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HEAVY METAL  |  DVD

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- Style : Dokken, Unbreakable, Trance
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- Style + Membre : Uli Jon Roth

SCORPIONS - Live At Wacken Open Air 2006 (2007)
Par DSC le 21 Juillet 2008          Consultée 8353 fois

Aujourd'hui, introduire une chronique d'une offrande de SCORPIONS sans s'attarder un minimum sur leur discographie monumentale serait un peu comme proférer l'évidence de l'inexistence de Dieu, en ignorant les 1500 années qui ont précédé à l'abrogation du bûcher auquel étaient promis les mécréants. Tout aboutissement a un cheminement. La route de SCORPIONS ne fut pas moins épineuse que celle des rationalistes éclairés du moyen âge, mais suit tout du moins une évolution intelligible, bien que peu discursive. Le plus raisonnable serait de diviser leur carrière en quatre âges essentiels.
Le premier à avoir réellement amorcé leur ascension prendrait ainsi naissance à l'aube des 70's avec l'album "Fly To The Rainbow" qui révéla le talent du grand Uli Jon Roth, et se terminerait avec l'un des plus grands lives que compte l'Histoire du rock : "Tokyo Tapes"... une période fortement influencée par l'extravagance de la décennie, par la mise en avant de l'imagerie hallucinatoire, et par un affermissement de l'ossature des albums au fil du temps. La seconde ère, également connue pour être en partie l'âge d'or du groupe, s'étend de "Lovedrive" à "Face The Heat" et se caractérise quant à elle par une adhésion enfin ouverte au heavy-metal... le fier héritier de Jimi Hendrix abandonna aux autres membres la couleur rosée si chère au règne des hippies, celle-là même qu'ils s'empresseront de ternir d'un gris argenté distinctif du métal. Le son s'en retrouvera nettement plus graisseux, les paroles perdront en masse leur jobarderie pour s'enquérir des rumeurs d'un monde plus froid, plus corrompu, plus réaliste. La période qui suivra sera celle de la décadence : avec "Pure Instinct", SCORPIONS annonçait une fin de carrière peu réjouissante, une période de vagabondage qui s'éternisa sur une durée ignominieuse de huit ans. On parle souvent de remise en question pour définir cette phase de marasme apathique, je lui préfère les termes d'exploration mercantile. Deux side-projects verront le jour en ces temps là ("Moment Of Glory" et "Acoustica"), et loin de servir de remonte pente au groupe, l'enfonceront davantage encore dans l'invraisemblance. Enfin, il y eut quand même ce semblant de résurrection entonné par "Unbreakable" en 2004, où la distorsion si longtemps délaissée par manque de conviction et de fidélité refaisait pour de bon son apparition... mais "Humanity - Hour 1" précipita-t-il bientôt nos arachnides vénaux dans la fadeur et la trivialité auxquelles ils étaient intrinsèquement voués corps et âme depuis quelques années. Par ailleurs, si on ne présente plus leur aptitude à offrir (un bien grand mot) à leur public des shows d'une puissance hors du commun, ce n'était pas jusqu'ici en DVD qu'il fallait espérer retrouver les prestations scéniques monstrueuses dont ils étaient capables. On ne comptait alors que trois véritables concerts vidéo filmés dans leur relative intégralité : "Moment Of Glory", "Acoustica" et "One Night In Vienna". Le premier fut barbouillé d'un orchestre philharmonique plus lénifiant qu'enrichissant, le second perdait sa disto en même temps que son intérêt, et le troisième se révéla être d'un faible secours : manque de peps, public blasé, set-list amputée de certaines valeurs sures... un échec, donc ! Mais les SCORPIONS ne devaient pas avoir prononcé leur dernier mot...

C'est dire si leur prestation en tête d'affiche au Wacken Open Air était attendue ! Quand la nouvelle parvint aux oreilles de la tribune à l'écoute des dernières annonces, elle eut l'habileté de confronter les vieux hard-rockeurs au goût vétuste à la jeunesse métallique restée sceptique face à la primauté des anciens, dans un débat enflammé. Pour les uns, c'est l'eau à la bouche que fut accueilli l'espoir de voir enfin le groupe s'attribuer le titre honorifique de leader incontesté... pour les autres, ce fut la crainte de voir le plus grand festival de heavy-metal du monde perdre de sa superbe en accueillant l’une des formations les plus controversées de l'Histoire du métal. Dans les deux cas, l'annonce intrigua et ne laissa personne dans l'indifférence. Pour SCORPIONS, c'était là une occasion unique de montrer ô combien tuméfiés étaient leurs testicules, et de faire taire une bonne fois pour toutes les bouches diffamatrices à l'égard de leur sève métallique... un culot qui ne s'accommoda guère d'exiger une place prépondérante à la Mecque du métal, mais y convia dans la foulée les vétérans faisant jadis partie intégrante du combo à une réunion familiale d'anthologie ! Et pour couronner le tout, le coup serait marqué par l'enregistrement de l'intégralité de leur show et par sa diffusion en direct à la radio... de quoi cajoler leurs fans et susciter la curiosité de leurs ennemis. Tout comme la première réunion de la famille SCORPIONS sanctifiée au concert de Colmar l'année précédente, la scène fut partagée avec le maître ès intuitions Uli Roth, mais comporta également quelques surprises de choix : Michael Schenker (premier guitariste lead à avoir apporté son appui à Rudolf), Herman Rarebell (le batteur de la grande époque)... et même l'apparition du scorpion robotisé ! Les chanceux qui assistèrent à ce concert hors norme le dévoileraient un peu plus tard : ce fut l'un des meilleurs shows de cette édition 2006 du Wacken.

Premièrement, c'est une set-list en béton armé qui nous est servie ! Pour l'occasion, les fans eurent le privilège unique de pouvoir participer à son élaboration en donnant leurs voies aux chansons qu'ils souhaitaient voir jouées. Il leur suffit pour cela de se rendre sur le site officiel du groupe et d'y voter pour les titres de leurs choix. Une initiative évidemment saluée, d'autant plus que le groupe était déjà fort connu pour n'opérer que très peu de changements d'un concert à l'autre. Quelques grosses stupéfactions en ressortirent - certaines figurant sur le DVD -, telles que les obsolètes et mythiques "Pictured Life" et "Speedy's Coming" (et ses paroles retouchées en clin d'oeil à Michael, Matthias et Uli), ou des titres enterrés depuis la grande époque ("Don't Believe Her", "Six String Sting" et "Can't Get Enough"). Une set-list ébouriffante, qui ne laissa sur la touche que quatre albums : "Savage Amusement" et "Face The Heat" (à tort), "Pure Instinct" et "Eye To Eye" (à raison). Au final, on se penchera donc sur cinq morceaux normalisés de "Love At First Sting" ("Coming Home", qui ouvre le bal et lance la danse sur un riff fonceur, les deux classiques "Bad Boys Running Wild" et "Big City Nights", la ballade emblématique "Still Loving You", et le symbolique "Rock You Like A Hurricane"), deux titres du sombre et étouffant "Animal Magnetism" (le heavy "The Zoo" et le folâtre "Make It Real"), six pistes privilégiées du glorieux "Lovedrive" ("Loving You Sunday Morning", "Coast To Coast", "Holiday", Lovedrive", "Another Piece Of Meat" et la pièce rare et hargneuse par excellence : "Can't Get Enough"), une piste du conciliateur "Virgin Killer" ("Pictured Life"), de l'hallucinogène "Fly To The Rainbow" ("Speedy's Coming"), de l'énorme "Taken By Force" (l'inoubliable "We'll Burn The Sky"), de "Unbreakable" ("Love'em Or Leave'em"), deux hymnes du compact "Crazy World" ("Tease Me Please Me" et "Don't Believe Her"), deux bombes du grand "Blackout" (le title-track et "No One Like You"), et sur l'envoûtante ballade "In Trance" (de l'album éponyme)... 26 morceaux pour près de 2 heures 20 d'extase, donc ! De quoi faire pâlir les formations ne tenant guère plus d'une heure trente sur scène ! Et de qualité, s'il vous plait...! La part belle étant faite aux rythmiques plombées et aux chansons à tempo indocile.

Autre primeur qui réjouira les fans, la bande son est une véritable miraculée, puisqu'elle semblerait avoir été importée directement du concert sur DVD ! Eh non, pas de retouche majeure, pas d'overdubs en tous genres avec pour intention de donner au spectateur l'illusion de la perfection (pour la peine, on fermera même les yeux sur le joli pain de Michael sur "Coast To Coast", sur sa participation plutôt piteuse dans l'ensemble, et sur le chant parfois approximatif de l'infatigable Klaus). Evidemment, certaines parties se voient remises en avant afin de retrouver le poids qu'elles méritent (notamment la rythmique de Rudolf), d'autres parties amenuisées (la basse de Pawel)... mais c'est bien là le gros son de SCORPIONS qui est expulsé : la rythmique est lourde, compacte mais nette, le mixage général est irréprochable et mêle bien cette esthétique et cette robustesse que le groupe possède sur scène. La prestation, parlons-en justement, est définitivement inégalable. Le groupe est rodé comme un moteur à segments, la machinerie reste inchangée depuis des années mais fonctionne toujours à merveille. De Rudolf qui amuse son auditoire avec ses mimiques et ses moulinets à Klaus qui se pavane sur le terrain qui lui est prêté, on sent que chaque mouvement est agencé au millimètre près. Là où d'aucuns reprocheront aux membres leur mode en pilotage automatique, je crois qu'il serait plus judicieux de leur reconnaître la découverte d'un impeccable équilibre scénographique. Et quelle interprétation ! Ecoutez-moi ces improvisations de Uli ! Ce thaumaturge des babas cool n'a rien perdu de sa splendeur. Sa guitare en forme de goûte d'eau (reflet de son esprit pacifiste) pétille de mille feux, ses notes sont distillées de manière géométrique, affinant les lames tranchantes de ses acolytes. Et quel solo final de "We'll Burn The Sky" ! On se croirait devant une version moderne de "Tokyo Tapes"... tout simplement magistral !

Et on ne passera évidemment pas sous silence les instants les plus forts de ce modèle de vitalité. Un Rudolf qui triomphe ici de tous ses exploits passés par deux actions inattendues : l'accoutrement - fourchettes dans les yeux, bandage sur le crâne et pots d'échappement fumant cloués à la gratte ! - qu'il exhibe avec un orgueil effréné sur "Blackout" est le témoignage de cette volonté de faire coïncider cette soirée unique avec un passé révolu aux yeux de l'assistance présente. Ou encore, durant le "Bolero de Ravel", intervalle inopiné s'il en est, comble de l'audace, notre Rudolf international se livra à un exercice d'acrobatie périlleux : s'ériger en poirier durant quelques minutes mémorables !
Enfin, d'autres modalités enrichissant davantage encore ce live d'une formation en très grande forme font leur petit effet, telles que le solo de batterie hallucinant de James, intégralement conservé pour l'occasion, ou le scorpion géant édifié pour préluder "Rock You Like A Hurricane"... que d'instants confortant l'observateur dans la certitude de tenir entre ses mains excitées une pierre bien précieuse.

Et c'est alors que le doute s'insinue... ce live est-il réellement aussi exceptionnel que cela sous ses airs aguicheurs ? Ne peut-on pas mettre la main sur quelque aspect déplorable ? Eh bien si, bien entendu. Trahison impardonnable, tout d'abord : l'amputation de quatre morceaux joués ce soir-là, et pas des moindres ! Un acte apparemment dénué de sens, puisque trois de ces titres ne présentaient non seulement pas de défaut majeur, mais furent qui plus est des pièces hautement estimées, et même idolâtrées ! Ainsi s'en vont "Dynamite" (une omission grave mais néanmoins compréhensible, son exécution ayant été un fiasco), "In Search Of The Peace Of Mind" (une honte, sachant qu'il fut le seul et unique titre de "Lonesome Crow" interprété !), "He's A Woman She's A Man" (une présentation sans faille, ici encore), et "Dark Lady" (en raison d'une défectuosité du micro de seigneur Roth).

Par ailleurs, exceptés la participation de haute volée de Uli, ainsi que le désir de nous offrir ce "voyage dans le temps" (titre secondaire de l'oeuvre), le groupe prend finalement peu de risques, ne se détournant pas radicalement des sentiers battus, et semblant avant tout avoir une confiance sans pareille en sa renommée au détriment du respect pour ses fans - le choix des votes n'ayant pas été pleinement sauvegardé, ce qui n'est pas franchement ingénieux après avoir pris une telle initiative. Aussi, si le montage vidéo est de bien meilleure qualité que celui de "One Night In Vienna" (où certains plans étaient abrasés jusqu'à l'os), celui-ci n'est-il pas non plus méticuleux à l'extrême : la caméra ne s'attardant pas toujours sur les protagonistes en pleine action, le public n'étant pas assez mis en valeur, et quelques longueurs persistant (la "capture" du scorpion géant, ou encore certains vides de la "Kottak Attack")...

Enfin, d'autres s'insurgeront contre l'absence de bonus quelconque, mais c'est là un attribut qui relève selon moi davantage du bon goût - leurs offrandes vidéo précédentes ayant toutes déjà été très largement portées sur ce genre de fioritures souvent futiles - que d'une énième sortie brouillonne et mercantile visant à accumuler les gains dans un temps record. Pour SCORPIONS, le pari est donc une victoire : on tient là le premier DVD réellement indispensable aux fans... et aux autres !

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- Klaus Meine (chant)
- Rudolf Schenker (guitare)
- Matthias Jabs (guitare)
- Pawel Maciwoda (basse)
- James Kottak (batterie)


1. Coming Home
2. Bad Boys Running Wild
3. The Zoo
4. Loving You Sunday Morning
5. Make It Real
6. Pictured Life
7. Speedy's Coming
8. We'll Burn The Sky
9. Love 'em Or Leave 'em
10. Don't Believe Her
11. Tease Me Please Me
12. Coast To Coast
13. Holiday
14. Lovedrive
15. Another Piece Of Meat
16. Kottak Attack
17. Blackout
18. No One Like You
19. Six String Sting
20. Big City Nights
21. Can't Get Enough
22. Still Loving You
23. In Trance
24. Bolero
25. Ready To Sting
26. Rock You Like A Hurricane



             



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