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HARD ROCK/BLUES  |  LIVE

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1971 Rory Gallagher
  Deuce
1973 Blueprint
  Tattoo
1974 Irish Tour
1975 Against The Grain
1976 Calling Cards
1978 Photo Finish
1979 Top Priority
1980 Stage Struck
1982 Jinx
1987 Defender
1990 Fresh Evidence
2011 Notes From San Franci...
 

- Style : Led Zeppelin, Gary Moore, Tyler Bryant & The Shakedown

Rory GALLAGHER - Check Shirt Wizard - Live In '77 (2020)
Par DARK BEAGLE le 18 Mai 2020          Consultée 1007 fois

J’avais seize ans quand Rory Gallagher est mort. Cinq jours plus tôt, nous fêtions l’anniversaire de ma mère, ses quarante-sept ans, l’âge que Rory ne dépassera jamais. Pour moi, la nouvelle fut terrible. Outre le fait que cela me mettait face à la mortalité de mes propres parents – ce à quoi nous ne sommes jamais vraiment préparés – je perdais également un de mes héros musicaux. Le suicide de Kurt Cobain, l’année précédente, n’avait rien provoqué en moi alors que j’avais bien vu qu’il avait beaucoup ému la tranche d’âge dans laquelle je me trouvais, qui voyait en lui certainement le héraut de leur mal-être. Gallagher, c’était autre chose. Plus qu’un Jimmy Page au travers de LED ZEPPELIN, qu’AC/DC ou qu’un Gary Moore s’épanchant sur un "Still Got The Blues" pourtant magnifique, c’était Rory qui m’avait donné le goût du Blues et par là même, de m’essayer à la guitare. Aujourd’hui encore je ne sais pas plaquer un accord, cela restera toujours une cause perdue pour moi. De nos jours, il reste une dizaine d’albums studio pour se rendre compte du talent de l’homme, qui brillait littéralement sur scène. Donal Gallagher s’applique à entretenir la flamme de son frère en sortant des disques avec parcimonie, toujours en adéquation avec les souhaits de Rory, exprimés peu avant sa mort, ainsi que des Lives de qualité, comme ce "Check Shirt Wizard - Live in ’77".

C’est facile, tous les Lives essentiels de GALLAGHER datent des années 70. "Live In Europe" (1972) et surtout "Irish Tour ’74" plaçaient déjà la barre très haute. La version simple du dernier cité est déjà un monument du Rock à lui tout seul, sa version sortie pour les quarante ans est juste un monument, des heures et des heures de musique de qualité, produite avec cœur par un virtuose de la six-cordes. On peut se demander ce que peut apporter "Check Shirt Wizard" par rapport à celui-ci ainsi que du "Stage Struck" de 1980. C’est facile : un entre-deux riche, complet, avec des morceaux que l’on ne retrouve ni sur l’un, ni sur l’autre, avec des bandes qui ont été bien restaurées si l’on en croit la qualité sonore. Derrière sa pochette qui attire l’œil avec le sourire éclatant de Rory se dissimulent vingt titres captés à plusieurs endroits (Brighton Dome, Sheffield City Hall ainsi que l’inamovible Hammersmith Odeon entre autres) durant cette année 1977 où Gallagher a tourné comme un malade pour soutenir l’excellent "Calling Card" dont plusieurs morceaux sont ici joués.

Qu’est-ce qui fait qu’un Live soit réussi ? La prestation des musiciens, cela paraît comme une évidence et effectivement, cela joue beaucoup. Mais il y a aussi le public. Sans lui, les musiciens peuvent être aussi pro, fougueux qu’ils le veulent, s’ils n’ont de la part de la foule qu’un intérêt poli, cela ne donnera rien. Un bon album live dispose d’un public monstrueux, très présent, et c’est le cas ici. Il clame son enthousiasme entre chaque titre, répondant présent dès que l’occasion lui est donnée Puis il y a aussi Rory Gallagher. Même sans l’image, il dégage quelque chose de fort tant nous sentons qu’il est heureux d’être là, sur scène, pour régaler les personnes ayant fait le déplacement pour lui (ou pour la première partie, ne soyons pas ingrats). Il transmet son énergie, sa musique n’est pas le seul vecteur de la forme du public, il y a également le guitariste irlandais, qui déboule sur scène pour embrayer directement sur un "Do Your Read Me" ravageur, débordant de feeling.

