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HARD BLUES  |  LIVE

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Rory GALLAGHER - Stage Struck (1980)
Par DARK BEAGLE le 31 Juillet 2022          Consultée 467 fois

Si vous avez un peu suivi ce qui a été dit sur Rory Gallagher en ces pages, vous savez certainement que là où il préférait être, c’était sur scène, un endroit où il pouvait rendre les gens heureux. De son vivant, trois albums live auront été gravés, témoignages de ce qu’était le groupe du guitariste sur les planches, de quoi exalter les fans et, dans leurs formes primitives, les frustrer également puisqu’à chaque fois, il s’agit d’extraits de concerts, quand un gig complet aurait tout simplement pu être dévastateur. Dans le cas de "Stage Struck", nous sommes complètement dans ce cas de figure : Gallagher délivre une prestation monstrueuse, mais quelques faux-raccords nous rappellent qu’il manque bon nombre de morceaux et que nous devons nous contenter d’une quarantaine de minutes.

Mais franchement, si tous les albums live pouvaient être aussi efficaces, ce serait le bonheur. Fidèle à son habitude, Rory a écarté les titres interprétés sur "Live In Europe" et "Irish Tour ’74" pour ne proposer que des chansons des albums qui leur sont postérieurs, soit de "Against The Grain" à "Top Priority". Et là, forcément, on entre dans quelque chose de plus direct, de plus dense puisque c’est sur cette période que Gallagher avait particulièrement mis l’accent sur ses penchants Hard Rock. "Stage Struck", c’est une ode aux décibels quand les deux autres sont souvent des prétextes pour rendre des hommages appuyés aux Bluesmen et aux complaintes Folk qui ont fait l’éducation musicale du guitariste.

Ici, point de reprises. Ce n’est que du matériel 100% original, pioché parmi le répertoire le plus virulent de la formation. Les morceaux qui avaient été composés à l’origine pour le format quartette, incluant un claviériste, prennent donc ici une nouvelle dimension, plus raide, plus Heavy également, à l’image de "Bought And Sold" ou de "Moonchild", proposé ici dans une version absolument dantesque qui ne semble plus vouloir s’arrêter. Le groupe ne cesse d’en répéter le thème principal, de façon assez abrasive. Ted McKenna a une grosse frappe, Gerry McAvoy est toujours bien présent et encore une fois, Rory ne les oublie pas et ils seront présentés comme il se doit.

Après, un coup d’œil à la setlist indique très clairement qu’elle a été réfléchie par Rory. Il y a une espèce de symétrie entre les deux faces de l’album, qui reproduit grosso modo le schéma suivant : grosse torgnole en ouverture, Blues en troisième position et grosse torgnole pour conclure, la seconde position ne faisant pas semblant non plus. Il y a un équilibre qui se crée, dans sa forme primaire en tout, les rééditions venant chambouler tout cela (là encore, le format vinyle confère à la setlist quelque chose de… plus juste, de plus essentiel que certains pressages CD qui rajoutent deux à trois titres en plus qui tendent vers le Blues et qui gomment quelque peu l’intention première de Gallagher : apporter un témoignage live de sa grosse période Hard Rock).

Le guitariste a donc pioché les titres sur différentes dates, il a changé l’ordre – qui de toute manière n’était en aucun cas définitif avec lui, les setlists étant assez variables d’un soir à l’autre – et il a obtenu un patchwork qui lui convenait. Il n’a pas forcément pu effacer tous les problèmes de raccord, le public étant parfois plus ou moins présent entre deux morceaux mais l’efficacité brute est au rendez-vous. Allez, ne faites pas vos ronchons, "Shin Kicker" pour débuter le set, c’est quand même une bonne surprise, le titre est remuant à souhait et le groupe nous apparaît très en forme. L’ambiance est très électrique et l’accalmie que va offrir "Brute Force & Ignorance" (tout de même bien dopé par l’aura de la scène) va juste déblayer le terrain pour "Moonchild", absolument indispensable.

À peine on retourne la surface du vinyle et c’est "Follow Me" qui nous percute comme une locomotive folle. Gallagher est en feu et la musique s’embrase avec lui. La pression n’est jamais relâchée et quand on arrive à "The Last Of The Independents", on constate que Rory et sa bande ne nous laissent pas de répit. Déjà sale en studio (cf "Photo Finish"), ce Blues Rock prend des proportions terribles et l’impro à laquelle se livre le groupe pour son final s’intègre parfaitement à l’ensemble. Et là encore il ne faut pas grand-chose pour enflammer l’assistance avec un "Shadow Play" joué avec les tripes, dans une version quasi Heavy Metal. Rory souhaite une bonne nuit à tout le monde avant que la formation ne reprenne le riff qui s’éteint lentement dans un fondu assez étonnante et un brin frustrant – mais certainement nécessaire pour l’équilibre de ce disque.

Là où Rory nous avait habitués à des Lives habités et extrêmement variés, "Stage Struck" va droit au but et est une promesse d’intensité, bien que les précédents le soient également, mais dans un autre style. Là, le groupe appuie tout de suite là où ça fait mal et il ne nous lâche absolument jamais. Alors oui, le tout manque peut-être d’une certaine forme d’émotion, mais cette dernière est présente malgré tout, dans l’interprétation que fait Rory de ses titres ("Moonchild" en tête, il en imprime la profondeur et c’est juste beau). Ici, le propos est plus le défouloir que le récital et le pari un peu fou est parfaitement gagné. Le combo irlandais ne fait pas que restituer la hargne des derniers essais studio sur scène, il la décuple littéralement pour notre plus grand bonheur.

Alors effectivement, si l’on aime Rory Gallagher pour la sensibilité de son jeu et pour des titres comme "A Million Miles Away", "Stage Struck" ne fait pas plaisir. Trop Heavy, trop… too much en fait. Après, l’artiste a le mérite de montrer une autre facette de sa personnalité et de proposer un Live qui tranche complètement des deux précédents, offrant ainsi une nouvelle expérience à ses fans. Le plus gros regret, en définitive, c’est de ne pas avoir quelque chose de plus complet, de plus consistant, qui reprendrait une date entière et qui donnerait une idée plus précise de ce à quoi ressemblait un gig de Rory GALLAGHER entre la frontalité des morceaux récents et la souplesse, la rondeur des plus anciens et avoir l’impression d’être secoué comme une poupée de chiffon par un jeune chien un peu fou.

"Stage Struck" sera donc étonnamment le dernier album live à être publié du vivant de Rory Gallagher alors qu’il passera quasiment sa vie sur les routes pour ne publier plus que trois disques studio en dix ans.

Le 5/5 est pour la version originale qui est un véritable boulet de canon. Les versions complétées par d’autres titres et les pressages CD ne rendent pas hommage à l’idée première de ce Live.

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- Rory Gallagher (chant, guitare)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Ted Mckenna (batterie)


1. Shin Kicker
2. Wayward Child
3. Brute Force & Ignorance
4. Moonchild
5. Follow Me
6. Bought And Sold
7. The Last Of The Independents
8. Shadow Play



             



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