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- Style : Led Zeppelin, Montrose
- Style + Membre : Leslie West

MOUNTAIN - Flowers Of Evil (1971)
Par DARK BEAGLE le 19 Janvier 2019          Consultée 429 fois

Pour MOUINTAIN, l’année 1971 aura été une année faste. Non seulement le groupe publie "Nantucket Sleighride", un album solide, mais en plus il se permet de récidiver avec "Flowers Of Evil" en novembre. Terminé les pochettes tout en couleurs (sauf pour le nom du groupe, où l’on retrouve la patte graphique des premiers opus), la formation fait place à une photographie un peu banale, qui illustre bizarrement la prose de Baudelaire. À moins que cela ne parle de cannabis, dans quel cas, oui, ça fait bien hippie quand même tout ça. Mais "Flowers Of Evil" s’avère un peu plus difficile à appréhender.

Dans les années 60 et au début des 70, il n’était pas rare qu’un groupe sorte un disque constitué de titres studio et de prises live. "Wheels Of Fire", de CREAM par exemple, est un double-album constitué d’un premier disque studio et un second live, tandis que "Goodbye", de la même formation proposait trois morceaux classiques et trois autres capturé devant un public conquis. "Flowers Of Evil" suit le même schéma, il s’agit d’un opus hybride, qui ne s’écoute pas de la même façon en fonction de la face que l’on écoute. Parce que oui, il y a un intérêt à écouter cet album dans sa forme vinyle, pour profiter au maximum de l’expérience.

Et quel était le point commun entre CREAM et MOUNTAIN ? La présence de Felix Pappalardi, qui a produit la bande à Clapton et qui, si on le retrouve aussi derrière les manettes, est le bassiste de la formation de la masse Leslie West (et encore, là, il était mince, si on peut utiliser un tel terme pour le décrire). Il n’est donc pas impossible que l’idée de sortir un tel disque soit de Felix. Aussi "Flowers Of Evil" est un disque qui s’inscrit complètement dans son époque et qui peut sembler étrange, complètement suranné aujourd’hui.

La première face est donc composée de cinq morceaux studio dont un instrumental, "King’s Chorale", qui n’apporte pas franchement grand-chose à l’ensemble mais qui permet d’introduire joliment "One Last Cold Kiss", une ballade agréable sans être formidable. Mais penchons-nous d’abord sur le morceau titre qui ouvre les hostilités à la cool. Nous avions déjà connu MOUNTAIN plus lourd et plus tranchant, mais cette approche Rock’N’Roll est loin d’être déplaisante. Le riff sonne de façon très ROLLING STONES sur les couplets, le toucher de Leslie West est remarquable de feeling, gorgé de ces racines Blues qui définissent parfaitement ce guitariste. La marque des Pierres qui Roulent s’estompe cependant sur un refrain plus mélodique qui s’inscrit parfaitement dans le schéma de la chanson.

"Crossroader" séduira quant à lui par son côté direct, frontal. Il s’inscrit dans la tradition des morceaux agressifs de MOUNTAIN, où la guitare de West trouve du répondant avec la section rythmique assurée par Felix Pappalardi et Corky Laing, ponctuée par le clavier intelligemment inséré de Steve Knight. "Pride And Passion", plus ambitieuse avec ses sept minutes, s’inscrit dans la continuité de ce qui a été fait sur "Nantucket Sleighride", avec son côté alambiqué, riche, qui permet d’achever la partie studio de bien belle façon. Seulement, dès que l’on entame la face B, tout cela va être remis en perspective.

En effet, la scène reste le terrain de jeu favori de Leslie West et de sa bande. Ce dernier avait déjà mis le feu sur les planches de Woodstock, il récidive ici sur une longue pièce de vingt cinq minutes, "Dream Sequence" qui se veut un amalgame de parties instrumentales, d’improvisation, de reprises et de parties plus construites qui permettent à l’ensemble de tenir. L’exercice aurait pu s’avérer être sacrément casse-gueule, mais le groupe s’en sort vraiment très bien. La guitare hurle, les différentes parties s’enchaînent sans temps mort, avec une nonchalance remarquable. Tout est bien huilé, mais MOUNTAIN ne donne pas l’impression d’exercer un contrôle total dessus, il laisse une part au feeling, à la tentation de jouer une note plutôt qu’une autre.

Difficile en effet de résister à l’enchaînement entre le solo de West et la reprise musclée du "Roll Over Beethoven" de Chuck BERRY, absolument jouissif. Le groupe fait étalage d’une démesure plaisante, incendiaire, avec une énergie communicative qui ne s’éteint à aucun moment. Et le mieux, c’est que l’on ne se perd jamais, il y a toujours une espèce de fil conducteur dans le son, dans l’interprétation sans faille de la formation, qui se poursuit encore sur le classique "Mississippi Queen", Heavy et impérial, qui vient offrir un superbe épilogue à cette prestation intense, mais bien trop courte (enfin bon, on a quand même une demi-heure de live quasiment).

Mais le problème, qui a déjà été évoqué, c’est que cette face B rend son opposée obsolète. En effet, la partie studio sonne au final un brin posée, moins agressive que ce qu’elle devrait être. Il lui manque l’énergie live dont elle a désespérément besoin par instants. Et pourtant, on savourera toujours l’élégance un peu gauche dont fait montre le groupe, on appréciera encore et encore le toucher de West, guitariste flamboyant que l’on a souvent tendance à oublier mais qui pourtant fait partie des grands de son époque. Et surtout, on applaudira ce feeling qui transpire de chaque morceau, de chaque note.

"Flowers Of Evil" aurait pu être le dernier album studio de MOUNTAIN, qui splittera en 1972 pour se reformer un peu plus tard, mais sans jamais atteindre le niveau qu’il avait à ses débuts, ne retrouvant plus la même inspiration, la même force évocatrice. Les meilleurs opus resteront donc toujours les trois premiers, qui sont de véritables joyaux, des indispensables du genre pour qui aime les formations des années 70. Et malgré le fait que celui-ci possède une face qui fait de l’ombre à l’autre, il n’en demeure pas vraiment moins appréciable que son prédécesseur, il se veut juste différent.

Note réelle : 3,5/5, baissé à 3 pour le côté déséquilibré.

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- Leslie West (chant, guitare)
- Felix Pappalardi (basse, chant)
- Corky Laing (batterie)
- Steve Knight (claviers)


1. Flowers Of Evil
2. King's Chorale
3. One Last Cold Kiss
4. Crossroader
5. Pride And Passion
6. Dream Sequence
7. Mississippi Queen



             



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