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DEEP PURPLE - The Book Of Taliesyn (1968)
Par DARK SCHNEIDER le 11 Décembre 2013          Consultée 4670 fois

Décembre 1968 : sortie de "The Book Of Taliesyn" de DEEP PURPLE aux USA. Soit à peine 6 mois après le premier album. C’est dire la cadence infernale du groupe à cette époque ! Cela serait totalement improbable de nos jours, mais c’était assez coutumier en ces temps où l’effervescence Rock battait son plein. À noter que l’album ne sortit qu’en juillet 1969 au Royaume-Uni, ce qui montre bien que le groupe visait avant tout le marché américain, notamment suite au succès du single "Hush". Avec des délais aussi courts entre deux albums, il était évident que "The Book Of Taliesyn" allait s’inscrire dans la droite lignée de son prédécesseur. Et effectivement, tant sur la forme que sur le fond il en est la continuité directe. Mais continuité n’est pas synonyme de stagnation, sur cet album DEEP PURPLE s’améliore à tous les niveaux.

En habillant l’opus d’une inspiration médiévale au travers de cette référence à un recueil de poèmes gallois écrit au XIVème siècle, on sent une volonté de se distinguer quelque peu de la masse, d’aller au-delà des références psychédéliques communes à cette époque pour proposer quelque chose de plus ancré dans la culture traditionnelle britannique. Un choix tout de même étonnant pour un album avant tout censé conquérir le marché américain, mais après tout pourquoi pas. Cela constitue peut-être une réponse aux critiques excessives accusant le groupe de n’être qu’un sous-VANILLA FUDGE sans originalité.

La structure de l’album est en tout cas identique à celle de "Shades Of Deep Purple", à la différence que l’on commence directement par un morceau chanté et non plus un instrumental.
"Listen, Learn, Read On" constitue une excellente entrée en la matière. La matière du Livre de Taliesin dont il est fait mention dans les paroles de ce titre. C’est surtout Rod Evans qui a la part belle ici, avec sa belle voix de crooner sur les couplets, qui contraste avec un refrain autoritaire et injonctif. Rien qu’à l’écoute de ce morceau l’on ne peut qu’admettre que Rod Evans mérite bien plus que de rester dans l’ombre de Ian Gillan, franchement, quelle classe !
Il se taille d’ailleurs une part de lion sur cet album, et notamment sur le formidable "Shield". De loin le morceau le plus surprenant, un univers à lui seul souvent considéré comme le meilleur titre du Mark 1. Ah ce "Shield", tellement difficile à décrire... un morceau intimiste, d’une langueur onirique en résonance avec les paroles. À écouter absolument si l’on se prétend fan du Pourpre, même s’il peut nécessiter plusieurs écoutes pour que l’on soit transporté, mais une fois fait le voyage est inoubliable.
Également dans un registre très calme, il reste la ballade "Anthem". Pas vraiment la plus grande réussite de l’album, qui pâtit de la comparaison avec "Shield", mais qui n’en demeure pas moins intéressante du fait qu’elle contient en son milieu un break de musique classique que l’on doit à Jon Lord. Prémices de ses futurs travaux constituant à mêler Rock et musique classique.

Ambiance totalement différente avec le single "Kentucky Woman", relecture Hard Rock du hit Folk de Neil DIAMOND, une tentative de refaire un succès à la "Hush". Si le succès de ce dernier ne fut pas réitéré, car moins Pop et mélodique, il n’en reste pas moins très efficace et pêchu, et puis c’est peut-être le premier morceau de Ritchie Blackmore où l’on entend aussi distinctement un de ses riffs signature*, ce n’est pas rien. Dans le genre tout aussi enjoué, l’instrumental jazzy et rapide "Wring That Neck" est le seul titre qui survivra jusqu’à nos jours dans les setlists live du groupe : ce qui résume à dire qu’il s’agit d’un classique et donc d’un incontournable.

Enfin, "Exposition/We Can Work It Out" est le pendant de "Happiness/I’m So Glad" du précédent disque. "Exposition" est terrible : une reprise d’une symphonie de Beethoven (et aussi avec des passages de Tchaïkovsky) déployant une puissance phénoménale, une parfaite illustration de toute la force de la musique classique quand elle est adaptée à un format Rock. Un grand bravo à Jon Lord pour ses arrangements. Dommage que sa suite, "We Can Work It Out", reprise d’un tube des BEATLES, ne soit pas aussi mémorable, même si rien de mauvais ici. Dans le même registre, le titre final, "River Deep, Mountain High", est introduit par une adaptation du fameux "Ainsi parlait Zarathoustra" de Strauss, en référence bien sur au film "2001" de Kubrick. Il s’agit encore d’un véritable exercice de style dans l’esprit de VANILLA FUDGE, pour étirer un morceau qui est à la base un Rock’N’Roll sauvage popularisé par Ike & Tina TURNER. Exercice franchement réussi pour DEEP PURPLE.

"The Book Of Taliesyn" est donc un album très solide et absolument indispensable si l’on aime DEEP PURPLE. C’est plus qu’une confirmation du potentiel créatif du groupe, puisqu’il surpasse en qualité le premier album. Jon Lord y est brillant, Rod Evans également et les autres ne sont bien sur pas en reste. On sent une envie de Ritchie Blackmore d’en découdre, mais il est encore un peu contenu ici, il devait sans doute ronger son frein. Qu’à cela ne tienne, la bête qui était-en lui allait bientôt se réveiller, et il ne faudra pas attendre "In Rock" pour cela.

* : qu’est ce qu’un riff Blackmore’s signature ? Un riff basé sur des power chords de quintes renversées, pour un rendu sonore puissant, structure qui sera déclinée à moult reprises par l’homme en noir, et notamment sur un titre racontant l’incendie du casino de Montreux.

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   (2 chroniques)



- Rod Evans (chant)
- Ritchie Blackmore (guitare)
- Jon Lord (orgue)
- Nick Simper (basse)
- Ian Paice (batterie)


1. Listen , Learn, Read On
2. Wring That Neck
3. Kentucky Woman
4. A: Exposition
5. B: We Can Work It Out
6. Shield
7. Anthem
8. River Deep, Mountain High



             



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