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DEEP PURPLE - The House Of Blue Light (1987)
Par DARK SCHNEIDER le 26 Mars 2014          Consultée 4865 fois

"Perfect Strangers" est donc un très bon album de reformation, [...] mais la tournée qui suivra, sera malheureusement loin d'être à la hauteur de cet album...

En effet. La tournée "Perfect Strangers" fut tout ce qu'il y a de plus bancale. La faute aux deux meneurs du groupe : entre un Gillan pas toujours très en voix et un Blackmore hyper hargneux et si sec dans son jeu qu'il en produisait des soli bruitistes et peu mélodiques, les fans avaient de quoi être déçus. On aurait tout de même pu espérer mieux. Puis DEEP PURPLE se fit oublier pendant plusieurs mois, ne communiquant plus du tout, et c'est donc avec une certaine surprise que ce "The House Of Blue Light" déboula.

Ce second album paru dans les années 80 fait clairement partie des plus mal-aimés du Pourpre. Souvent décrit comme un disque perclus de toutes les tares propres à cette décennie : compos commerciales, production synthétique, synthés horribles... presque une trahison en somme. Mais en fait, "The House Of Blue Light" ne mérite certainement pas de cristalliser toutes ces rancœurs, car cet album est bon et vaut bien mieux que d'autres bousins du groupe. Il est de toute façon coutume de cracher sur ces années 80, sur ce son soi-disant particulièrement daté et kitsch, alors qu'il est de bon ton de s'extasier sur les vieilles prod des 60's, sèches, dénuées de puissance avec leur mix mono, poussiéreuses... Si tout ne fut pas réussi, les années 80 furent une étape obligée dans l'évolution sonore, et franchement, DEEP PURPLE s'y montre plutôt à l'aise avec, quoique peuvent en dire ses musiciens depuis (notamment le regretté Jon Lord, qui s'est dit peu concerné par cet album).

Ce que l'on pourra reprocher en premier lieu, c'est le refus du groupe de proposer ici des morceaux alambiqués : le tout paraît un peu formaté, bien calibré, aucun morceau ne dépassant les 6 minutes*. Mais une fois accepté cet état de fait, il faudrait vraiment être pisse-froid pour ne pas apprécier la variété des morceaux qui nous sont ici proposés.

"Bad Attitude" est un Rock costaud, qui envoie bien, loin d'égaler l'ouverture de "Perfect Strangers" il est vrai, mais n'en restant pas moins très plaisant.
Mais les choses deviennent beaucoup plus intéressantes avec "The Unwritten Law" qui marque vraiment les envies du groupe d'utiliser des sonorités synthétiques peu commune pour eux, bien qu'esquissées sur l'album précédent. "Strangeways" est également dans le même moule, avec son rythme à la fois sautillant et nonchalant. Ces morceaux sont la facette moderne du groupe pour l'époque, les plus aventureux et risqués, qui doivent beaucoup au travail de Roger Glover à la production (et qui a une part non-négligeable en ce qui concerne l'utilisation des synthés).

Plus polémique, impossible de ne pas évoquer le cas du single "Call Of The Wild". Servi par un horrible clip putassier et grotesque destiné à MTV, avec son refrain de beauf et ses claviers à outrance, ce morceau ne saurait être pris totalement au sérieux : le Pourpre se moque un peu des groupes de Hair Metal, tout en leur emboîtant le pas. Et puis finalement, il n'est pas si mal ce titre et laissera des traces dans la suite de leur carrière. Et le "Mad Dog" qui s'ensuit remet bien les choses en place, véritable alter ego de "Mean Streak", tout aussi rentre-dedans que ce dernier.

"Black & White" et le mal-nommé "Hard Lovin' Woman" (musicalement aucun rapport avec "Hard Lovin' Man") constituent un véritable ventre mou au milieu du disque. Il est d'ailleurs intéressant de constater que les titres les plus faibles de "The House" sont finalement ceux qui lorgnent le plus... vers le passé du groupe. Car stylistiquement, ce sont les 70's qui resurgissent ici, notamment à travers le jeu de Blackmore. Une preuve indéniable que le groupe avait besoin de tâter des sonorités plus modernes, le classicisme ne leur seyant guère sur cet opus, à l'exception du jazzy "Mitzi Dupree", un peu trop languissant mais avec un Gillan très convaincant.

Les derniers grincheux qui pensent encore que cet album serait mauvais feraient bien de réécouter son titre de clôture : l'intense et épique "Dead Or Alive", premier rejeton du "Spotlight Kid" de RAINBOW, injustement oublié dans la carrière du groupe. Il est pourtant irréprochable, avec un grand Blackmore dessus. Incontestablement le moment fort du disque, avec "The Spanish Archer" qui lui aussi ne fait pas dans la dentelle avec une partie instrumentale échevelée.

Si "The House Of Blue Light" n'est clairement pas un album à la hauteur des attentes suscitées par "Perfect Strangers", il n'en reste pas moins, surtout avec le recul, un disque agréable, varié, et qui sait utiliser les caractéristiques sonores de son époque. Et il est surtout bourré d'une énergie qui fera de plus en plus défaut dans la suite de la carrière du groupe.

Très plaisant, il n'en reste pas moins un album accouché dans la douleur : le torchon brûlait de nouveau entre Blackmore et Gillan, et ce dernier dû encore une fois quitter le groupe, fermant un chapitre de son histoire, et en ouvrant un autre.

* : En réalité, les morceaux durent plus longtemps sur la première édition CD de l'album. Cependant le remaster CD actuel reprend la même durée que le vinyle d'origine, plus courte.

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- Ian Gillan (chant)
- Ritchie Blackmore (guitare)
- Jon Lord (orgue)
- Roger Glover (basse)
- Ian Paice (batterie)


1. Bad Attitude
2. The Unwritten Law
3. Call Of The Wild
4. Mad Dog
5. Black & White
6. Hard Lovin' Woman
7. The Spanish Archer
8. Strangeways
9. Mitzi Dupree
10. Dead Or Alive



             



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