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DEF LEPPARD - Adrenalize (1992)
Par JEFF KANJI le 17 Octobre 2015          Consultée 2353 fois

Pas banal ce groupe. DEF LEPPARD est un géant du Hard Rock autant que de l'AOR qui a traversé les épreuves humaines avec conviction et une foi inébranlable. Quand Pete Willis s'est mis à déconner, Phil Collen a apporté une plus-value considérable. Quand Rick Allen a perdu son bras, le groupe a fait corps pour l'encourager à continuer l'aventure ensemble, au prix de compromis sur le jeu et le son. Quand Mutt Lange a fait défection pour finalement revenir, DEF LEPPARD n'a jamais quitté son "Hysteria" de l'objectif (il le réenregistrera même intégralement). Et quand il a fallu miser sur pas moins de sept singles pour vendre "Hysteria", avant que "Pour Some Sugar On Me" n'apporte enfin la délivrance et que près d'un an après sa sortie, le quatrième album des Anglais fasse carton plein partout dans le monde, et qu'il fallait en écouler au minimum cinq millions pour espérer amortir les dépenses engendrées par des années de galère, DEF LEPPARD a toujours persévéré.

Et même s'il n'est plus amusé par ce business qui l'aura contraint à tourner dix-huit mois pour promouvoir "Hysteria" et donc l'amortir, DEF LEPPARD vit pour sa musique et cherche à enregistrer rapidement un successeur, comme il l'avait promis dans les notes du livret de l'album. DEF LEPPARD devient adulte et certains se posent, voire se marient et font des enfants, ce qui ralentit la conception du futur "Adrenalize". Même si les MTV Video Awards sont pour le groupe l'occasion de tester "Tear It Down" avec de nouveau le succès à la clef, il paraît compliqué de retrouver les vibes de 1987. Arc-bouté sur l'écriture de l'album, le groupe doit malheureusement assister impuissant à la descente aux enfers de Steve Clark, très sérieusement alcoolique, qui peine à se sortir de la spirale de l'addiction. Là où Phil Collen réussit (il deviendra même végétarien par la suite, menant une vie des plus saines), Steve Clark lâche prise et quitte notre monde le 8 janvier 1991 après de multiples aller-retours en cure de sevrage… Sale année pour notre musique qui au-delà des monuments du Metal sortis, voit quelques-uns des musiciens emblématiques de la décennie précédente passer l'arme à gauche (Eric Carr, Freddie Mercury et Johnny Thunders dont le style de Clark était inspiré). Un remake de 1980 ? Une décennie qui se referme douloureusement à son tour oui...

Phil Collen ne s'en remet pas et songe sérieusement à quitter le groupe après l'avoir enregistré cet "Adrenalize". Mais il faut le terminer ne serait-ce que pour Steve qui a largement contribué à sa composition. Phil va alors mimer le jeu de son ami pour que le disque garde son authenticité. Le jeu moderne, précis et chirurgical de Phil a toujours été complémentaire de celui de Steve, plus blues et old school. Fort heureusement, Phil n'en fera rien, et c'est rien de moins que Vivian Campbell (ex-DIO) qui prendra la place lors du Freddie Mercury Tribute Concert qui suit de près la sortie de cet "Adrenalize", et avec qui Phil retrouvera cette complémentarité.

L'album est produit par les quatre rescapés, et Mutt Lange, toujours présent, se contente cette fois du poste de producteur exécutif ; comprenez que s'il partage toujours ses idées avec le groupe, il n'a pas composé pour cet opus. Ce sont les deux guitaristes, Phil Collen et Steve Clark le posthume, qui se taillent la part du lion et un titre signé Collen/Elliott/Lange/Savage vient rendre hommage au disparu : il s'agit du beau "White Lightning". Et ce titre, à l'image de "Tear It Down" ou encore "Personal Property" met l'accent sur le tempérament Hard du combo. Rick Allen dispose de nouveau d'une véritable grosse caisse et son sample Fairlight est plus puissant et commence à ressembler de nouveau à une caisse claire. Le son de la batterie est un premier gros point fort de l'album qui marque de fait une nette progression par rapport à "Hysteria". La voix de Joe Elliott est toujours au sommet, et "Adrenalize", s'il bénéficie de tous les acquis de style et de production de "Hysteria", me semble en réalité bien plus proche de "Pyromania".

Il y a une énergie sur cet album qui transpire une forme de spontanéité (relative) totalement absente d'un "Hysteria" un peu désincarné par sa production intense et chirurgicale. Mais le dilemme se pose : préfère-on des tubes ultra-calibrés ou des bons titres Hard plus spontanés mais peut-être moins ultimes ?

C'est toute la question qui se pose à l'écoute du cinquième opus des Anglais. Et je crois que le public a dû se poser la même question car si "Adrenalize" cartonne, il le fait dans un contexte pas évident où tout ce qu'il représente sera rendu ringard d'ici quelques mois, et sans non plus atteindre les sommets de "Hysteria". Si le groupe opte pour des titres courts pour plus de percussion et d'efficacité (excepté le morceau-hommage "White Lightning"), et montre encore son talent sur "Let's Get Rocked", "Heaven Is" ou "Make Love Like A Man", c'est sans doute pour conserver l'un des ingrédients qui a fait le succès de son prédécesseur. Mais ce son plus moderne, plus chaud aussi redonne son humanité aux morceaux. Et on se rend alors compte que DEF LEPPARD est toujours un groupe de Hard Rock. L'absence de bidouillages sonores qui parcouraient "Pyromania" et encore plus "Hysteria" sont absents et ça fait du bien. Toutefois, on ne trouvera pas autant de singles potentiels sur "Adrenalize". Il est à peu près aussi digeste que "High'N'Dry" pour vous donner une idée.

"Adrenalize" est de fait, malgré les circonstances, un excellent successeur à "Hysteria", et l'alliage d'une production plus moderne et d'une écriture plus fraîche (c'est le grand retour des riffs) plaident en sa faveur.

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   (3 chroniques)



- Joe Elliot (chant)
- Phil Collen (guitare)
- Steve Clark (composition)
- Rick Savage (basse)
- Rick Allen (batterie)


1. Let's Get Rocked
2. Heaven Is
3. Make Love Like A Man
4. Tonight
5. White Lightning
6. Stand Up (kick Love Into Motion)
7. Personal Property
8. Have You Ever Needed Someone So Bad
9. I Wanna Touch U
10. Tear It Down



             



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