Recherche avancée       Liste groupes



      
POP ROCK / METAL  |  STUDIO

Commentaires (4)
Metalhit
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Bon Jovi, Danger Danger, Satan Jokers, The Darkness
- Membre : Roadhouse, Riverdogs, Dio
 

 Site Officiel (68)
 Chaîne Youtube (49)
 Soundcloud (65)

DEF LEPPARD - Slang (1996)
Par JEFF KANJI le 21 Octobre 2015          Consultée 885 fois

DEF LEPPARD a entendu des voix s'élever et "Adrenalize" a été par pas mal d'observateurs vu comme un second "Hysteria", ce avec quoi je ne suis pas tout à fait d'accord. J'ai l'impression que le son de DEF LEPPARD y était stigmatisé et que la musique très produite du groupe rentrait désormais dans la case ringardos, et définitivement ancrée dans les années 80. En tout cas, avant de se tourner vers le Grunge, le public avait accroché ! Il suffit de se rappeler le public du Freddie Mercury Tribute Concert, qui, un mois après la sortie de "Adrenalize", chante déjà "Let's Get Rocked" en chœur.

Après avoir capitalisé sur ce succès populaire avec, en vrac, une box de singles, une compilation d'inédits de haute volée, un EP live, une vidéo ("Visualize") et un single inédit extrait des sessions de "Adrenalize", non-inclus de peur de surcharger l'album en ballade ("When Love And Hate Collide"), inclus dans un Greatest Hits, il est temps de passer à autre chose et de proposer du neuf. Les sessions très prolifiques du nouvel opus des Anglais vont être l'occasion d'explorer de nouveaux horizons et de s'éloigner un peu du Hair Metal pour lequel ils sont connus dans le monde entier.

C'est également le premier opus studio entièrement réalisé avec le concours de Vivian Campbell. L'ex-SWEET SAVAGE a été préféré à Adrian Smith et John Sykes, qui eux aussi avaient postulé pour le poste, et dans un style différent de Steve Clark, le Nord-Irlandais sut au fil des ans parfaitement prendre sa place sur l'échiquier et la paire qu'il forme depuis lors avec Phil Collen est redoutable de complémentarité (la répartition des guitares que le groupe fera en concert est parlante de ce point de vue).

"Slang" est une grosse surprise pour tous. Déjà le groupe y abandonne son traditionnel logo pour faire dans la sobriété, particulièrement bien vue en ce milieu des années 90. Mais le lifting est musical aussi ! Le groupe abandonne (pour un temps) l'esthétique sonore qui l'a fait connaître et propose des guitares plus Heavy, et enrobe ses titres de claviers, boucles de percussions (comme sur "Rocket") et autres bruitages qui contribuent à donner une certaine dynamique aux titres, la courte et efficace pièce-titre en étant sans doute la plus belle preuve. Il ne faut pas compter sur le LEP pour épurer sa musique, et ces bidouillages de studio ont de nouveau de l'espace, plus qu'ils n'en ont jamais eu sur les albums du groupe.

Mais "Slang" sonne organique c'est indéniable. Les penchants Heavy sont beaucoup plus affirmés ici et renforcés par deux choses : la première c'est que le groupe s'est séparé de Mutt Lange qui refusait catégoriquement de voir le groupe partir dans une veine plus dark, moins orientée strass et paillettes (moins Pop en somme) tant au niveau de la musique que des textes d'ailleurs. La seconde c'est que les musiciens atteignent la quarantaine et vivent des situations personnelles parfois compliquées, Rick Allen, condamné pour violences conjugales et qui doit à son tour soigner son alcoolisme, Joe Elliott impliqué dans une agression, Phil Collen qui divorce et enfin Rick Savage, qui en plus de perdre son père, est victime d'une paralysie faciale partielle. Le groupe en a marre de tout cet univers sur lequel sa carrière est arc-boutée, et décide d'enregistrer à l'ancienne, en groupe. Et Rick Allen repasse sur kit acoustique !

Cet album a été mal compris et d'ailleurs les fans préféreront largement la version démo de "Truth?" plus proche du son "Adrenalize" que celle plus travaillée mais plus rentre-dedans de "Slang". Je suis assez partagé sur cet album qui présente un visage plus réaliste sur la musique de DEF LEPPARD, cet alliage subtil de Hard Rock aux relents Heavy, avec ce sens de la Pop assumé et plutôt sûr bien mis en évidence par les célèbres chœurs du Léopard Sourd. En cherchant à sonner dark, DEF LEPPARD a peut-être été trop gourmand, car entre bidouillages et effets en tous genre, "Slang" est tout de même chargé en informations et on peut parfois perdre le fil. L'ouverture sur "Truth?" en est un très bon exemple. Et puis de (trop) nombreux titres, clairement popisants, ramollissent durablement l'album et il y a fort à parier que de nombreux auditeurs auront eu du mal à surmonter la triplette "All I Want Is EVerything" – "Work It Out" – "Breathe A Sigh".

À côté de ça, l'autre bizarrerie que je constate, c'est que "Slang" sonne beaucoup plus agressif d'un point de vue sonore que ses prédécesseurs, mais cette orientation nettement plus Pop le dessert. Cela rend son écoute et son appréciation assez particulière je dois dire. Certains détesteront ces mélodies tout à fait radiophoniques (mais pas racoleuses pour autant) que le chant plus posé de Joe Elliott vient accentuer. Par contre que de richesse sur cet album ! La diversité d'idées (et leur nombre à en juger par le florilège de nouveaux titres proposés par la version Deluxe) rend cet album plus difficile d'accès que n'importe lequel des opus du LEP, un peu à l'image du "Nine Lives" d'AEROSMITH et il demande beaucoup de patience pour révéler toute la richesse de son contenu.

C'est sans doute en cela qu'il n'a pas eu sa chance et qu'il se vendit beaucoup moins bien que "Adrenalize" et qu'il a signé le début d'une période de creux pour DEF LEPPARD. En outre, à l'exception du morceau-titre, "Slang" ne dispose pas de hits en quantité industrielle comme le proposaient "Hysteria", un album qui poursuivra les Anglais jusqu'au bout…

Je retiens "Truth?", "Slang", le monstrueux "Gift Of Flesh", l'hommage à Steve Clark "Blood Runs Cold" et "Pearl of Euphoria" comme piliers d'un album travaillé mais inégal.

A lire aussi en POP ROCK / METAL par JEFF KANJI :


QUEEN
Greatest Hits Ii (1991)
The show must go on




RAINTIME
Psychromatic (2010)
Chant du cygne d'un mutant : remarquable.


Marquez et partagez




 
   JEFF KANJI

 
   POWERSYLV

 
   (2 chroniques)



- Rick Allen (batterie,choeurs)
- Vivian Campbell (guitare,choeurs)
- Phil Collen (guitare,choeurs)
- Joe Elliott (chant)
- Rick Savage (basse,choeurs)


1. Truth?
2. Turn To Dust
3. Slang
4. All Iwant Is Eveything
5. Work It Out
6. Breathe A Sigh
7. Deliver Me
8. Gift Of Flesh
9. Blood Runs Cold
10. Where Does Love Go When It Dies
11. Pearl Of Euphoria



             



1999 - 2016 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod