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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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1978 Kingdom Of Madness
1979 Ii
1982 Chase The Dragon
1983 The Eleventh Hour
1985 On A Storytellers Nig...
1986 Vigilante
1988 Wings Of Heaven
1990 Goodnight L.a.
1991 The Spirit
1992 Sleepwalking
1994 Rock Art
1996 The Last Dance
2002 Breath Of Life
2004 Brand New Morning
2007 Princess Alice And Th...
2008 Wings Of Heaven Live
2009 Into The Valley Of Th...
2011 The Visitation
  Evolution
2012 On The 13th Day
2014 Escape From The Shado...
  On Christmas Day
2015 Escape From The Shadow G...
2016 Sacred Blood Divine L...
2017 The Valley Of Tears
2018 Lost On The Road To E...
2020 The Serpent Rings
2021 Dance Of The Black Tatto...
2022 The Monster Roars
 

- Style : Uriah Heep, Queen, The Night Flight Orchestra , Ten, Royal Hunt
- Membre : Tobias Sammet's Avantasia, Iommi, Oliver Wakeman And Clive Nolan, Snakecharmer, Bob Catley
- Style + Membre : Thunder, Once And Future King
 

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MAGNUM - Kingdom Of Madness (1978)
Par JEFF KANJI le 20 Janvier 2022          Consultée 706 fois

Réussir à signer un deal discographique n'a jamais été une partie de plaisir, même à une époque où les albums se vendaient bien. Il fallait souvent avoir un niveau incroyable, une cote de popularité, du bol et un sacré sens du coup de poker pour espérer décrocher un deal qui parfois tombait comme un cheveu sur la soupe ou n'était pas suivi d'effet. MAGNUM, à partir de 1972 et après avoir solidifié son effectif avec l'arrivée de Dave Morgan (qui devait poursuivre plus tard sa carrière live avec ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA jusqu'au milieu des années 80), écume les clubs jusqu'à devenir groupe résident au Rum Runner de Birmingham, jouant les tubes du moment, ce qui lui donnera la possibilité, avec l'appui du patron, d'enregistrer une reprise des SEARCHERS alors à la mode : "Sweets For My Sweet", sur lequel c'est d'ailleurs le père Morgan qui assure le chant principal. Sur ce 45-tours extrêmement rare se trouvait également la toute première composition signée Tony Clarkin : "Movin' On" qui donnait l'occasion d'entendre pour la première fois la voix du conteur Bob Catley. Et ça tombe bien pour les curieux, la version "Expanded" permet d'écouter ces curiosités antédiluviennes captées sur acétate en 1975.

La suite pour MAGNUM c'est la création. En pleine effervescence Art Rock, Glam et Progressive, les Anglais ont envie de raconter des épopées fantastiques, marquées par la plume de Michael Moorcock. Tony Clarkin et Dave Morgan ont négocié avec David Arden pour qui ils aidaient à la construction d'un complexe pour être payés en temps de studio. Le futur boss de Jet Records permet donc à MAGNUM d'enregistrer ses premières compositions puis, grâce à l'ingé-son qui perçoit le potentiel de l'effectif, signe chez Jet Records. Le plus dur reste à faire, mais la formation joue ensemble depuis maintenant trois ans, et a pu tester plusieurs de ses compositions sur scène au moment où il rentre en studio au cours de l'année 1976 pour enregistrer "Kingdom Of Madness".

Mais le paysage change très rapidement et la maturité du groupe également, si bien qu'au dernier moment, MAGNUM bloque une session extraordinaire de trente-six heures pour enregistrer trois nouvelles compositions, et pas n'importe lesquelles, puisque le futur opener "In The Beginning" en fait partie, ce qui malheureusement, pour des raisons de cohérence et de place sur le vinyle, va écarter quatre compositions plus anciennes (que l'on retrouve aujourd'hui en bonus sur la version de l'album dont je vous parle). Et à partir de là, c'est le cauchemar, car Jet Records, qui a pourtant mis à disposition du groupe de bonnes conditions (le groupe enregistre aux déjà mythiques studios De Lane Lea qui ont vu passer les WHO, BOWIE et QUEEN, qui jouit alors d'un succès considérable en Angleterre), ne sort pas l'album et le laisse de côté près de deux ans. De quoi démotiver Dave Morgan qui quitte ses comparses courant 1977. L'implication de Wally Lowe pose donc question, puisqu'à priori l'album était enregistré quand il a intégré le groupe, ou alors, plus probable, la mémoire de Tony Clarkin n'est pas d'une fiabilité à toute épreuve.

Il n'empêche que Richard Bailey a bien rejoint le groupe au moment d'enregistrer "Kingdom Of Madness" et c'est même son Fender Rhodes et son mellotron qui ouvrent le disque sur "In The Beginning". Et là on ne peut que comprendre les critiques qui pour réussir à situer le groupe, qui évolue à la fois dans le champ Hard Rock, dans le Progressif et avec une sensibilité Pop dans les mélodies, le rapprochent des Américains de STYX. Et c'est vrai qu'il y a du "Come Sail Away" dans cette ouverture purement progressive, empreinte de couleurs typiquement anglaises, de tierces à la Brian May et de vocaux de derviche-tourneur qui passe d'une rupture d'écriture à une autre avec aisance. Ce premier titre est déstabilisant mais au moins donne le ton de "Kingdom Of Madness" : l'Angleterre n'a pas fini de nous étonner.

L'album est quasi conçu d'un bloc, appliquant le principe du "segue" déjà beaucoup utilisé par QUEEN à partir de "Queen II", c'est ainsi que les delays répétés (un procédé que Bob Catley réutilisera plusieurs fois pendant sa carrière, jusqu'au "Not Forgiven" du récent "The Serpent Rings", sorti quarante-deux ans après) du chant servent autant à conclure cette pièce épique qu'à démarrer le plus Hard "Baby Rock Me". En 1978, MAGNUM est un outsider méritant (qui s'est montré largement à la hauteur sur sa tournée en première partie de JUDAS PRIEST courant 1977) mais s'il accommode ensemble des éléments pas toujours cohérents entre eux, pas grand-chose de ce qu'il écrit n'existe pas déjà, et ce sera une constante de la carrière de MAGNUM. Quand sort donc ce premier album, les Anglais ne bénéficient pas tout à fait de la clémence due aux premiers efforts généralement encore assez marqués par des influences pas totalement digérées et des maladresses d'écriture. Et c'est là que c'est la singularité qui va caractériser MAGNUM ; même avec ces handicaps apparents, la formation s'en sortira toujours avec une forme de classe qui prendra assurance avec une identité plus affirmée, ce que "Magnum II" va déjà montrer de façon assez claire. Le morceau-titre est déjà en cela une réussite précoce.

C'est ainsi que malgré ce début de carrière loin d'être de tout repos, MAGNUM aura suffisamment montré de quoi il est capable sur un premier album qui, avec sa profusion de claviers et sa flûte toute Anderson-esque, accuse le poids des ans, pour susciter l'enthousiasme du pourtant exigeant Geoff Barton de Sounds, et encourager le bassiste de TEN YEARS AFTER à produire son deuxième album qui devait suivre l'année suivante. Par son expressivité débridée et sa façon de raconter les histoires, MAGNUM, sans le vouloir, préfigurait déjà le renouveau Neo Progressif qui allait agiter l'Angleterre au début de la décennie suivante.

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   JEFF KANJI

 
   JULIEN

 
   (2 chroniques)



- Kex Gorin (batterie)
- Wally Lowe (basse, chant)
- Richard Bailey (claviers, flûte, chœurs)
- Tony Clarkin (guitare, chœurs)
- Bob Catley (chant, chœurs)
- -
- Dave Morgan (basse, chœurs sur cd2 1-6, chant sur cd2 6)


1. In The Beginning
2. Baby Rock Me
3. Universe
4. Kingdom Of Madness
5. All That Is Real
6. The Bringer
7. Invasion
8. Lords Of Chaos
9. All Come Together

- Nest Demos
1. Seabird
2. Stormbringer
3. Slipping Away
4. Captain America
- Sweets For My Sweet Single
5. Sweets For My Sweet (cover The Searchers)
6. Movin' On
- Outtakes
7. Master Of Disguise
8. Without Your Love
9. Find The Time
10. Everybody Needs
11. Kingdom Of Madness (alternate Version 1979)



             



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