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HARD BLUES  |  STUDIO

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1971 Rory Gallagher
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1973 Blueprint
  Tattoo
1974 Irish Tour
1975 Against The Grain
1976 Calling Cards
1978 Photo Finish
1979 Top Priority
1980 Stage Struck
1982 Jinx
1987 Defender
1990 Fresh Evidence
2011 Notes From San Franci...
2020 Check Shirt Wizard - Liv...
 

- Style : Led Zeppelin, Gary Moore, Tyler Bryant & The Shakedown, Uncut
- Membre : Michael Schenker

Rory GALLAGHER - Photo Finish (1978)
Par DARK BEAGLE le 26 Juillet 2022          Consultée 484 fois

Rory Gallagher n’était peut-être pas le plus gros vendeur de disques de l’histoire de la musique, mais l’homme vivait plus pour la scène, où il entrait littéralement en communion avec son public, qui lui était très fidèle. Jamais avare de dates, il sillonnait le monde, affrontant de nombreuses scènes juste armé de sa célèbre Fender craquelée à cause de sa transpiration. Il se donnait entièrement, avec une passion qui ne l’aura jamais quitté alors qu’en studio, il polissait les angles, se montrait un peu moins sauvage. "Calling Card", paru en 1976, ouvrait une voie royale à l’Irlandais qui n’avait qu’à suivre le chemin qu’il traçait depuis "Blue Print" mais il n’en sera rien. "Photo Finish" va être le disque de la rupture. Pas avec les fans, ceux-ci répondront toujours présents, mais avec une approche somme toute personnelle de sa musique.

L’histoire de cette œuvre est assez compliquée. Après une tournée que l’on peut apprécier sur l’excellentissime "Check Shirt Wizard" (et rendons pour cela grâce à Donal, frère de Rory, qui s’évertue de faire vivre l’héritage du guitariste au travers de belles éditions posthumes dont une concerne directement "Photo Finish"), Gallagher et son groupe s’envolent pour les États-Unis, San Francisco plus précisément où ils travaillent avec Elliot Mazer, connu pour sa collaboration avec Neil Young. L’album est mis en boîte et au dernier moment, Rory décide de mettre tout cela à la poubelle ! Forcément, c’est le branle-bas de combat à tous les étages. L’Irlandais expliquera que ce n’étaient pas les chansons en elles-mêmes qui lui déplaisaient, mais ce n’était pas ce qu’il voulait faire.

Forcément, il y a un malaise et au moment d’aller enregistrer une nouvelle mouture de l’album aux Dierks Studios pas loin de Cologne (en retard, Rory s’était cassé le pouce et il fallut attendre qu’il soit remis de sa blessure), la formation avait changé. Rod De’Ath avait cédé ses baguettes au plus direct et frontal Ted McKenna et, Gallagher voulant revenir à une formule de power trio, Lou Martin en fit évidemment les frais. Ce dernier ne se montrera pas rancunier et enregistrera encore des morceaux avec Rory par la suite, à la fin de la carrière de ce Maître de la six-cordes. La légende veut que l’album fut affublé de ce titre parce qu’il aurait été remis au dernier moment à la maison de disque.

L’année 1977 aura donc été vierge pour l’Irlandais et il faudra attendre l’automne 1978 pour découvrir le successeur de "Calling Card". Entre temps, l’Europe aura connu deux vagues qui allaient changer la donne : le Disco et le Punk et beaucoup de groupes de Rock s’essayèrent au moins au premier genre pour rester dans le coup. Un coup d’œil à la jaquette de "Photo Finish" suffit pour comprendre que les modes, ça passe au-dessus de la tête de Gallagher. Il s’agit de shooting live où le guitariste est en action et si ça ne transpire pas le Rock’N’Roll ça ! Et pourtant, en écoutant la galette, on peut légitiment se demander si la déferlante Punk n’a pas eu une incidence sur le travail de Rory.

