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1982 Jinx
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Rory GALLAGHER - Defender (1987)
Par DARK BEAGLE le 7 Août 2022          Consultée 328 fois

Après avoir été particulièrement prolifique dans les années 70 avec TASTE, puis en solo, Rory Gallagher se fera plus discret dans les années 80, d’un point de vue discographique. Ce qui ne veut pas dire qu’il est resté gentiment chez lui à se tourner les pouces tout en s’enfilant des litres de stout. Bien au contraire, il en a profité pour sillonner le monde, fouler les planches de toutes les scènes qui acceptaient de l’accueillir, accumulant les dates comme un forcené. Mais il adorait ça. Il vivait pour cela et ce n’est pas étonnant si chacun de ses albums live retranscrit ce plaisir, à chaque fois de façon très différente selon les périodes. Quand on écoute le "Irish Tour ’74", il ne fait aucun doute que le musicien était heureux d’être là, de se mettre à nu devant les personnes qui ont fait le déplacement pour le voir jouer, qu’elles soient catholiques ou protestantes. Il va aussi créer son propre label, Capo (un nom très certainement issu de sa passion pour les films noirs), sur lequel il va s’auto-diffuser.

Là, il s’offre le luxe d’enregistrer un album quand il en a envie, en suivant ses propres règles, ne pas être confronté aux diktats d’une maison de disque qui de toute manière ne ferait plus de GALLAGHER sa priorité vu l’évolution du paysage musical. Là, il peut produire, et surtout, enregistrer de façon live, de façon plus naturelle, pour obtenir un son plus chaud qui s’accorde mieux avec l’orientation très bluesy qu’il va imprimer à "Defender". Et effectivement, Rory se pose comme le défenseur d’une idée de la musique, forcément très roots, très « naturelle ». Finalement, à son image. En cinq ans, il ne va pas évoluer dans le style. Certains diront qu’il marquera une régression, mais ce n’est pas exact non plus. Il se recentre simplement sur ce qu’il juge essentiel. Et derrière cette pochette assez particulière (Rory ne conduisait pas. C’est à croire qu’il a essayé de se mettre au goût du jour en proposant une belle voiture…) se cache un album qui ne porte pas tout à fait l’appellation « 1987 ».

Cela commence de façon assez agressive, avec le titre qui sera le plus foncièrement Hard Rock de l’opus, "Kickback City", qui fait songer à du AC/DC avec un mec qui chante plus qu’il ne s’égosille. Un départ très direct donc, qui laisse présager quelque chose dans la lignée de "Photo Finish" ou, tout au moins, de "Jinx", mais il n’en sera rien. Par la suite, Gallagher, toujours accompagné par le très fidèle bassiste Gerry McAvoy et le batteur Brendan O’Neill, va surtout décliner le Blues sous toutes ses formes. Cela reste cependant très électrique, sa Fender hurle sa mélancolie le long des neuf autres titres qui sont plutôt bien troussés, certains même un peu plus que d’autres. Il était comme ça, Rory, capable de vous pondre une excellente chanson sans que les médias ne le remarquent et qui se fondait parfaitement dans un album qui, de toute manière, ne contenait que peu ou pas de déchets.

Se pencher sur "Defender", c’est voyager, quelque peu. On se retrouve de temps en temps à Chicago, jamais vraiment, à part peut-être "Don’t Start Me Talkin’", reprise de SONNY BOY WILLIAMSON II, qui l’avait enregistré à l’origine dans cette ville. Il sera accompagné ici par Bob Andrews au piano et par Mark Feltham à l’harmonica, que l’on retrouvera encore aux côtés de Rory sur "Fresh Evidence" (et le bonhomme va se tailler un CV long comme le bras qui regorge de grands noms de la Pop, du Rock et du Hard Rock). On retrouvera Gallagher à l’harmonica sur "Seven Days", qui clôturait à l’origine le disque, un morceau un peu particulier puisqu’il marque les retrouvailles en studio entre le guitariste et son ancien claviériste Lou Martin. Cependant, à l’exception de ces deux titres et les interventions discrètes de synthé (tenu par un certain John Cooke), le tout est axé sur le travail du trio guitare/basse/batterie.

