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HARD ROCK  |  OEUVRE

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1971 Rory Gallagher
  Deuce
1973 Blueprint
  Tattoo
1974 Irish Tour
1975 Against The Grain
1976 Calling Cards
1978 Photo Finish
1979 Top Priority
1980 Stage Struck
1982 Jinx
1987 Defender
1990 Fresh Evidence
2011 Notes From San Franci...
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- Style : Led Zeppelin, Gary Moore, Tyler Bryant & The Shakedown, Uncut

Rory GALLAGHER - Rory Gallagher - Rock'n'road Blues (2000)
Par DARK BEAGLE le 18 Février 2021          Consultée 328 fois

Rory Gallagher est un nom qui se perd. Qui sombre dans un semi anonymat indigne de l’œuvre de l’Irlandais. Pas un seul mauvais disque – même si certains n’ont pas le même charisme que d’autres, soyons honnête – une dextérité monstrueuse aussi bien à la guitare acoustique qu’électrique, un feeling à se faire damner tous les saints du Paradis. Vous ne me croyez pas ? De son vivant, ce mec a été adoubé par Jimi Hendrix et John Lennon, avant même qu’il n’entame sa carrière solo en 1971 et il le sera également par Brian May et Bob Dylan, ce dernier se refusant à reprendre "I Could’ve Had Religion", prétextant que Rory se l’était tellement approprié sur le "Live In Europe" (1972) qu’il ne pouvait décemment pas passer derrière lui. Respect.

Aussi, ce petit livre (moins de deux cent pages) permet d’en savoir un peu plus sur cet Irlandais, pour se rendre compte que le guitariste était tellement éloigné de toute idée de ce qu’est le showbiz qu’il était juste un mec simple, agréable et droit dans ses bottes. L’auteur, Jean Noël Coghe, est ce que l’on peut appeler un enfant du Rock. Né en 1946, il a vu le genre arriver et s’en est délecté avec une passion restée intacte. Il a bien connu Rory Gallagher et cette biographie transpire l’émotion. À plusieurs reprises, on ressent la peine de l’auteur, à travers quelques mots soigneusement choisis, mais qui font mouche.

L’histoire de Rory est indissociable de celle de son frère, Donal. Ce dernier a continué à faire vivre l’œuvre de son frère, avec un respect infini, ce qui explique finalement le peu de disques qui soient sortis après 1995, année du décès de Gallagher. Petits, ils étaient déjà complices et les deux savaient y faire pour se mettre leur mère dans la poche. Ils se complétaient à merveille : Rory était doué pour la musique, Donal trouvait les bons arguments pour que son frère puisse accomplir son rêve et devenir un musicien accompli. C'est normal qu'il finisse par le suivre sur la route.

Nous ne commençons pas avec TASTE, Coghe nous parle plutôt des premières années en Irlande avec les FONTANA, groupe semi-pro dans lequel à quinze ans Gallagher se faisait déjà remarquer. Nous suivons ensuite la très courte aventure de TASTE, mais ô combien primordiale, Lennon disant à qui voulait l’entendre qu’il était absolument dingue du guitariste de la formation. Puis après la séparation, la dernière voie possible, celle de la carrière solo, celle que l’on connaît et que l’on applaudit. Jean Noël Coghe revient dessus et nous raconte les tournées, avec quelques anecdotes assez tordantes (celles concernant Jerry Lee Lewis sont à pleurer de rire tellement c’est Pratchettien !) et d’autres plus intimes.

Et ce qui ressort principalement de la lecture de cet ouvrage, c’est la profonde gentillesse de Rory Gallagher. L’homme se donnait sans compter à son public, environ deux cent dates par an, deux heures trente minimum tous les soirs, un rythme quasiment inhumain, avec des musiciens qui lui ont souvent été très longtemps fidèles, Gerry McAvoy étant là quasiment jusqu’à la fin. Difficile de dire si le spectre de l’amitié a déformé l’image que Coghe se fait de Gallagher, mais différents témoignages glanés çà et là tendent à confirmer ses propos. Rory n’était pas une Rock Star. Il était ouvert, chaleureux et, malheureusement, un piège pour lui-même.

Il est en effet difficile d’imaginer la solitude d’un artiste qui se donne entièrement pour son art. Rory a mal vécu que son frère fonde une famille, se marie, ait des enfants… Lui-même se l’interdisait, motivé par une quête personnelle qui se rapprochait dangereusement de chimères. Il voulait être le meilleur. Pas forcément en termes de ventes, il n’a jamais essayé de composer un hit single. Il voulait pouvoir laisser une trace indélébile dans l’Histoire de la musique, se réinventer à chaque fois, bouger les choses à sa manière pour qu’un jour quelqu’un montre un de ses disques et dise qu’il n’y a absolument rien à jeter dessus, que c’est parfait. Rory n’a compris que trop tard que la perfection n’existait pas.

