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- Style : Led Zeppelin, Gary Moore

Rory GALLAGHER - Deuce (1971)
Par DARK BEAGLE le 2 Novembre 2017          Consultée 698 fois

Le premier album éponyme n’aura eu qu’un succès d’estime, mais cela n’ébranlera en rien ce bourreau de travail qu’était Rory Gallagher à ce moment, qui s’empressera de lui donner un successeur sous la forme de ce "Deuce", imaginé différemment. Toujours entouré de Gerry McAvoy à la basse et de Wilgar Campbell à la batterie, le guitariste irlandais retrouve donc le chemin des studios, avec pour objectif cette fois-ci de développer une ambiance live, qui corresponde totalement à son jeu vif.

Pour le premier opus, Rory s’était arrangé pour que tout soit précis, propre. Ici, au contraire, il veut laisser place à l’énergie comme on la retrouve en concert. Pour se faire, il va investir les studios avant ou après ses prestations scéniques, afin de capturer l’excitation, la force qui se dégage des musiciens alors que l’adrénaline monte ou au contraire, commence à descendre doucement. Et de ce point de vue, "Deuce" est une belle réussite.

Il se dégage de ce disque un certain fumet, une odeur de transpiration acide, marquée par l’alcool. "There’s A Light" semble avoir été captée dans un Jazz club enfumé, où le trio livre une prestation moite, libérant une tension sexuelle terrible. On est pile dans ce que Rory Gallagher voulait, quelque chose qui développe un son chaud, avec un groove particulier, qui s’adapterait à son Blues électrique et éclectique, touchant d’autres formes musicales comme le Jazz, le Folk, la Country ou encore, évidemment, le Hard Rock.

Le jeune homme, 23 ans, sait parfaitement où il va et fait preuve d’une maturité impressionnante. À travers sa musique, il s’amuse, explore des genres avec un respect infini ("Out Of My Mind" sent l’Amérique profonde, une fête dans un petit village où le groupe local vient assurer l’ambiance). Du respect, on en trouve encore quand Rory évoque ses influences, comme le génial Sonny TERRY, à travers le Folk Blues intimiste qu’est "Don’t Know Where I’m Going", où Gallagher s’exprime comme son modèle avec un harmonica. Et toujours, il y a cette puissance parfaitement perceptible, cette aura que dégage la musique toute entière, où chaque instrument est parfaitement à sa place et où chacun se donne littéralement.

Si bien sûr on est focalisé sur Gallagher vu qu’il s’occupe du chant et de la guitare, l’apport de McAvoy et de Campbell n’est pas à négliger. La basse claque de façon jouissive tout du long et se trouve complétée avec justesse par la batterie, dans un jeu qui n’est pas limité au simple accompagnement, elle apporte du volume, de la puissance et permet à Rory d’avoir un relief intéressant à travers ses soli (celui, magistral, de "Crest Of A Wave", en est un parfait exemple).

Au travers de ces plaisirs variés, difficile de s’ennuyer ne serait-ce qu’une seconde. Gallagher offre ici un Blues plus direct, plus vindicatif par moments, dû aux conditions d’enregistrement, mais on reconnaît tout de suite sa patte, ses soli de guitare sont dans la lignée de ceux qui nous avaient régalé sur le premier album, avec des moments où il l’a fait hurler. Son chant s’est en outre amélioré, même si on retrouve parfois cette naïveté qui fait également son charme, comme sur "Used To Be", Heavy (toutes proportions gardées) et arrogante dans ses riffs.

Sur "Deuce", Rory nous convie à un voyage où chaque étape se veut différente de la précédente. À la Hard "Used To Be" succède un autre moment de bravoure, la somptueuse "I’m Not Awake Yet", ballade Folk qui oublie d’être mièvre, où le jeune homme livre une belle prestation vocale, étrangement touchante. Contrairement à ce qui pouvait être présenté sur l’opus précédent, Gallagher ne se ferme aucune porte et avance plus en confiance à travers certains styles qu’il semblait aborder à reculons, comme la Country ou le Folk. On sent qu’en l’espace de six mois, à défendre son premier album sur les planches, le jeune guitariste a gagné en assure et qu’il ose plus, qu’il se sent plus libre.

"Deuce" ne sera pas un succès commercial non plus. Celui-ci interviendra lors de la sortie du "Live In Europe" où pourtant Gallagher ne puisera que peu de morceaux issus de ses deux premiers albums, mais où il réinterprétera de nombreux standards du Blues avec une maîtrise de son sujet bluffante. "Deuce" n’en reste pas moins un album-charnière, celui qui aura permis à Rory de se défaire des derniers vestiges du carcan que fut TASTE et de se libérer dans son jeu et ses envies. Du tout bon.

Note réelle : 4,5, poussé à 5/5.

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- Rory Gallagher (chant, guitare, harmonica)
- Garry Mcavoy (basse)
- Wilgar Campbell (batterie)


1. Used To Be
2. I'm Not Awake Yet
3. Don't Know Where I'mù Going
4. Maybe I Will
5. Whole Lot Of People
6. In Your Town
7. Should've Learnt My Lesson
8. There's A Light
9. Out Of My Mind
10. Crest Of A Wave



             



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