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BLUES ROCK  |  LIVE

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1964 Five Live Yardbirds
  I Wish You Would
1966 Yardbirds (roger The ...
1967 Little Games
 

- Style + Membre : Led Zeppelin, Cream

THE YARDBIRDS - Five Live Yardbirds (1964)
Par DARK BEAGLE le 10 Mars 2019          Consultée 620 fois

Quand nous sommes sur un site comme Nightfall, qui parle aussi bien de Heavy Metal, que de Death et de Black, sans oublier les pionniers du genre, à moment donné la question se pose de savoir si oui ou non les YARDBIRDS doivent rester sous silence. Un tabou à ne pas franchir parce que Rock, voire Swinging London et pas foncièrement Hard Rock. Pourtant, ce groupe, qui aura traversé les années 60 comme une étoile filante (en gros de 1964 à 1967) disposera de trois guitaristes légendaires qui marqueront l’histoire du (Hard) Rock de leur empreinte : Eric Clapton, qui partira vite enflammer le Blues au sein de CREAM et se placer comme précurseur ; Jeff Beck, l’intenable, qui connaîtra une carrière riche et variée mais dont le JEFF BECK GROUP avec le père Rod Stewart au chant, se situe également dans cette zone d’incertitude, entre le son feutré du Blues et les déflagrations nocives du Hard ; et bien sûr Jimmy Page, l’éminence la plus noire ici citée et qui aura donné le coup de pied qu’il fallait dans la fourmilière.

Remontons à présent un peu dans le temps. Nous sommes à Londres, en 1964. Les BEATLES et les ROLLING STONES redéfinissaient le son du Blues en leur donnant des connotations plus « blanches », surtout les premiers qui avaient un sens inné du refrain efficace. Ce que l’on appelle un peu vulgairement la musique Pop était née et dans les clubs, la donne changeait. Le Jazz qui fut longtemps très en vogue connaissait un recul, qui ne se fit pas sans heurts et partout en Angleterre on commençait à chercher le Blues, aussi bien à Londres, qu’à Liverpool où encore à Birmingham, ville ouvrière où le style se durcissait déjà (c’est de ce coin que sont originaires les SLADE, BLACK SABBATH, mais également Robert Plant et John Bonham). Les groupes étaient nombreux, très peu atteignaient la postérité.

Le groupe, à cette époque, était constitué de Keith Relf, au chant et à l’harmonica, de Chris Dreja – l’homme qui aura pris la mythique photo de LED ZEPPELIN du verso du premier album – à la guitare, Paul Smawell-Smith à la basse, Jim McCarty à la batterie et bien sûr de Slowhand, Eric Clapton à la guitare lead. Le groupe se produisait énormément au Crawdaddy Club, où ils ont pris la suite des STONES dès 1964. La propriétaire des lieux, Giorgio Gomelsky, allait d’ailleurs devenir leur manager et jouera beaucoup de son influence pour imposer son poulain et lui faire des suggestions qui ne seront pas du goût de tous. Il va produire deux singles, "I Wish You Would" et "Goodmorning Little School Girl", qui ne connaîtront qu’un faible succès d’estime.

Il faut savoir qu’à cette époque, le 45-tours était le format le plus important. La notion d’album existait déjà, mais elle n’avait pas l’importance qu’elle aurait à la fin des années 60 et au début des années 70. Souvent, un LP était l’assemblage de plusieurs de ces singles, face A et face B, plus quelques titres qui servaient à boucher les trous. Si un single ne fonctionnait pas, ça pouvait passer. Si le second connaissait la même déroute, cela devenait plus problématique. C’est Gomelsky qui va tirer les YARDBIRDS de ce qui commençait à ressembler à une impasse en convainquant la maison de disques, Columbia, de sortir un Live enregistré au Marquee au début de l’année.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’était sacrément culotté de sa part ! En effet, le groupe s’était produit avec un matos pas toujours terrible, dans des conditions épouvantables, qui fileraient des sueurs froides à Tobias Forge si on le plaçait aujourd’hui dans la même situation. Mais c’est ça ce qui est bien avec ces enregistrements d’époque : les formations faisaient avec les moyens du bord et le rendu était souvent très raw et forcément, cela leur confère un côté authentique et rugueux que bon nombre d’enregistrements live n’ont plus de nos jours.

Les YARDBIRDS sont annoncés par un speaker qui présente le groupe nommément, membre après membre et s’ensuit un show apocalyptique, toutes proportions gardées. La formation n’a aucun morceau original à proposer, il concentre tout son show sur des reprises de Chicago Blues. Il faut convenir qu’il était difficile de faire jouer autre chose que ce genre de musique à Clapton, qui était une espèce de sommité en la matière et probablement un brin autiste sur le sujet. Et le groupe va y mettre toutes ses tripes, en commençant pied au plancher avec une cover du "Too Much Monkey Business" de Chuck BERRY, qui met en avant les qualités musicales des jeunes membres.

Mais les ‘BIRDS savent également jouer moins vite comme en attestent les deux titres suivants, qui verront l’harmonica être de sortie pour donner des couleurs différentes à l’ensemble. Un instrument tout con, mais souvent un indispensable à cette époque pour ce genre de groupe. Mais c’est surtout la seconde partie de ce concert qui s’avère captivante. Peut-être parce que c’est sur la face B que l’on retrouve les trois (!) covers de Bo DIDDLEY, dont la célèbre "I’m A Man", ainsi qu’une reprise vitaminée du "Louise" de John Lee HOOKER – et oui, ce sont bien cinq petits blancs qui se réapproprient la musique noire. Mais surtout, on peut apprécier quelques soli de Clapton, qui fait déjà montre d’une maîtrise impressionnante (faut dire qu’à ce moment, il n’était pas encore cocaïné en permanence). Son travail sur "Louise" est déjà remarquable, un solo qui titille forcément l’oreille et qui laisse déjà entrevoir le guitariste qu’il allait devenir sur son âge d’or.

Dans des conditions minimalistes, les YARDBIRDS vont livrer une prestation rêche, sans compromission et comprendre que les pièces se mettaient doucement en place pour l’avènement du Hard Rock. On est encore loin de la forme que le genre prendra avec LED ZEPPELIN, mais il y a déjà cette façon d’interpréter le Blues avec ses tripes, d’y apporter plus de sécheresse. "Five Live Yardbirds" permettra au groupe de sortir la tête de l’eau et de se faire remarquer. Mais les choses vont assez vite se déliter, Clapton n’étant pas intéressé par la direction « Pop » que Gomelsky voulait imprimer au jeu du groupe, au point où il dira souvent qu’il ne veut pas jouer telle ou telle partie, ce qui devenait problématique. Intelligemment, Gomelsky le laissera partir et son remplaçant, l’instable Jeff Beck, allait apporter du psychédélisme à la musique des ‘BIRDS.

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   DARK BEAGLE

 
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- Keith Relf (chant, harmonica)
- Eric Clapton (guitare)
- Chris Dreja (guitare)
- Paul Smawell-smith (basse)
- Jim Mccarthy (batterie)


1. Too Much Monkey Business
2. I Got Love If You Want It
3. Smokestack Lightnin'
4. Goodmorning Little School Girl
5. Respectable
6. Five Long Years
7. Pretty Girl
8. Louise
9. I'm A Man
10. Here 'tis



             



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