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DEEP PURPLE - Infinite (2017)
Par DARK BEAGLE le 10 Juin 2017          Consultée 2590 fois

"Now What?!" était l’album de DEEP PURPLE que l’on n’attendait plus. Certes, "Rapture Of The Deep" présentait déjà de jolies choses, on retrouvait un groupe plus aventureux que sur les productions précédentes. Mais "Now What?!" apportait quelque chose de plus, un groupe qui se faisait plaisir peut-être, sachant pertinemment qu’il n’avait plus rien à prouver après des décennies à graviter autour de la sphère Hard Rock tel une comète. Sous la houlette de Bob Ezrin (ALICE COOPER, KISS), les musiciens s’étaient lâchés, avaient tout donné et on avait même retrouvé un bon, voire très bon Ian Gillan (la magie du studio, sur scène, malheureusement, les prestations n’étaient pas tout à fait les mêmes…). Quatre ans plus tard, seulement quatre ans plus tard pourrait-on ajouter avec une certaine ironie, nous retrouvons DEEP PURPLE sur ce "InFinite" (oui, avec un F majuscule), avec la même équipe.

La pochette est subtile (oui, je sais, je cause encore de pochette, mais c’est mon péché mignon, les jaquettes m’ont toujours beaucoup attiré). L’œil remarque rapidement l’astuce ; le brise-glace trace les initiales de DEEP PURPLE et cela forme le signe de l’infini (d’où le nom de l’album, vous me direz). L’intérieur du livret est complètement raccord avec cette pochette, les photos nous présentent le groupe en tenues polaires, en explorateurs de l’impossible et so british qu’on les imaginerait presque sortis d’un roman du regretté Terry Pratchett. On trouve dans le package un clin d’œil à "In Rock". Il y a quelque chose d’étrange et de touchant à découvrir les photos des musiciens. Et là, on se souvient qu’ils commencent à afficher un certain âge. Que même Steve Morse, considéré comme le jeunot de la bande, a 62 printemps bien sonnés.

D’ailleurs, s’il n’est pas officiellement présenté comme le dernier album de cette formation de légende, les musiciens le sous-entendent quand même. L’âge s’installe, ces vétérans commencent à être fatigués et Steve Morse souffre de la main droite et cela devient problématique pour jouer de la guitare. L’ancien DIXIE DREGS et KANSAS sait également que les meilleures années sont derrière lui. Mais ne rentrons pas dans la spéculation pour s’intéresser au disque en lui-même. Comme dirait l’autre, on est un peu là pour ça quand même.

Une chose est sûre : "InFinite" est moins bon que "Now What?!". Et encore, dit comme ça, ce n’est pas tout à fait juste, même si cela se traduit au niveau de la note. Disons qu’il n’y a plus l’effet de surprise, que le disque est plus lisse, peut-être un brin plus prévisible. Ce qui ne l’empêche pas d’être très bien interprété. Parce que ça ne trompera personne : ça joue bien. Même si "InFinite" a un rythme de sénateur, qu’il ne va pas péter à la gueule comme pouvait le faire son grand frère ("Vincent Price" reste un souvenir tenace de ce disque), les parties instrumentales sont vraiment bien exécutées. On revient à des sonorités proches des années 70, avec cette interaction entre la guitare et l’orgue Hammond.

La complémentarité entre Steve Morse et Don Airey saute immédiatement aux oreilles. Les petits duels durant les soli, quand l’un répond à l’autre, sont autant de moments appréciables, d’autant qu’ils ne durent pas longtemps ; les morceaux tiennent une moyenne de quatre minutes environ et pourtant, chacun va être développé de façon intéressante. On s’arrêtera tout de suite sur "Time For Bedlam", qui évoque le célèbre hôpital psychiatrique où quelques-unes des scènes les plus spectaculaires de Dracula ont eu lieu. Une ouverture terrible, qui reste bien en tête (ah ! quand Ian Gillan entonne ses « see you in hell », ben il se passe quelques chose. On sait qu’on ne va pas forcément aimer passer son temps en enfer avec lui, il y a une espèce de promesse perverse là-dedans !).

L’autre gros morceau, celui qui ne passe pas inaperçu, c’est "The Surprising", qui navigue dans de nombreuses directions. Il y a des passages d’un calme olympien où encore une fois Gillan pose sa voix avec justesse avant que Steve Morse ne se rappelle à notre bon souvenir. Son jeu reste agréable, vif. La réponse de Don Airey ne se fait pas attendre. Encore une fois, la complicité entre les deux hommes est flagrante. Écoutez le solo de "All I Got Is You" ! De cette chanson, c’est principalement ce que j’ai retenu, cette complémentarité qui renvoie aux heures glorieuses de DEEP PURPLE sans en avoir la virulence, ni même ce côté urgent. Mais ça ne laisse pas indifférent pour autant.

Ian Gillan ne cherche pas à atteindre des notes qu’il ne peut plus espérer, les concerts récents ont dû lui laisser un goût amer. Mais sur "InFinite", il fournit de belles lignes de chant. Il ne force pas, il se contente de poser sa voix et de fort belle manière. Il a une espèce de gouaille qui fonctionne très bien. Prenons par exemple "One Night In Vegas", qui relate les aventures tumultueuses d’un musicien dans la ville du Vice avec son lot de clichés, mais la prestation de Gillan donne une âme, un côté tellement plausible à cette histoire qui sent le whisky de mauvaise qualité.

En revanche, "Roadhouse Blues", reprise du titre mythique des DOORS est le morceau qui décrirait le mieux le disque : gentiment pépère. Voilà, la cover est assez symptomatique. Elle est un peu molle, elle n’est pas franchement extraordinaire. Peut-être trop respectueuse, ou alors la comparaison avec les versions des groupes l’ayant déjà reprise par le passé ne joue pas vraiment en la faveur de DEEP PURPLE. Mais quand on se met dans la peau de mecs qui sont pour la plupart septuagénaires ou presque qui reprennent un groupe qui avait émergé quand eux-mêmes commençaient leur carrière musicale, pour la plupart, ben il faut y voir une certaine forme de respect, auquel il manque une certaine folie, celle dont le groupe ne semble plus capable.

Si "InFinite" doit être le dernier album de DEEP PURPLE, les musiciens pourront tout de même sortir la tête haute. Le disque n’est pas dénué d’imperfections, mais contrairement à certains disques du groupe, il ne donne pas l’impression d’avoir été fait parce qu’il fallait le faire. Il y a quand même de l’envie, ça se sent. On ne peut pas jouer juste comme ils le font et s’en foutre. C’est juste un peu moins prenant que "Now What?!", l’effet de surprise est passé, DEEP PURPLE a calmé le jeu et ici la tonalité Hard Rock saute un peu moins aux oreilles. Alors remettez "Time For Bedlam" et souvenez-vous : see you in hell.

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- Ian Gillan (chant)
- Steve Morse (guitare)
- Roger Glover (basse)
- Ian Paice (batterie)
- Don Airey (claviers)


1. Time For Bedlam
2. Hip Boots
3. All I Got Is You
4. One Night In Vegas
5. Get Me Outta Here
6. The Surprising
7. Johnny's Band
8. On Top Of The World
9. Birds Of Prey
10. Roadhouse Blues



             



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