En effet, le jeu de batterie est plus direct, McKenna frappe comme un sourd et se veut moins subtil que son prédécesseur, une certaine urgence transpire tout du long. Mais il ne faut pas oublier que la deadline était proche au moment où le groupe s’est retrouvé en Allemagne et que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, Gallagher se sentait vraiment bien avec cette pression et il balançait là quelques uns de ses riffs les plus rugueux. Le tout sonne donc de façon très Heavy, même si le guitariste ne dépasse jamais cette frontière et reste cantonné à un Hard Rock ronflant, toujours aussi inspiré par le Blues. C’est juste le traitement des influences et la performance qui sont une véritable surprise.

Formé de neuf compositions originales, "Photo Finish" dépote salement. La guitare gronde comme elle l’a rarement fait sur un album de GALLAGHER, ce dernier apporte également plus d’agressivité dans son chant. Si vous cherchez des morceaux comme "Moonchild", "Seventh Son Of A Seventh Son" ou encore "A Million Miles Away", passez votre chemin, vous risquez fort d’être déçus. Ici, c’est l’électricité qui prime, même si l’émotion transparaît toujours au travers une interprétation dont l’Irlandais avait le secret. Il suffit d’écouter pour cela le superbe "Fuel To The Fire" qui clôture le disque pour se rendre compte que l’artiste n’a pas changé fondamentalement. Qu’il est toujours le même, qu’il joue toujours avec ses tripes plus qu’avec sa tête, sans calcul, mais avec une putain d’envie.

Mais avec son jeu plus musclé qu’à l’accoutumée, quasi live, le guitariste va également marquer les esprits. "Shin Kicker" et surtout "Brute Force & Ignorance" sont deux solides uppercuts que l’on déguste d’entrée de jeu. "Shadow Play" ouvre les hostilités sur la face B et pourrait prétendre au rang de classique si, de son vivant, Rory en aurait eu quelque chose à faire. "The Mississippi Sheiks" vaut également le détour, avec son Blues très sale et distordu. Gallagher s’éclate également avec "The Last Of The Independents", où il rend hommage aux films noirs qu’il affectionnait particulièrement et qui auront souvent servi de thèmes à ses chansons.

Cependant, on peut déplorer un certain manque de variété ici, quand la plupart des disques de Rory brillaient justement par la multitude de facettes que le guitariste était capable de présenter. Le tout manque aussi de rondeur. La production lourde devient parfois étouffante et manque cruellement de finesse par endroits. Et cela est parfaitement audible quand on écoute "Top Priority", l’opus suivant, qui reprend peu ou prou les mêmes recettes, mais avec un son plus fluide, qui accentue mieux les toniques. "Photo Finish", c’est du brut de décoffrage, l’explosion Hard Rock d’un artiste qui s’était souvent essayé au style sans y succomber totalement. Ici, il laisse un pan de sa personnalité au vestiaire, mais le résultat final n’est pas si décevant que cela. L’énergie déployée est en effet très communicative et permets de passer un très bon moment même si on ne reconnaît pas entièrement l’homme qui est derrière la guitare.

"Photo Finish" est un disque charnière dans la carrière de GALLAGHER. Peut-être pas le plus passionnant, ni le plus solide, mais il marque une cassure avec le style plus léché des essais précédents, en revenant à la formule du power trio qui fut l’étendard de TASTE et de ses deux premiers opus solo. Peut-être aurait-il été meilleur si le groupe avait pu le peaufiner d’avantage, mais il est le focus d’un instant T, l’image figée d’une époque pour Rory et sa bande. Il n’y a pas à en avoir honte, même si le travail semble moins propre qu’à l’accoutumée. Certaines décharges restent dans les mémoires et ne vont en aucun cas ternir la légende. Pour ceux qui veulent savoir à quoi ressemblaient les morceaux lors de leurs prises américaines, la réponse se trouve sur "Notes From San Francisco", que Donal a fait publier en 2011, avec l'accord de son frère, lors de ses derniers moments.

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- Rory Gallagher (chant, guitare)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Ted Mckenna (batterie)


1. Shin Kicker
2. Brute Force & Ignorance
3. Cruise On Out
4. Cloak And Dagger
5. Overnight Bag
6. Shadow Play
7. The Mississippi Sheiks
8. The Last Of The Independents
9. Fuel To The Fire



             



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