De belles pièces s’alignent, à l’instar de "Continental Op" qui est un hommage à Dashiell Hammett, l’auteur du "Faucon Maltais" – toujours la passion des films noirs de Rory. Le groupe y délivre un Blues à fleur de peau, chaud comme la braise. Le jeu de batterie de O’Neill semble plus étoffé, il ne se contente pas des patterns simples et typiques des ’80, la rythmique est très bien construite, comme on peut particulièrement l’apprécier sur le groove de "I Ain’t No Saint", un autre morceau formidable qui vient agrémenter cette galette plutôt bien ficelée. Rory chante comme il l’a toujours fait ; il n’est pas le meilleur à ce poste, mais il est parfait pour la musique qu’il joue, qui vient des tripes. Il le prouve encore sur le plus pressant "Road To Hell", qui dépote un peu plus sévèrement que la moyenne. Parce qu’il faut bien se dire une chose : si "Defender" n’est pas un disque posé, il n’est pas non plus d’une virulence extrême. Le groupe ne fait pas semblant, mais il n’exagère pas non plus.

Les appétences Hard Rock se sont en effet effacées. Cela s’entendait déjà sur "Jinx", sans que cela ne soit autant marqué, mais "Defender" revient aux sources. Cela a été dit, il convient peut-être de le marteler un peu pour bien faire comprendre que ce disque transpire le Blues et s’il ne vient pas tout à fait boucler une boucle, il entame bien le mouvement. Bien que Stevie Ray Vaughan eut réussi à transposer l’esprit Blues dans des sonorités plus contemporaines, Gallagher semble s’échiner à ne pas suivre cette voie, à continuellement se foutre des modes pour produire la musique dont il a envie, celle qui démange le bout de ses doigts, celle qui vient du cœur et des tripes plutôt que du cerveau, sans la moindre prétention commerciale. "Defender" ne sera pas franchement défendu par les radios ou la télévision mais qu’importe, il est un prétexte supplémentaire pour encore et toujours aborder les routes.

Personnellement, "Defender" ne figure pas parmi les albums de Rory GALLAGHER que je préfère, même si j’en dis le plus grand bien. Il faut le dire, le marteler : l’Irlandais possède une des discographies parmi les plus qualitatives qu’il m’ait été donné d’entendre, tout style confondu. Pas de pièces vraiment faibles, juste des albums plus lambda par rapport aux chefs d’œuvre qu’il aura su proposer durant sa carrière, "Deuce" et "Tattoo" en tête. "Defender" à un léger goût de « pas assez ». Il lui manque un petit truc. Ce n’est pas l’âme, elle est bien présente, ce ne sont pas des morceaux plus rentre-dedans, mais plutôt l’impression diffuse d’un certain manque de variété dans l’ensemble, que l’on aurait préféré des sonorités différentes par moments ou du moins, plus que ce qui est proposé ici, même si les musiciens proposent une large palette de leur savoir-faire. Cela reste néanmoins un album très agréable, et qu’il faut écouter au moins une fois dans sa vie. Enfin, ça c’est moi qui le préconise.

Note réelle : 3,5/5.

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- Rory Gallagher (chant, guitare, harmonica)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Brendan O'neill (batterie)
- John Cooke (claviers - invité)
- Lou Martin (piano - invité)
- Bob Andrews (piano - invité)
- Mark Feltham (harmonica - invité)


1. Kickback City
2. Loanshark Blues
3. Continental Op
4. I Ain't No Saint
5. Failsafe Day
6. Road To Hell
7. Doing Time
8. Smear Campaign
9. Don't Start Me Talkin'
10. Seven Days



             



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