Nous savons comment se termine l’histoire. Dans le silence, ou presque. Il ne voulait pas que les gens le sachent malade et Donal a respecté ce choix. Accro aux médocs, il s’était pourri le foie et cela lui a été fatal, son agonie fut longue et courte à la fois. Le 14 juin 1995, il rendait son dernier souffle, laissant de nombreux fans orphelins. Dans le livre, une préface anonyme le raconte très bien. On devine un gars qui n’a pas l’habitude d’aller à un concert de Rock et qui n’en apprécie pas toutes les extravagances, du son trop fort à une guitare parfois trop agressive. Mais il prend son pied, séduit par le mec habité par ce qu’il fait sur scène, Rory. Et de ne pouvoir que pleurer sa perte, comme beaucoup d’autres.

Cela a été mentionné, cette biographie est par moments assez émouvante, la sincérité de Coghe ne faisant aucun doute. Il nous fait une chronologie de l’artiste, sautant parfois par petits bonds dans le temps, pour parfois revenir sur le passé. Il ne prend pas le temps de chroniquer les albums, il les mentionne cependant tous, même celui que Gallagher a jeté à la poubelle parce qu’il n’était pas satisfait de ce qu’il entendait. Ça, je vous en reparlerai plus tard, ailleurs. Et finalement, n’ayant pas eu une vie dissolue, difficile d’en écrire trop sur Rory. Il n’est pas Freddie Mercury, avec tout le respect que l’on doit à ce dernier (pour les amateurs, il y a une chouette anecdote autour de QUEEN dans le bouquin) et il est au final plus facile de raconter ce que l’on a vécu.

L’ouvrage s’intéresse beaucoup aux années 70. Il s’en est passé des choses à cette époque où, finalement, tout semblait plus facile (les deux premiers albums ont été enregistrés en une journée, les derniers en plusieurs semaines, où les nouvelles techniques d’enregistrement devenaient un poison pour Gallagher qui n’aspirait qu’à monter sur scène). Les années 80 et 90 semblent pour le coup survolées, comme si elles présentaient moins d’intérêt, ce que Jean Noël Coghe ne laisse absolument pas entendre cependant. Autre point faible (attention, cela concerne la version parue en poche chez Castor Music qui a servi de base de travail pour ce papier) : la qualité des photos laisse franchement à désirer. Plutôt que de faire un insert en papier glacé qui leur rendrait justice, nous avons droit à des clichés imbriqués dans le texte, dont le rendu se trouve très amoindri.

Le livre se lit très vite. On découvre certaines rencontres auxquelles on ne s’attend pas forcément, on voit des musiciens avec un œil différent et on se laisse très volontiers charmer par le personnage de Rory Gallagher, dont le meilleur terme pour le définir serait peut-être « sympathique », sans aucun aspect négatif à cela. Ou mieux encore : « touchant ». Les deux qui fusionneraient en un seul mot, qui reste à inventer. C’est l’image que nous offre ce livre, qui rend merveilleusement hommage à la mémoire de l’Irlandais. Pour les fans, un petit livre pour compléter une collection et l’envie, forcément, de ressortir ses disques de Gallagher. Pour les autres, une façon peut-être de découvrir un musicien qui a su rester simple et discret. Tout en étant l’un des plus grands.

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   DARK BEAGLE

 
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- Jen Noël Coghe (texte, photos)
- Donal Gallagher (photos)
- Catherine Mattelaer (photos)
- Jean Louis Rancurel (photos)
- Jo Clauwaert (photos)
- Frédéric Guerri (photos)


1. Préface Anonyme
2. The Kid
3. Rory
4. Mersey
5. Taste
6. Taste (two)
7. Rory The Kid
8. 'dash' The Op
9. Mr O'driscoll
10. Dourges
11. Alto Sax
12. Aachen
13. Wight
14. Rory Gallagher Band
15. Bilzen
16. Le Train
17. Muddy Waters
18. Band Of Gypsies
19. Formule Rory
20. Belfast
21. Guitare
22. Jerry Lee Lewis
23. Live In France
24. La Piscine
25. Irish Tour
26. Stones
27. Bastille
28. Un Fan
29. Unplugged
30. Coeur De Rocker
31. Lonnie Donegan
32. Dylan
33. Rupture
34. Photo Finish
35. On The Air
36. King Story
37. Gruagach
38. Private Life
39. Stage Struck
40. Jinx
41. Mark
42. Studio
43. Extra
44. Defender
45. Troc
46. Jack Bruce
47. Van Morrison
48. Fêlure
49. Rory On Stage
50. Mort Sur Ordonnance
51. Funerals



             



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