plus Prog dans l’esprit, ce ne serait pas exact. Avancer qu’il est ambitieux s’avèrera déjà plus juste, comme ce morceau qui est à lui seul le single idéal et le phare de ce disque, un "Broken Bells" soigné et puissant dès que l’ensemble s’emballe. Il est totalement représentatif de cet album, des chansons comme la très belle "Tears Of Rain" ou encore ce final tout en splendeur qu’est "The Weight Of Dream" (quel solo de guitare !) contiennent de cet ADN, de cette force évocatrice pour le moins séduisante.

L’apport du clavier s’avère crucial ici. Il prend la place qu’il faut, il ne s’impose pas trop au détriment de la guitare, mais il arrondit les angles, propulse les mélodies et apporte un équilibre non négligeable à l’ensemble. Et même si la musique pratiquée n’a rien de révolutionnaire et qu’elle n’aurait pas dépareillée dans le paysage radiophonique des années 70, elle arrive ici à être plus touchante, plus honnête également. L’ombre du Dirigeable semble s’éloigner et ce n’est pas plus mal au final, une personnalité commence à poindre au milieu de tout cela et le potentiel – qui était jusqu’alors mal exploité à mon sens – devient bien plus palpable et présente pour le coup un intérêt nouveau.

En effet, GRETA VAN FLEET confirme ici une chose qui était déjà évidente sur ses débuts : les musiciens sont bons à leur poste, sur le plan de la technique et du feeling, il est difficile de les prendre en défaut. Et à présent, on peut également clairement avancer qu’il y a un véritable potentiel derrière tout cela, quand on écoute la finesse derrière les morceaux de ce "Battle At The Garden’s Gate", ce que j’ai refusé d’admettre sur les premiers efforts tant cela tirait trop vers LED ZEPPELIN, comme si le mimétisme des voix entre Joshua Kiszka et celle de Robert Plant était une excuse pour devenir également un caméléon au niveau de la musique.

Vous pouvez appeler cela un retournement de veste si vous le voulez, je ne m’en offusquerai pas. J’ai juste pris énormément de plaisir à écouter ce disque et qu’il vienne d’un groupe comme GRETA VAN FLEET, que je ne portais pas en haute estime, me réjouit particulièrement. Parce que, plus que le fait qu’il rentre en phase avec mes goûts plus ou moins douteux, il montre que les p’tits gars en ont sous le semelle et qu’ils osent sortir du carcan dans lequel ils auraient pu s’enfermer d’eux-mêmes s’ils avaient choisi la solution de facilité, comme cela semblait le cas à leurs débuts (et, en cela, je reste en accord avec mes précédentes chroniques). Ils grandissent. Ils évoluent. Ils se forgent un son qui, lentement mais sûrement, leur deviendra propre, à mesure que les vieilles influences s’effaceront ou se voudront mieux digérées. Cette fois-ci, oui, le potentiel est là, palpable. "The Battle At Garden’s Gate" est une réussite. Je ne crierai cependant pas au chef d’œuvre car amputé de deux ou trois titres, l’album serait plus digeste. Wait and see…

(1) Aucune rancune. La diversité des goûts et des ressentis est essentielle ; sinon qu’est-ce que l’on se ferait chier…

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- Joshua Kiszka (chant)
- Jacob Kiszka (guitare)
- Samuel Kiszka (basse, claviers)
- Daniel Wagner (batterie)


1. Heat Above
2. My Way, Soon
3. Broken Bells
4. Built By Nations
5. Age Of Machine
6. Tears Of Rain
7. Stardust Chords
8. Light My Love
9. Caravel
10. The Barbarians
11. Trip The Light Fantastic
12. The Weight Of Dreams



             



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