Nous pourrions penser Gallagher se mettre au centre d’un tout, qui graviterait autour de sa personne, mais il n’en est rien. Bien sûr, il y a sa présence, son jeu, sa technique plus que sa voix qui font la différence. Avec son style exigeant qui donne toujours l’impression qu’un guitariste rythmique assurait derrière lui pendant les soli, il attire forcément la lumière. Mais il sait également s’écarter pour mettre en valeur les musiciens qui l’entourent, leur laissant de la place pour qu’ils puissent s’exprimer, quand il ne dialogue pas avec eux à travers des parties instrumentales dantesques. Et forcément, il se dégage quelque chose de ce qui se passe sur scène et le public ne s’y trompe pas et se donne complètement. Et comment résister à cette avalanche de classiques dont la formation nous abreuve ? Comment rester de marbre face à un "Moonchild" ou un "Too Much Alcohol" (tristement prophétique) ? Comment ne pas hurler à la lune quand Rory nous balance un "Use To Be" ou un furieux "Walk On Hot Coals" ?

Et toujours, nous nous retrouvons sur la mince frontière entre le Blues et le Hard Rock pur et dur. Les deux ingrédients sont toujours très présents, mais l’un vient atténuer l’autre ou au contraire, le second vient dynamiser le premier. Et durant un concert, cela conduit à une dynamique des plus plaisantes. Il est facile d’imaginer les litres de sueur que devait perdre Gallagher chaque soir où il se donnait corps et âmes. Sur "Check Shirt Wizard", c’est assez flagrant ; les titres s’enchaînent très bien, les raccords entre les différentes prises ont été bien faits et chaque morceau se dégage du précédent et tout fonctionne très bien, surtout quand on comprend que les chansons ne disposent pas de refrains forts pour faire corps en concert, destinés à être scandés par la foule : c’est la composition qui est forte, dans sa construction, sa narration et ce qu’elle dégage, elle devient un tourbillon qui entraîne l’auditeur comme son interprète. Et c’est l’osmose. Ce disque live dégage tout cela, avec rigueur et maestria.

Que dire de plus ? Écoutez ce Live, point barre. Rien que la version de "Out On The Western Plain" qui ouvre le second disque mériterait l’achat de l’album à lui tout seul tant elle est énorme. Je parlais de maestria plus haut, le terme n’est franchement pas galvaudé pour le coup. Au moins aussi bon que le "Irish Tour ’74" – ce qui n’est pas rien – "Check Shirt Wizard" nous décrit ce qu’était l’apogée scénique de Rory Gallagher, la période où il était le plus populaire même si la suite de sa carrière ne démérite en rien. Rendons encore une fois hommage à Donal Gallagher ainsi qu'à son fils Daniel qui font un excellent travail avec l’héritage de leur frère (et oncle) et qui permet, là, de replonger des milliers de fans à cette époque bénie, madeleine de Proust pour certains et de (re)vivre des moments d’anthologie. Personnellement, je n’ai jamais pu voir Rory GALLAGHER sur scène et je pense que ça restera toujours mon plus grand regret. Cette scène qui l’aimait tant et qu’il aimait tant, mais qui le tuait à petit feu avec le stress qu’engendraient toutes ces dates, année après année et qui le conduisirent à boire, encore et encore… Une maladie typiquement irlandaise diront certains. Et malheureusement, une cause de mortalité très irlandaise aussi, ajouteront d’autres.

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   DARK BEAGLE

 
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- Rory Gallagher (chant, guitare, mandoline)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Rod De'ath (batterie)
- Lou Martin (claviers)


1. Do You Read Me
2. Moonchild
3. Bought And Sold
4. Calling Card
5. Secret Agent
6. Tattoo'd Lady
7. A Million Miles Away
8. I Take What I Want
9. Walk On Hot Coals

1. Out On The Western Plain
2. Barley & Grape Rag
3. Pistol Slapper Blues
4. Too Much Alcohol
5. Going To My Hometown
6. Edged In Blue
7. Jack-knife Beat
8. Souped-up Ford
9. Bullfrog Blues
10. Used To Be
11. Country Mile



             



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